« L’intersectionnalité renvoie à une théorie transdisciplinaire visant à appréhender la complexité des identités et des inégalités sociales par une approche intégrée. Elle réfute le cloisonnement et la hiérarchisation des grands axes de la différenciation sociale que sont les catégories de sexe/, classe, race, ethnicité, âge, handicap et orientation sexuelle », écrit Sirma Bilge dans la revue Diogène. Vous suivez toujours ? Racisme systémique, masculinité toxique, cancel culture, pensée woke, intersectionnalité des luttes… Depuis quelques années, nous devons supporter ces nouveaux concepts et anglicismes issus de la gauche américaine, nous noyant dans une tournure d’esprit et un jargon aussi pernicieux qu’abscons.

Ce lexical vient de cette veille permanente (de l’anglais woke : « réveillé ») de la discrimination et conduit à la peine de mort sociale (la cancel culture), le tout au nom du bien commun rebaptisé « vivre ensemble ». C’est le fameux haro sur le mâle blanc hétérosexuel validiste (c’est-à-dire non handicapé) jugé raciste homophobe ou sexiste. Ces néologismes reprennent les concepts du politiquement correct mais sont amplifiés par la puissance des , d’une part, et la nouvelle montée militante, d’autre part. Ainsi, donc, émerge une censure, voire une autocensure, imposée par cette génération qui, à défaut d’avoir été instruite correctement, se retrouve complètement déracinée, mondialisée et biberonnée aux idéologies progressistes. Cette police de la pensée se base sur le ressenti victimaire de « celleux » (« celles et ceux », en écriture inclusive !) qui se sentent « blessé.e.s » dans leur .

Un sondage réalisé par l’IFOP, en février dernier ,pour L’Express, révèle que ces nouvelles notions restent inconnues pour la majorité des Français. Certainement pas pour les lecteurs de Boulevard dont l’esprit est déjà averti sur ces sujets dénoncés presque quotidiennement dans nos colonnes. Pour autant, seuls respectivement 6 %, 9 % et 11 % des sondés comprennent des formules comme la pensée woke, l’intersectionnalité des luttes ou la cancel culture. 34 % des sondés ne voient pas à quoi se rapporte l’écriture inclusive, 58 % n’ont jamais entendu parler de la pensée décoloniale et 67 % des luttes en non-mixité.

S’il est important de comprendre ces termes pour mieux les combattre et savoir argumenter, regrettons, outre le délire dans lequel nous nageons au nom du progrès, cette de l’esprit telle que dénoncée par Soljenitsyne dans son discours sur « le déclin du courage en Occident » qui réclamait « le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n’a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d’information. »

4 mars 2021

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