Tout d’abord, précisons que ce type de sondage est parfaitement trompeur : les trumpistes sondés révèlent rarement leurs véritables intentions, soit par discrétion, soit pour éviter une démobilisation de l’électorat que pourrait engendrer une sensation de victoire facile ou encore pour tromper les organismes sondeurs, acquis le plus souvent à la cause démocrate. On se souvient d’un sondage, fin octobre 2016, qui donnait Clinton gagnante à 92 % (New York Times, le 20 octobre 2016). Résultat des courses : Trump gagna haut la main (304 délégués contre 227).

Ensuite, il convient de signaler qu’il n’est pas certain que Joe Biden soit l’opposant final de Donald Trump. Il n’est qu’un cache-nez. C’est un trop mauvais candidat pour être réellement investi par le parti démocrate.

Essentiellement pour trois raisons :

– Incapable de construire une phrase correctement, multipliant les bourdes, ayant visiblement des problèmes de repérage dans l’espace (son épouse devant lui servir de guide…), les rumeurs sur sa sénilité vont bon train.
– Il aurait un problème de comportement avec les jeunes femmes qui se plaignent de son penchant « tactile ». Une ancienne collaboratrice l’a accusé récemment de harcèlement sexuel.
– Des soupçons de corruption planent sur lui. Voir l’affaire de la compagnie gazière en Ukraine pour laquelle il reconnaît lui-même dans une vidéo avoir fait pression pour faire sauter le procureur ukrainien enquêtant sur son fils en échange de l’aide américaine alors qu’il était vice-président.

À partir de là, deux hypothèses se dessinent :

– Les démocrates le sortent de la course avant novembre prochain pour annoncer le vrai candidat (l’argument médical est prêt).
– Il est maintenu comme candidat avec l’idée de l’écarter après son élection de façon à laisser la place à sa colistière. Lui-même a reconnu que s’il était élu, ce serait pour une très courte durée.

Dans les deux cas, Michelle Obama et Kamala Harris sont pressenties (parmi d’autres).
Si l’ex-première dame a constamment écarté sa candidature, certains indices laissent cependant penser le contraire, comme ces pétitions savamment orchestrées qui commencent à circuler sur les réseaux sociaux pour l’inciter à se présenter.

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de ou de sa remplaçante, tout débat face au président Trump, redoutable sur un plateau, est proscrit afin d’éviter un massacre du candidat démocrate.
Par conséquent, le coronavirus « doit se prolonger » le plus longtemps possible pour constituer une excuse sanitaire. Le virus a une autre vertu aux yeux du camp adverse, c’est de servir d’argument pour obtenir l’autorisation de voter par correspondance. Une porte ouverte à toutes les fraudes qu’on vous laisse imaginer. De nombreux exemples passés le prouvent.

Bref, sauf événement exceptionnel durant les trois prochains mois, le président sortant devrait être facilement réélu si les élections se déroulent normalement. D’aucuns objecteront que les ravages économiques causés par le Covid-19 ont entamé son capital confiance et réduisent par conséquent ses chances de se maintenir à la Maison-Blanche. On rétorquera que, de leur côté et durant 2020, les démocrates se sont tiré plusieurs balles dans le pied qui risquent de leur coûter très cher en novembre : les émeutes Black Lives Matter et les mouvements visant à affaiblir les forces de police (Defund the Police) qui ont fait grimper la criminalité dans les villes concernées.

Nul doute que ce glissement très à gauche découragera une fraction modérée et moins progressiste de l’électorat démocrate, faisant ainsi le jeu du candidat républicain.

Inutile de préciser que les enjeux de ce scrutin dépassent très largement le cadre des États-Unis.

 

 

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