Le 18 juillet, la cathédrale de Nantes brûlait. Le 19 juillet, le bénévole chargé de la fermeture des portes était placé en garde à vue avant d’être, en soirée, libéré. Coup de théâtre, une semaine après, devant le juge d’instruction : l’homme a avoué et a été écroué. Ce serait donc bien lui à l’origine des trois départs de feu. Ses motivations ? Pour le moment inconnues. Inquiétant.

En sept jours, nous sommes donc passés d’un suspect « qui ne sera pas poursuivi car il n’est pas impliqué dans la commission des faits et les points de contradictions relevés lors des premiers interrogatoires ont été éclaircis » ainsi qu’à « aucun élément qui rattache [son] client avec l’incendie », comme le déclaraient respectivement Pierre Sénès, procureur de la République, et Quentin Chabert, son avocat, à une mise en examen pour « dégradations, détériorations ou destructions du bien d’autrui par incendie » et à cette nouvelle déclaration de l’avocat : « Mon client a coopéré. »

Les contradictions en question n’avaient donc pas été si éclaircies qu’il n’y paraissait et la certitude de son innocence affirmée par le clerc de la cathédrale, ou la totale confiance en lui que lui vouait le recteur de ladite cathédrale, s’avèrent désormais bien écornées. L’Église aurait donc commis une monumentale erreur en laissant à cet homme les clefs de l’une de nos maisons.

Qui est-il, justement, ce suspect qui vient de reconnaître son méfait ? Il s’appelle Emmanuel, il a 39 ans, d’origine rwandaise. Suivi et hébergé (comme d’autres personnes) par le diocèse, qui voyait en lui un « homme de devoir, très gentil, souriant » – mais que ses lacunes dans la connaissance de la langue, au bout de quatre ou cinq ans en France, ne perturbaient pas beaucoup puisqu’il lui faut un interprète -, il se montrait cependant « taiseux ». À entendre le clerc de la cathédrale, cette inclination proviendrait de ses nombreux « problèmes de santé » et du fait qu’au Rwanda, il a « beaucoup souffert ». Attention, l’excuse n’est pas loin…

Le Rwanda ? C’est une république avec un président élu au suffrage universel, un pays très majoritairement chrétien, à notre connaissance en paix et où le génocide des Tutsis par les Hutus remonte quand même à loin pour établir un rapport avec l’émigration de cet individu. En outre, un des rares pays pauvres où 92 % de la population dispose de l’assurance maladie publique – plus que dans la plupart des pays développés !

Qui plus est, pour ce bénévole, qui « adorait la cathédrale » où il servait régulièrement la messe, avoir l’idée puis passer à l’acte pour la voir partir en fumée, c’est, en effet, incompréhensible. Alors, quoi ? Des problèmes psychologiques, psychiatriques chez ce ressortissant rwandais sans aucun antécédent judiciaire ? De la colère à la perspective de ne pas voir renouveler son visa ? Ben voilà, nous y sommes peut-être…

Dernière minute, en effet : selon Ouest-France, ce migrant était sous le coup d’une « obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis novembre 2019. Il avait épuisé toutes les voies de recours, y compris la commission d’appel des réfugiés, ainsi que le statut d’étranger malade qu’il avait tenté d’obtenir. » Il paraît même que l’évêché « avait demandé au préfet de la « bienveillance » concernant son dossier et son avenir ».

On ne peut qu’être révolté par la légèreté et l’idéologie pro-migrants des autorités civiles et ecclésiastiques chargées de la protection de notre patrimoine religieux. Alors, amis évêques, amis cathos, amis préfets, on se réveille ? Ou on continue à réclamer de la « bienveillance » et à surveiller nos cathédrales comme on n’ose pas garder nos déchetteries ?

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