Présomption de légitime défense des forces de l’ordre : jour funeste, à gauche !

Ni les obstructions des Insoumis, ni les invectives des militants n'auront suffi à empêcher le vote.
Capture d'écran X
Capture d'écran X

La mobilisation des Insoumis et des associations de gauche n’aura pas suffi à empêcher, mardi 7 juillet, le vote en première lecture de la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre. Pourtant, malgré la majorité absolue que le vote de la loi a obtenue à l’Assemblée nationale, d'aucuns ne comptent pas en rester là et redoubler d’efforts de mobilisation avant l’examen de la loi au Sénat à la rentrée, quitte, pour certains, à venir directement invectiver les députés au sein de l’Assemblée…

Un vote de la honte ?

« C’est un vote de la honte », dénonce Amnesty France, qui considère que « l’Assemblée nationale vient de voter la loi donnant un "permis de tuer" aux policiers » avec le vote des « 313 députés [qui] ont dit OUI à cette proposition de loi venue, initialement, de l’extrême droite, portée par les Républicains et soutenue par le gouvernement ». Cette proposition de loi qui veut « reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions » avait déjà provoqué de bien houleux débats en commission et pendant la niche parlementaire de la droite républicaine, en janvier dernier. Alors, comme il fallait s’y attendre, l’Hémicycle s’est fait une fois encore le décor d’« un débat enflammé », comme le rapporte LCP, et ce, même si le texte de la proposition de loi amendée par le gouvernement stipule bien que, « lorsqu’ils font usage de leurs armes, les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale sont présumés avoir agi dans l’un des cas autorisés [...] conformément aux conditions d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité. Cette présomption peut, à tout moment, être renversée par tout élément de preuve contraire. » Bien loin, donc, d’un prétendu « permis de tuer » que dénoncent ses détracteurs politiques ou militants.

Tentative d'obstruction des Insoumis

Mais déjà, en janvier, la gauche avait fait obstruction, rappelle le média parlementaire, elle avait pinaillé et multiplié les amendements pour jouer la montre et empêcher l’examen complet de la proposition de loi. Cette fois encore, la stratégie des Insoumis aurait bien pu fonctionner, comme le dénonce, sur X, la députée RN de l’Hérault Stéphanie Galzy, qui s’exaspérait de voir que « pendant que nos policiers, gendarmes et agents risquent leur vie chaque jour pour protéger les Français, LFI choisit l'obstruction parlementaire plutôt que le soutien. Une fois de plus, leur seule stratégie est de paralyser les travaux de l'Assemblée nationale. » Faut-il vraiment s’étonner, alors, que le gouvernement ait eu recours à l’article 44 alinéa 2 de la Constitution « pour accélérer l’examen de la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre », comme le rapporte 20 Minutes ?

Drôle de vision de la démocratie...

Comme le quotidien, LCP relève que les débats ont été particulièrement belliqueux puisque, « chose rare, les huissiers et agents du palais Bourbon sont intervenus à plusieurs reprises. Tantôt pour empêcher un député écologiste d'invectiver de trop près les rangs macronistes. Tantôt pour retirer à l'insoumis Antoine Léaument, au milieu d'une intervention, une photo de la Déclaration des droits de l'homme qu'il brandissait à la tribune, car les règles interdisent les objets pour appuyer un propos. » Mais les parlementaires n’étaient pas les seuls, mardi, à montrer leur désaccord d’une façon aussi vindicative puisque, comme le montrait BV sur X, « Assa Traoré, fondatrice du Comité Adama, a invectivé les députés qui ont voté pour la présomption de légitime défense des policiers et des gendarmes ». C’est que, raconte LCP, à l’issue de leur rassemblement près de l’Assemblée nationale, « des représentants de collectifs de victimes de tirs policiers ont assisté aux débats. "Pas de justice, pas de paix", ont-ils crié dans l'Hémicycle, après le vote, alors que des fonctionnaires de l'institution tentaient de les faire sortir après la fin de la séance ». Drôle de vision de la démocratie ...

Jour funeste pour la gauche

Comment, devant ces images, ne pas donner raison à l’eurodéputé RN Matthieu Valet qui, en retweetant la vidéo de BV, dénonce une « France insoumise [qui] est devenue la France insurrectionnelle [puisque] le désordre commence à l’Assemblée nationale et certains rêvent de le prolonger dans la rue » ?

En tout cas, à gauche, la panique monte, comme le montrent les tweets de la députée NFP de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain, par exemple, qui voit dans ce vote « un pas dans ceux de Le Pen. Un cran supplémentaire dans l'union des droites, pour le pire », ou comme celui d'Edwy Plenel pour qui, manifestement, le 7 juillet 2026 est un jour funeste marqué par l'annonce de la candidature de Marine Le Pen en 2027, la proposition du sénateur LR François-Noël Buffet comme Défenseur des droits et - cerise sur le gâteau - le vote de cette loi en faveur des forces de l'ordre par « le gouvernement, ses soutiens, la droite et l'extrême droite ».

Vos commentaires

52 commentaires

  1. La présomption de légitime défense des forces de l’ordre ne devrait même pas être un débat. Les forces de l’ordre sont les dépositaires de la force légitime de l’état. Pour un policier, elle est la garantie qu’il peut exercer sa fonction sans être considéré comme un délinquant qu’il faudra emprisonner, à priori » . Un responsable politique devrait s’abstenir de toutes déclaration intempestive et partisane avant le résultat de l’enquête administrative consécutive à toutes intervention « musclée » des forces de l’ordre. Elle est, le plus souvent, engendrée par la situation, elle-même !

  2. Bonjour,
    Premiers pas vers une normalisation du rôle des policiers et gendarmes.
    Je viens de relire le livre du  »Chinois » , ce que le commissaire N’Guyen Van Loc, écrit en 1989 , après son départ de la BRI de Marseille, était en avance sur ce qui se passe maintenant et s’est malheureusement réalisé. Que les  »Hommes » puissent se défendre à armes égales. Van Loc a toujours laissé le libre chois aux malfaiteurs, pas eux !!!
    Bien cordialement, (ancien militaire avec des proches dans la PN !)
    les militaires en opérations font des sommations 2 ou trois fois et sans réponse: tirent !

  3. Soyez rassurés les gauchos, la manipulation macroniste fonctionne toujours, ils votent les lois qui font plaisir aux français pour la forme, histoire d’être quand du côté de la vraie droite et après, macron envoie un signal aux copains du conseil constitutionnel et la loi sera retoquée pour devenir une coquille vide.

    • Oui et à juste titre.
      Je viens de lire un article ou la famille d’une petite crapule nommé Théodore, conducteur d’un deux roues, s’est vautré sur la chaussée après une course poursuite avec la police.
      Il n’est vautré pour avoir refusé de se soumettre au contrôle des Policiers, par une vitesse excessive, et non maîtrise de son engin , et y a laissé la vie.
      Comme pour l’affaire de la crapule Naël, la mère de ce voyou cherche à responabiliser les policiers des carences éducatives qui sont les siennes.
      J’espère que l’administration déposera plainte contre elle pour ses allégations.
      Il est grand temps que ces parents fassent l’objet de sanctions sévères pour manque grave à leurs devoirs.

  4. C’est totalement logique et cela aurait dû être voté depuis longtemps . Les FDO ne sont pas des cibles ou de la chair à canons. Ce sont des remparts de la république. Aujourd’hui la déliquescence de la France nécessite une telle loi.

  5. Enfin, les députés prennent une décision conforme à l’intérêt du pays. Encore faudra-t-il que le Conseil Constitutionnel ne censure pas au nom de Dieu seul sait quel principe et que le président promulgue et fasse sortir le décret d’application. Avec son agenda touristique même dans des zones peu fréquentables, il risque d’être pris de court.

  6. Enfin, une union des droites qui réussit, ceci étant le tour n’est pas fini, sénat, retour et pourquoi pas conseil constitutionnel. Mais ne boudons pas ce succès et soutien indéfectible à nos forces de l’ordre, police, gendarmes, Armées et bien sûr pompiers.

  7. J’aurais préféré un article qui parle moins de la gauche et de LFI et plus du contenu de cette loi et de ce qu’elle va changer pour les policiers et les Français en général…
    D’une manière générale je trouve que ces jérémiades contre les comportements de la gauche lui font bien trop d’honneur vu à quel point ces gens sont devenus minoritaires dans notre pats.

    • Vous avez raison pipo56. Ça devait être une évidence. La police pourra travailler plus sereinement maintenant. Les honnêtes gens qui s arrêtent quand on leur demande n ont rien à craindre. C est bien là le principal. J estime que la police et la gendarmerie ne sont pas des cibles vivantes. Eux aussi ont des familles. On sait également que s il y un abus quelconque de la part des forces l ordre, il y aura une enquête. Tout ça c est normal.

      • La Police pourra travailler plus sereinement….?
        Faisons confiance au Conseil Constitutionnel pour que ce ne soit pas le cas
        HÉLAS

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Que les familles des victimes parlent est très compliqué pour le gouvernement
Gabrielle Cluzel sur CNews
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois