Qui est vraiment « Madame la présidente » ? Une sorte d’Agrippine des temps modernes ? Le Parisien a présenté un livre écrit par deux de ses journalistes, consacré à Brigitte Macron. Pas de « scoop », mais la confirmation d’une étrange relation entre le Président et la première dame : à la fois épouse, inspiratrice et maternelle.

Ne revenons pas sur les circonstances dans lesquelles le jeune lycéen a rencontré ce professeur de 24 ans son aîné, qui l’a initié au , l’épousa et l’accompagna dans sa carrière, d’abord à la banque Rothschild, puis à l’Élysée, comme conseiller et ministre de François Hollande, puis comme président de la République. Sinon pour remarquer – ce que ne disent pas les journalistes – que si, de nos jours, un professeur fréquentait un élève mineur, il pourrait avoir des ennuis.

Il paraît que tout le monde s’extasie devant ce couple fusionnel. Voyez les gestes amoureux que notre Président multiplie à l’égard de son épouse, la tenant par la main lors de ses voyages officiels, comme s’il allait présenter sa promise. « Il lui touche tout le temps les doigts. Il a besoin de voir si elle est là. J’ai vu peu de couples comme ça », aurait commenté Gérard Collomb. Amour sincère, mise en scène théâtrale, besoin d’être rassuré ? Chacun en jugera. Notre Président est toujours très tactile, aussi bien avec Angela Merkel qu’avec le pape. Souvenez-vous de ses démonstrations d’affection, quand il fut reçu l’an dernier par .

Que ce soit sollicité ou subi, Brigitte Macron exerce sur son mari une influence certaine. Au point d’incommoder sa garde rapprochée. Le Parisien rapporte que Philippe de Villiers, qui la juge « très jeune d’esprit, plus que son mari », estime qu’« elle est la femme qui souffle à l’oreille de l’artiste ». Omniprésente pendant la campagne présidentielle, elle jouerait le rôle de conseillère, donnerait son avis à chaque et surveillerait le parti ! Elle a la cote auprès des ministres : Jean- Blanquer, qu’elle aurait recommandé, Muriel Pénicaud, , et, bien sûr, « Gégé » qui, avant son départ, aurait suggéré de lui confier la tête de liste aux européennes : « Vous la mettez sur une élection, elle vous rajoute des points ! »

Elle est aussi une mère protectrice, voire surprotectrice. Lors de l’investiture du Président, après son passage aux Champs-Élysées où il pleuvait à verse, elle s’inquiète de savoir s’il veut se changer avant le déjeuner. Elle hausse le ton, en cas de besoin. Voici quelques mois, elle a fait trembler les murs du Palais en pressant son époux d’arrêter ses « conneries ». Ses petites phrases « l’horripilent », confie un proche. Macron a besoin de sa femme Brigitte, son « ancre », sa « boussole », sa « vigie ». Selon les journalistes du Parisien, « intuitive, hypersensible, elle est le cerveau droit du Président, qui la consulte une fois la porte de leur appartement fermée ».

Il lui arrive, cependant, de manquer de flair. Elle n’a pas vu venir l’affaire Benalla, peut-être trop confiante. Il est vrai qu’elle le connaissait bien, puisque le garde du corps accompagnait le couple dans ses déplacements privés et s’était vu confier les clefs de la maison du Touquet. Alors que la des gilets jaunes battait son plein, elle a reçu avec son époux des journalistes du Monde pour leur montrer les travaux de rénovation de la salle des fêtes de l’Élysée : une bagatelle de 500.000 euros, dont la moitié pour la moquette. Au moment où les gilets jaunes se plaignaient de leur pouvoir d’achat, c’était plutôt maladroit !

Finalement, ce que nous apprend cette enquête, c’est que Macron est plus fragile qu’il n’y paraît. Il a besoin d’un tuteur, en l’occurrence d’une tutrice, pour l’empêcher de faire trop de bêtises ! Que serait-ce si Brigitte n’était pas à ses côtés ?

31 janvier 2019

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