Editoriaux - Politique - 5 octobre 2019

Castaner : le fusible va-t-il sauter ?

L’étau se resserre sur Christophe Castaner. On l’a déjà oublié, mais sa gestion du mouvement des gilets jaunes fut catastrophique avec, en apothéose, le saccage de l’Arc de Triomphe qui aurait coûté le poste de n’importe quel ministre de l’Intérieur dans n’importe quelle démocratie normale. Au final, ce fut le préfet de police qui sauta, le 20 mars. Une sanction relativement douce : M. Delpuech fut recasé au Conseil d’État le 10 avril ! À l’époque, beaucoup de commentateurs disaient que c’était le dernier fusible qui sautait, qu’à la prochaine erreur, ce serait Castaner qui passerait au tourniquet.

Le jour est-il venu ? Semble-t-il. En tout cas, dans une démocratie normale, cela se passerait ainsi.

Certes, Christophe Castaner n’est pas chargé personnellement d’assurer le  contrôle des badges à l’entrée des bâtiments officiels, de surveiller les comportements des fonctionnaires ou d’effectuer les enquêtes de sécurité des agents servant au sein de son ministère. Certes, Christophe Castaner n’est coupable de rien, mais il est responsable. Politiquement responsable.

Quand on lit, dans Le Parisien, que « des policiers, sous couvert de l’anonymat, évoquent des pressions sur des membres de la DRPP [Direction du renseignement de la préfecture de police] pour ne rien révéler des alertes passées sur le comportement de l’adjoint administratif », alors même que le ministre déclarait, jeudi soir, quelques heures après l’attentat, que « cet homme n’a jamais présenté de difficultés comportementales », on ne peut que s’interroger.

On disait, jadis, que le ministre de l’Intérieur était l’homme le mieux renseigné de France. Est-ce encore le cas ? Si oui, Castaner aurait menti devant les caméras ? On n’ose l’imaginer. Dans le cas contraire, Castaner n’est pas à sa place. L’a-t-il jamais été ? Doit-il, alors, démissionner ? Oui, dans une démocratie normale. Mais en France ?

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