[CART SUR TABLE] RN contre LFI : le match sur l’identité est lancé !
C’est le sujet politique du moment : le potentiel duel entre le Rassemblement national et La France insoumise pour le second tour de la présidentielle de 2027. Tandis que le bloc central se cherche encore son champion, le parti de Jean-Luc Mélenchon enchaîne les sondages avantageux qui le donnent au second tour contre Marine Le Pen.
Lorsque l’on revient sur les dernières décennies de la vie politique française, on évoque souvent cette inexorable montée en puissance du parti à la flamme. Pourtant, il faut aussi mentionner l’autre phénomène politique qu’est Jean-Luc Mélenchon. Dès 2012, il fait 11 % avec son Front de gauche (alliance avec les écologistes et les communistes), quand, à titre de comparaison et malgré une campagne réussie, Zemmour n’est parvenu qu’à 7 %, lors de sa première candidature. En 2017, ce n’est plus que 600.000 voix qui lui manquent pour s’opposer à Macron. Depuis son départ du PS en 2008, il ne pense qu’à prendre le pouvoir et à l’exercer.
En ce début de campagne, les partis « alternatifs » ont la cote, tandis que les candidats centristes patinent – à gauche comme à droite. En même temps, il ne faut jamais oublier qu’en vingt ans, le regard que portent les Français sur leur personnel politique s’est durci. L’heure est au dégagisme. Un signe à cela ? Si l'on prend le Top 10 du classement IFOP des personnalités politiques les plus appréciées aujourd’hui par les Français, on constate qu’elles sont toutes majoritairement rejetées. Alors, vous allez me dire que les politiques ont toujours été détestés par le peuple. Eh bien, non ! En tout cas, pas à ce point, comme nous l’explique le rédacteur en chef d'Hexagone Paul Cébille : « Il y a 20 ans, ce Top 10 était composé de personnalités à la fois largement appréciées, mais surtout très peu rejetées : Villepin, Royal, Delanoë, même Sarkozy, bénéficiaient de 60 % de bonnes opinions ou plus, contre un maximum de 40 % de mauvaises. Aujourd’hui, la popularité moyenne du Top 10 dépasse à peine les 43 %, contre 50 % d’impopularité. Sébastien Lecornu, par exemple, homme politique actif préféré, n’a "que" 46 % de bonnes opinions et 49 % de mauvaises. »
Le « malaise démocratique » a muté en un défaut de reconnaissance de la légitimité du système actuel. La crise est donc bien plus profonde. « Aujourd’hui, explique Paul Cébille, la présomption s’est inversée : la compétence est contestée avant même d’avoir été démontrée. » Tout le personnel politique se rend bien compte de ce désamour. Il suffit de voir le nombre de fois que les expressions « renverser la table », « en finir avec ce système » ou « ce pays mérite un grand coup de balai » reviennent dans la bouche de nos prétendants à la présidence de la République française.
Qui sommes-nous ?
Il n’est guère surprenant que le RN et LFI aient alors le vent en poupe. Toutefois, l’explication du rejet est trop courte. Le véritable sens du succès de ces deux partis réside dans d’autres éléments : des positions radicales sur l’identité et sur le projet d’avenir pour la France. Avec une société française en train de connaître des mutations inédites (changement démographique, déclassement des classes moyennes, perte de souveraineté avec l’Union européenne, réindustrialisation en échec, etc.), le RN et LFI ont compris que nous étions dans l’ « interrègne », du nom de cette période de crise historique de transition théorisée par Antonio Gramsci où l'ancien système politique et social meurt sans que le nouveau ne puisse encore naître.
On mentionne souvent Samuel Huntington pour son livre sur le Choc des civilisations (Odile Jacob), mais il faudrait davantage citer son livre de 2004 Qui sommes-nous ? Identité nationale et choc des cultures (ibidem). Face à la mondialisation sauvage, à l’immigration des Latino-Américains et au multiculturalisme qui sape l’unité nationale, Huntington examinait comment le patriotisme américain largement issu du socle anglo-protestant devait se redéfinir sans perdre sa cohésion culturelle. Or, il est facile de constater comment un certain nombre de pays occidentaux sont présentement préoccupés par ces questions.
Ainsi, sous d’autres formes, les Français aussi se posent la question de qui ils sont. La France insoumise en donne une réponse avec la « nouvelle France » et le RN en propose une autre avec son projet sur le voile dans l’espace public. Ces deux projets antagonistes nous offrent une idée de la configuration politique des années à venir. En cas de deuxième tour RN/LFI, la France devra avant tout décider qui elle est et qui elle veut être.







































19 commentaires
Un Bourbon pour la France , Louis XX sinon rien.
Voui : la glandée, la gabelle et les privilèges des aristos; sinon rien.
Vaste programme, disait l’autre?
Le jour et la nuit, le courage et le déshonneur, l’amour de la France contre la haine des Français, voulant nous imposer une nouvelle France qui n’a rien à voir avec nous , notre histoire, le respect des institutions contre un parti qui veut une guerre civile si les résultats ne lui convient pas
Entre les deux y a pas photo
On verra ce que feront les veaux…et s’ils sont toujours aussi nombreux
N’oubliez pas les castors, ils ont joué un grand rôle aux dernières législatives…
Il n’est pas certain que ces deux là se retrouvent au second tour que ce soit l’un ou l’autre, c’est dans neuf mois, c’est long et comme disait Fillon à l’époque, « les boules puantes arrivent »……..on connait la suite, hélas!
Hélas, le » système » qui veut nous imposer le E.P.aux mains sales.
Si c’est cela, je me casse car plus d’espoir !
Si elle est élue Marine Le Pen, veut interdire le voile dans les espaces publics et à côté elle se fait photographier à côté d’une femme voilée sous prétexte d’humanité, elle mange à tous les rateliers et pour moi n’est pas crédible …
Oui ça s’appelle la politique du caméléon. Le « en même temps » si vous voulez.
Il est vrai que de vouloir ouvrir grand nos frontières et régulariser en masse comme le préconise Mélenchon et beaucoup plus crédible…
Vous ne comprenez toujours pas que c’est pour ne pas choquer ? Une fois au pouvoir, on verra.
Rien à perdre et tout a gagner si elle y arrive ! Réfléchissez.
@Raskasse
Demander à des gens qui voient le RN comme un nouveau parti de gauche, et comme rien d’autre, de réfléchir c’est peine perdue! leur hostilité envers le RN et MLP, est comme gravée dans leur cerveau! Que le programme de MLP et du RN puisse être discuté, débattu ne fait aucun doute. Qu’on trouve ce programme pas assez ceci, pour certains ou trop cela pour d’autres est normal. Mais, pour certains l’hostilité au RN et à MLP st telle que leur jugement est sans appel et tombe comme un couperet! parmi les lecteurs de BV il y a des gens qui me laissent cette impression. Le débat est possible avec des gens qui n’oublient pas, qu’au delà des critiques légitimes à adresser au RN, le RN n’a aucune responsabilité dans la situation du pays! S’il faut rendre au RN ce qui lui revient, il faut surtout rendre aux autres, PS, écolos, PC, LR, centre etx.. tout ce qui leur revient: la responsabilité de la débâcle que nous subissons! Détracteurs de MLP et du RN qui me lisez, le RN? « pèse » électoralement nettement plus de 30% des voix! Votre « droite » et le « centre », même unis, cela pèse combien? Darmanin, Edouard Philippe ont été au pouvoir au cours des 10 dernières années… faites en sorte de ne pas l’oublier!
Bien
Premier parti chez les fonctionnaires qui ne représentent que les charges pour une société, cela promet une belle continuité.
Les Français veulent simplement préserver leur identité. L’immigration doit exister, mais elle doit être choisie. Seul le droit du sang doit donner la nationalité Française.
Resorbons nos 10 millions de chomeurs et rmistes (;rsa).. mettons les jeunes pas faits pour étudier a l’apprentissage,formons des médecins et ingénieurs qualifiés francais en nombre suffisant et apres seulement on
verra s’il y a se ka place pour une immigration « choisie »…
Du bon sens, dont manquent les politiques
Entièrement d’accord.
Absolument