Barbut, Tondelier, Rousseau déjà ralliées à Mélenchon. Au suivant !

En une semaine, Mélenchon a installé son leadership sur les Écologistes : les socialistes vont suivre...
Capture d'écran TF1
Capture d'écran TF1

Ce samedi 22 août, Jean-Luc Mélenchon était l'invité du 13 Heures de TF1 depuis les universités d'été de LFI (les Amfis). En direct de Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme, le candidat à l'élection présidentielle a estimé que socialistes et écologistes n'avaient, à ce stade, « ni stratégie, ni candidat » pour 2027 - ce qui est parfaitement exact. Et, en bon vieux renard de la gauche mitterrandienne et de l'extrême gauche trostkiste, il n'a pas besoin de préciser que de son côté, tout est ficelé depuis des années : un leader tyrannique, des seconds aussi inconsistants qu'inquiétants, un parti aux ordres, une rhétorique violente, la mobilisation de l'électorat musulman et immigré, une démagogie assumée, sur la dette (qu'il faut « foutre au feu ») comme sur la police.

Et, bien sûr, la domination progressive des partis voisins, avec une tactique du saucissonnage héritée du PC hongrois d'après 1945. Mélenchon est bien une histoire de toute la gauche à lui tout seul... Et la première tranche du salami, pour l'apéro des Amfis, c'est la rondelle verte : les écolos. Mélenchon a réussi, en une semaine, une véritable OPA sur leurs leaders. De quoi engager une dynamique avant de siphonner des socialistes éclatés entre Faure, Glucksmann et Hollande qui ne font rêver personne. Un sondage Elabe paru cet été donnait d'ailleurs Mélenchon à 16 % quand Tondelier plafonnait à 3,5 % et Glucksmann à 10,5 %. Le match plié à gauche, il ne lui reste plus qu'à engranger les ralliements et à poursuivre sa dynamique.

Barbut, Tondelier, Rousseau : le ralliement des dames écolos

Il a commencé très fort en obtenant la caution d'un ministre de Macron : pour Monique Barbut, ministre de l’Écologie, Jean-Luc Mélenchon est le candidat « qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions », comme elle l'a déclaré à Libération. Certes, cette phrase était précédée par « Jean-Luc Mélenchon, qui n’est pourtant pas ma tasse de thé », mais la propagande LFI a parfaitement travaillé.

Après Barbut, Tondelier. Alors qu'en avril, la secrétaire nationale des Écologistes n’avait pas répondu au coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, qui lui avait proposé « une nouvelle alliance populaire » derrière Jean-Luc Mélenchon avec, à la clef, un accord « sur le programme » et sur « les candidatures aux élections sénatoriales et législatives », voilà qu'en plein mois d'août, elle se ravise par une lettre aux dirigeants des différents partis de gauche, leur proposant des discussions bilatérales. « Une missive en forme de posture », pour Le Monde, « tant elle sait que LFI et le Parti socialiste (PS) ont chacun pris des voies autonomes ». Et donc un appel du pied au camarade Mélenchon. l'Opinion parle de « capitulation ». Évidemment, la question des candidatures aux sénatoriales et aux législatives a fait son œuvre chez des Verts menacés de disparition dans les deux chambres, vu leurs piètres résultats aux dernières municipales. Et LFI a même mieux à leur proposer : « Nous sommes prêts à des discussions avec les Écologistes sur tous les points qu’ils souhaitent éclaircir. Le programme est discutable s’il n’est pas modifié sur ses fondamentaux. Ce n’est pas : tout notre programme ou rien. Et si on gagne, il y aura des ministres écolos », leur promet le Monsieur Élections de LFI Paul Vannier, cité par Le Parisien. Décidément, ces LFI sont des gens très bien.

Et ce samedi 22 août, c'est l'inénarrable Sandrine Rousseau qui est venue enfoncer le dernier clou dans le cercueil de la candidature autonome de son ex-rivale Tondelier, sur
France Info : « On a besoin d’avoir un espoir que la gauche gagne face au RN. La candidature de Marine Tondelier, manifestement, ne décolle pas dans les sondages », ajoutant que Jean-Luc Mélenchon est le « mieux placé, à gauche, pour passer le premier tour ». Un Mélenchon qui doit savourer sa force d'attraction et qui a répondu que « toute aide sera la bienvenue ».

Son calcul : surfer sur la colère née des incendies

Ces ralliements, au-delà de ces personnes qui ne représentent pas grand monde, peuvent être électoralement payants : avec les incendies, la canicule, les pénuries d'eau, la question environnementale est devenue centrale pour beaucoup, loin de l'idéologie. L'impéritie du gouvernement alimente une colère justifiée, particulièrement chez les victimes des incendies qui ont vu leur maison et leur activité partir en fumée dans les Landes. Mélenchon ne s'y trompe pas : « Rien n’est prévu, rien n’est organisé, les pauvres pompiers sont jetés là-dedans, et on a quand même perdu du monde dans cette affaire », a lancé le candidat insoumis, au micro de TF1. Pour lui, c'est une question « d’organisation et de planification » (la grande manie de la gauche), rappelant son ambition de créer une structure (autre manie de la gauche) appelée « éco-région ». Et l'apothéose : « Nous allons fonder l’État écologique, voilà ce qu’on veut faire ! Si on fait ça, on sera capable de résister ! »

Nul doute que la rhétorique tribunitienne dont étaient bien incapables ces dames en manque de chef séduira l'électorat de la gauche, de toutes les gauches : le ralliement d'écolos, dont on a compris depuis longtemps qu'ils étaient plus rouges que verts, n'est en effet pas une surprise et le rapt s'est réalisé en douceur, en cette fin d'été. Les socialistes vont se faire désirer un peu plus longtemps, mais personne n'est dupe : avant ou après le premier tour, l'enjeu de leur survie parlementaire sera plus fort que leurs états d'âme. Les socialistes ne changeront jamais, et Mélenchon le sait, lui qui, pour le second tour des municipales, les traitaient pour ce qu'ils sont : « Les socialistes sont des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher à acheter pour le second tour ! »

Ce qui a heureusement changé, depuis 2024, c'est que les électeurs centristes, pris au piège du barrage anti-RN, ont ouvert les yeux sur Mélenchon et sa bande, à qui la dissolution de Macron et les combines d'Attal ont failli offrir le pouvoir. Il est possible qu'ils aient de la mémoire et que cela explique les sondages donnant Mélenchon sévèrement battu par Marine le Pen au premier comme au second tour.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

137 commentaires

  1. C’est un vieux roublard…
    Après avoir œuvrer pour s’attirer les votes des immigrés, il oriente son discours pour glaner ceux des écolos… puis ce sera, encore une fois, un rapprochement vers les idées socialistes ( ce ne sera pas dur : ils n’en n’ont aucune !)…
    Mais à trop verdir son discours au détriment de son électorat de base, les français d’origine immigrée, il risque d’en perdre en route.
    C’est ce qu’il faut souhaiter. Mais il ne faut jamais sous estimer ce type : j’ai moi-même cédé à ses arguments quand il appelé à une sixième république.
    Heureusement les excès de langage et la bêtise crasse de ses soutiens, m’ont fait comprendre que ce type est un DANGER !

  2. Candidat sûr de son fait. Lambertiste au plus haut point, JL Mélenchon sera la surprise du premier tour. Le premier et le deuxième tour risquent de tourner vinaigre pour Marine Le Pen si la justice persiste à lui adjoindre un bracelet électronique, avant le mois de mai 2027;

  3. .. »les incendies, la canicule, les pénuries d’eau »….Mais qui empêche l’entretien des forêts, la construction de bassines et le reboisement autre que les panneaux solaires, en insistant sur les éoliennes inutiles ???
    Si la gauche passe, je déserte la France.

  4. Rien de surprenant, aucun n’était en capacité de faire un score. Maintenant ayons un peu de patience, ils ne vont pas tarder à se bouffer entre eux. Si ils arrivent à voter les mêmes textes à l’assemblée, là, l’enjeu est un cran au dessus et les appétits vont s’aiguier.

  5. Est-ce une surprise ? Mélenchon est le seul à faire de la politique, à s’occuper de son électorat à avoir des idées (même si elles ne sont pas bonnes) le peuple, lui, est sensible à ça, et les jeunes sans expérience et beaucoup sans culture et surtout sans culture économique comme beaucoup de français aiment ça. A droite on peaufine sa carrière, c’est quand même différent, l’exemple qui me vient tout de suite à l’idée c’est Darmalin lui regarde les sondage et va là il a le plus de chance d’avoir un bon poste peut-être même a-t-il déjà fait un deal pour être premier ministre. D’autres bien à droite calquent leur programme sur celui de Mélenchon pour brasser large, que ces gens là restent en politique car je les vois mal aux commandes dans une entreprise fut-elle artisanale

  6. Mélenchon n’est pas dangereux car il n’a aucune chance de gagner la présidentielle face à Marine Le Pen !. En revanche s’il était au second tour il lui offrirait la présidence de la République sur un plateau ! Conclusion : il faut que Mélenchon soit au second tour et toute la campagne anti Mélenchon qui a lieu en ce moment n’est pas destinée à empêcher Mélenchon de nuire mais à empêcher Marine d’être présidente !

      • Vous oubliez de rapeler que Zemmour a appelé ses sympathisants à voter RN au second tour et que Bardella avait repoussé la main que lui tendait Z lors des législatives.

    • Non elle ne veut pas avoir fait tous ces sacrifices pour changer l’image du front nationale pour partager sa réussite avec les autres, elle n’est pas différente des autres politiciens, tout pour ma carrière et ma gueule si possible. C’est hélas le niveau de nos politiciens et encore elle, elle ne sort pas de la dernière promotion de Sciences Po mais les plus jeunes se servent de la politique comme un moyen de faire carrière pas pour des idées.

      • Les alliances se font entre les deux tours. Sauf chez Mélenchon, mais là nous ne parlons plus d’alliance mais de soumission.

    • Est elle assez intelligente pour voir le danger que représente Mélenchon et sa clique? J’ai l impression que le RN pense que c’est gagné en voyant les sondages qui lui sont favorables .Le éveil va être dure!
      Il ne faut pas vendre la peau de l ‘ours avant de l ‘avoir tué.

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