Comme celui qui venait à l’heure du petit déjeuner, au temps de la Mitterrandie triomphante (en 1982), les quelques gogos qui militent encore au Parti socialiste peuvent aujourd’hui chanter : « Le soleil vient de se lever, encore une belle journée, il va bientôt arriver, l’ami récolé. »

Il paraît qu’on a tout recompté, fait une récollection pointue des suffrages, et voilà, c’est officiel, l’ectoplasme, le chef au charisme d’huître a retrouvé son siège : après recomptage des votes, avec 50,3 % des suffrages, est proclamé Premier secrétaire du Parti socialiste pour un second mandat.

Invité de France Info, ce lundi, il l’a déclaré : « Je n'ai aucun doute. Il y a un résultat qui est incontestable. » Son adversaire n’a aucun doute non plus. Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, l’a déclaré lui aussi sur France Info : il y a derrière tout cela « des pratiques qui relèvent de la fraude et qui ont cours au depuis trop longtemps ».

C’est vrai, ça, le et la fraude, c’est comme les incendies de voitures le 31 décembre : une tradition bien ancrée, bien assumée même, notamment dans les fédérations des Bouches-du-Rhône et du Nord-Pas-de-Calais. Elle remonte à l’alliance du « baron » Defferre et de Pierre Maurois, alliés dans la magouille au point qu’on parlait à leur sujet des « Bouches-du-Nord ». Une alliance qui refit ouvertement surface en 2008, lors de l’élection qui vit s’affronter Martine Aubry et Ségolène Royal et offrit à la première une victoire de 102 voix…

Et voilà que, de nouveau, assure Nicolas Mayer-Rossignol (France Info), « on a vu des bulletins sans enveloppes, des urnes remplies avant l'ouverture du scrutin, des urnes remplacées par des boîtes à chaussures, des urnes déplacées dans des pièces fermées, des scrutateurs expulsés manu militari par la police, des bureaux de vote qui fermaient avant la clôture. » Rien que de l’ordinaire, en somme.

Toute la question est de savoir si le maire de Rouen, qui veut porter l’affaire devant la Justice, aura plus de chances que Ségolène Royal, contrainte de ravaler son dépit après avoir renoncé à la voie judiciaire. Vu l’état de déconfiture existentielle où se trouve aujourd’hui le parti à la rose, une bonne purge finirait de nettoyer le terrain.

Anne Hidalgo soutient le maire de Rouen, ce qui n’est pas forcément un atout en sa faveur. Indignée (ou pas), elle balance : « Ce qui se passe est grave, très grave » (Public Sénat). Et faisant allusion aux déclarations anticipées d’ qui s’est proclamé vainqueur avant que les voix ne soient comptées, puis recomptées, elle ajoute : il n’y a « pas de démocratie qui peut fonctionner avec de l’autoproclamation. Si on s’amusait à faire ça quand on organise des élections dans nos villes, on serait en prison. » Comment dire… quand on a le culot de se maintenir en politique après un score de 1,75 %, on devrait la jouer modeste, mais bon, ça n’est pas le genre de la dame.

Bref, les éléphanteaux se préparent à la bataille de chaque côté du marigot. Le camp Faure accuse les adversaires de « vouloir faire du Trump ou du Bolsonaro » (Public Sénat). En face, on répond « mélenchonisation de la direction du ». Du côté des historiques, on se tord les mains : ce qui arrive est « dangereux pour toute la gauche, elle-même en crise », dit Jean-Marc Ayrault, l’ex-Premier ministre calamiteux de François Hollande (France Info).

Visionnaire, Dieynaba Diop, porte-parole du parti, en est sûre : « Des gens sont en train d’organiser une fracture au sein de notre parti, comme ceux qui se sont rattachés financièrement au Parti radical de gauche », dit-elle (Public Sénat). C’est fracturer ce qui n’existe déjà plus, Madame Diop, car vous ne le savez pas, mais vous êtes sur le radeau de la Méduse : il ne reste plus que vous pour vous entre-dévorer.

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23 janvier 2023

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15 commentaires

  1. J’aime le « Jean-Marc Ayrault, l’ex-Premier ministre calamiteux de François Hollande ». Permettez-moi, Marie, de combler une lacune : « Jean-Marc Ayrault, l’ex-Premier ministre calamiteux du non moins calamiteux François Hollande » D’ailleurs, des esprits taquins n’avaient-ils pas baptisé l’ex premier ministre « Jean-Marc Zayrault » ?

  2. Tapie faisant parti des SOCIALISTES, était dans son jus. Trafiquer les rencontres de foot , c’est la même chose que bourrer les urnes. Voilà leur honnêteté. Heureusement que le RN n’a pas encore subit ces influences.

  3. En 1975 ou 76, aux élections municipales de la ville de Nanterre (Hauts de Seine), je me suis présenté en deuxième place d’une liste qui allait de la gauche non communiste à l’extrême droite (si, si, à l’époque, c’était possible). Il y avait à peu près 70 bureaux de vote. La liste communiste a fait environ 60% dans l’ensemble des bureaux de vote sauf dans trois d’entre eux où elle totalisait plus de 95%. Savez vous pourquoi ? Parce que dans ces trois bureaux (pourtant réputés « calmes ») nous n’étions pas assez nombreux pour surveiller le déroulement (et le dépouillement) des votes… La gauche, notamment extrême, a toujours bourré les urnes, même quand elle était certaine de l’emporter. Notre réclamation n’a pas été retenue (de mauvaises langues ont prétendu que dans les Hauts de Seine, il y avait des accords passés entre communistes et gaullistes mais je ne puis l’affirmer).

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