[SANTÉ] Santé ou pouvoir d’achat : le grand défi de l’échéance 2027 

85 % des Français estiment qu’une réforme est nécessaire pour éviter un effondrement du système.
Photo de Arnaud Jaegerssur Unsplash
Photo de Arnaud Jaegerssur Unsplash

Le pouvoir d’achat, la santé et l’immigration sont les trois sujets qui pèseront le plus, dans l’isoloir de la présidentielle de 2027, selon une enquête de l’IFOP du début du mois de juin. Comme moi, de prime abord, vous serez peut-être étonnés de savoir que la santé occupe la deuxième place de ce tiercé, juste après le pouvoir d’achat. 85 % des Français estiment qu’une réforme est nécessaire pour éviter un effondrement du système. Une enquête électorale Ipsos-BVA d’avril dernier affichait un résultat comparable. Mais est-ce bien étonnant ? Pas tant que cela, quand on connaît l’impact de la politique sanitaire sur le pouvoir d’achat.

Désengagement de l’État et impact sur les ménages

De nombreux dossiers repoussés ou simplement bricolés à la hâte, depuis des années, devront inévitablement être traités par le futur président de la République et son gouvernement. Les aspects médicaux et économiques sont étroitement intriqués. Citons, pêle-mêle, les déserts médicaux, les délais d’attente, notamment dans certaines spécialités, la saturation et quelquefois la fermeture des services d’urgence, le délitement de l’hôpital public et le vieillissement de la population, avec son lot de maladies chroniques. Le maintien d’un accès aux soins de proximité est une forte demande de la population. Plusieurs enquêtes montrent que beaucoup de Français ont déjà renoncé à des soins médicaux, parfois pour des raisons économiques, mais souvent à cause des délais d’obtention d’un rendez-vous. L’assurance maladie vient de valider - c’est plus discret, au mois d'août - l’augmentation de certaines franchises à la charge de l’assuré social, la baisse du remboursement de médicaments à service médical rendu faible ou modéré et l’augmentation du ticket modérateur pour certains soins, dispositifs médicaux et transports sanitaires. Ce désengagement progressif de l’assurance maladie impacte directement le pouvoir d’achat de l’assuré social, principalement par l’augmentation exponentielle des tarifs de sa mutuelle de santé. Mais cela permet de faire croire à la stabilité des cotisations d’assurance maladie…

Périmètre de prise en charge : vers une médecine à deux vitesses

Cette évolution amène à réfléchir sur le périmètre de ce qui doit être pris en charge par l’assurance maladie et par les complémentaires santé. Le transfert progressif auquel nous assistons depuis des années crée une médecine à deux vitesses ; tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir une assurance complémentaire santé de nabab. Certains soins qui sont devenus des techniques courantes restent inaccessibles au commun des salariés ; un implant dentaire coûte environ un SMIC mensuel net. Mais il est évident, d’un point de vue strictement comptable, que l’on ne peut pas, à budget constant, faire financer toutes les innovations technologiques et tous les médicaments nouveaux par la collectivité.

Déserts médicaux, hôpital et grand âge : chantiers d'urgence

Des défis importants seront à aborder, lors du prochain quinquennat, comme celui de la régulation de l’installation des généralistes et spécialistes libéraux qui s'opposent fortement à toute forme de coercition. La délégation de certaines tâches à des infirmiers spécialisés (IPA) tente de répondre à cette question. La crise de l’hôpital public est aussi un chantier urgent pour enrayer la fuite des soignants. La stratégie de prise en charge de la dépendance liée au grand âge sans paupériser les familles est à envisager autrement que par la cynique loi sur l’euthanasie qui vient d’être promulguée… sans oublier les soins palliatifs promis !

Ce que proposent les forces politiques

On peut résumer succinctement les tendances des différents courants politiques sur cette question. Sans surprise, la gauche demande une régulation de l’accès aux soins, un refus d’austérité budgétaire avec un financement massif par l’impôt. Le centre et ce qui reste du macronisme militent contre la coercition à l’installation et pour le transfert des compétences vers d’autres professions (infirmiers, pharmaciens…), maîtrise des dépenses publiques et transfert du soin courant vers les complémentaires. La droite traditionnelle prône la liberté d’installation avec des incitations fiscales et le dégraissage du mammouth administratif et hospitalier - on peut toujours rêver - et le recentrage de l’assurance maladie vers le gros risque. La droite nationale et souverainiste propose une mesure sans doute efficace sur le budget et sur l’immigration, à savoir le remplacement de l’aide médicale de l’État (AME) par une aide d’urgence vitale pour les soins de première nécessité, la suppression ou la refonte des agences régionales de santé (ARS), une exonération d’impôt sur le revenu des médecins retraités désirant reprendre du service et une priorité aux structures de proximité, qu’elles soient publiques ou libérales.

Un arbitrage inévitable et douloureux

La majorité des analystes décrivent le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027 (PLFSS) comme une équation insoluble imposant de rogner sur les soins ou de laisser filer le déficit. Quel que soit le traitement envisagé par la suite, il sera douloureux pour le pouvoir d’achat !

Picture of Dr Philippe de Geofroy
Dr Philippe de Geofroy
Président de l'Acim (Association catholique des infirmières et médecins)

Vos commentaires

23 commentaires

  1. se poser ce type de question revient à regarder par le peitit bout de la lorgnette
    rien ne va financièrement en France à cause de l’immigration, à cause la désinstrulisation et de l’effondrement de l’agriculture
    on ne réglera pas les problèmes en tentant d’améliorer des conséquences

  2. Comme on peut le voir, le dossier santé est faramineux. A force de vouloir soigner tout le monde, on ne soigne plus personne du moins correctement. Les mutuelles ne cessent d’augmenter leurs tarifs. Pour en trouver une qui rembourse suffisamment, il faut renoncer à certaines prestations. Optique, soins dentaires, chambre particulière sont trop chers pour beaucoup d’entre nous. Seul le coût des appareils auditifs semble raisonnable à nos portefeuilles. Probablement pour nous permettre de bien entendre les messages annonçant les prochaines hausses de tarifs de l’assurance maladie et a posteriori ceux des complémentaires. L’appauvrissement des gens semble laisser de marbre tous nos gestionnaires.

  3. Désert médical, Menton (06) 30 000 habitants ville riche en bord de mer Méditerranée, au climat agréable, sans feux ni inondations, sans immigration (ou presque) et pas un seul néphrologue, 2 cardiologues et 1 seul dermatologue avec un délai très long pour un RDV. Le problème c’est le nombre de médecins formés chaque année qui ne remplacent pas les départs à la retraite ou les décès.

    • « Le problème c’est le nombre de médecins formés chaque année ». Pas seulement, la forte féminisation du métier joue aussi un fort rôle. Et puis la mentalité des 35 heures a infusé dans tous les cerveaux. Il y a trente ans, aucun médecin ne s’arrêtait à 17h…

      • Il y a trente ans, il était possible de gagner honnêtement sa vie en travaillant, sans que les gros doigts de l’Etat prédateur ne fouillent vos poches dès qu’elles contenaient un pauvre billet. Pourquoi travailler après 17 h pour le seul bénéfice de l’Etat ?

  4. Il y a 75 millions de cartes vitales en circulation et les français sont 67 millions, là pour le coup on ne parle pas d’équations insolvables, c’est une simple soustraction qui indique qu’il y a 8 millions d’arnaqueurs, ce qui représente presque 11 % des dépenses de sécu en fraude soit pour une dépense annuelle sur les frais de santé (sans compter les abus sur les retraites, vieillesse, famille et enfance) la coquette somme de 27 milliards avec l’AME on arrive à presque 29 milliards financés par Nicolas.
    En France on a à peu près 3 administratifs pour 1 soignant, il serait peut-être temps de les mettre au boulot pour retrouver ces 8 millions de cartes vitales dans la nature.

  5. Il est trop rare de lire en aussi peu de mots une analyse aussi pertinente de la situation. Là secu coûte le double en frais de fonctionnement d’une assurance privée, les ars, c’est l’armée mexicaine, les transitions de genre c’est 100000€ et pour voir un médecin , faut bien prévoir quand on va en avoir besoin. J’arrête là car je vais saturer la ligne.

    • Il faut justifier d’être assuré social, puis cotiser à une mutuelle pour être pris en compte… partiellement, avec un reste à charge.
      La solution : déclarez vous immigré, sans papier, c’est open bar, tout est gratuit.
      Vous cotisez, mais ce sont les autres qui en profitent.
      Kafkaïen.

      • Maintenant les médecins comme les pharmaciens pourraient faire un tour de service le dimanche et bien non les 35heures sont passés là aussi et lorsque vous rentré à l’hôpital vous payé en double c’est une arnaque aurorisée et personne ne dit rien ,même la sécu aprés il ne faut pas être surpris que la sécu est en déficit

  6. Voue devriez tous faire comme moi , lire le livre « le casse du siècle » de Sarah Knafo , je viens de le recevoir ( il est sorti hier ) et je le dévore … tout y est dit , vous ne verrez plus l’Administration Française de la même façon !

  7. L’important c’est que la transition de genre à 100.000€ du petit marceau devenu olympe soit bien remboursée à 100%.
    Après si Dédé ou son fils Kevin ont des problèmes dentaires, ils pourront se débrouiller avec des potages et une paille !
    En plus ils ne pourront plus aller chez Mc Do, ça nous évitera payer pour traiter leur diabète.

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