Suite au mouvement #lundi14septembre, déclenché après la réaction de certains établissements scolaires face aux tenues vestimentaires jugées indécentes de certaines lycéennes, le ministre de l’Éducation nationale, sur RTL, s’est exprimé sur le sujet, le 21 septembre. La fin du sexy à l’école, ce n’est pas gagné !

Jadis, nous allions à l’école publique, à pied ou à vélo, vêtus de nos vêtements de tous les jours recouverts d’une blouse, notre petite croix camouflée sous le pull et le maillot de corps, lequel ne devait en aucun cas sortir du pantalon ou de la jupe. Désormais, à l’ère de l’hypersexualisation des jeunes filles et même des fillettes, certaines y arrivent le ventre à l’air, en mini-short ou jupes ultra-courtes, les cheveux roses, maquillées comme des pots de peinture.

« L’école n’est pas un lieu comme les autres », dit Jean-Michel Blanquer. Le ministre se trompe-t-il d’époque ? C’était vrai, ça ne l’est plus. Car qui a transformé ce lieu d’instruction où les querelles des hommes ne devaient pas pénétrer (Jean Zay, 1936) en lieu de vie où l’élève est censé « construire son propre savoir », où la relation verticale avec le maître a été remplacée par l’horizontale abolissant, de facto, les différences hiérarchiques entre les deux, si ce n’est les pédagogistes fous d’égalitarisme ? Et l’ex-recteur d’académie l’ignorerait ?

Il décrète que « vous n’allez pas à l’école comme on va à la plage ou en boîte de nuit », qu’on « ne vient pas aux collège en short sauf pour faire de l’éducation physique et sportive » ? Fort juste. Mais s’il n’y avait que des élèves, à s’asseoir sur les règles de bienséance ! Vous aviez déjà vu, vous, un instituteur en tongs, sans tee-shirt sous sa salopette sous prétexte de chaleur, ou une prof minaudant en décolleté plongeant ? Et on s’étonnerait des licences des élèves…

Cela lui va bien, de dire cela, alors que sa consœur Marlène Schiappa, dans un tweet, les soutient à fond, ces lycéennes ! Qui ont, en lançant leur #lundi14septembre, décidé de lui faire définitivement la nique, au règlement intérieur de leurs établissements. En s’y présentant, comme s’en réjouit Marlène, à grand renfort de « jupes, décolletés, crop tops ou maquillage »… Bref, encore ce sempiternel « en même temps » du gouvernement destiné à brouiller le message pour embrouiller le peuple…

Aussi, quel crédit apporter aux propos de Jean-Michel Blanquer, pour qui il suffit d’être « habillé normalement » pour aller à l’école, attendu que chacun, à notre époque, peut clamer normal une façon anormale ou, dans ce contexte, une façon inappropriée de se vêtir ? Alors, qu’entend le ministre par « normalement » ? Être habillé normalement, c’est à la « façon républicaine », annonce-t-il. En clair, une façon, sur la question, de ne pas s’avancer… Mais que voulez-vous, le ministre n’allait pas rater une occasion de nous la fourguer, la République !

Ce n’est pas tout. Jean-Michel Blanquer parle du vêtement qui « ne doit pas être un facteur ni de discrimination ni de stigmatisation ». Pourquoi n’exige-t-il tout simplement pas le port de l’uniforme dans toutes les écoles, collèges, lycées de France et de Navarre – ce qui réglerait, d’un coup de cuiller à pot, le problème des décolletés ? Port pour lequel il affirmait, en 2018, être favorable ? Pourquoi tant de procrastination, franchement ? Peur de passer pour un réactionnaire, Blanquer, ou simplement parce que, finalement, s’afficher pour l’uniforme, c’est juste pour la forme, pour faire plaisir à certains, en somme ?

Alors, il va faire quoi, Jean-Michel Blanquer ? Soutenir les chefs d’établissement, qui renvoient se rhabiller les donzelles affublées comme pour aller draguer en soirée ? Décréter par circulaire l’interdiction de tenues inappropriées ? Pas du tout. Jean-Michel Blanquer se dit… ouvert à la discussion avec ces filles. Un homme d’une grande fermeté, ce Blanquer !

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