Jean-Luc Mélenchon : et hop ! Il efface la dette…

Le candidat LFI n'émet pas la moindre proposition en vue de la réduction de notre déficit public. Est-ce bien sérieux ?
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JEAN-LUC MÉLENCHON
Capture écran JEAN-LUC MÉLENCHON

La France va vivre une campagne présidentielle qui s'annonce trépidante. Ainsi, confrontés à une situation financière préoccupante, certains candidats vont-ils avancer de fausses bonnes solutions qui viendront enrichir le sottisier déjà bien fourni de notre pensée économique.

Silence, on pilonne !

La riche idée développée par M. Mélenchon est la suivante : la Banque de France détient à son actif 18 % de la dette publique française, soit la bagatelle de 600 milliards. Il suffirait donc d'envoyer ces titres au pilon pour alléger notre dette publique. Rien de plus simple aux yeux de LFI : la Banque de France est une propriété de l’État ; donc l'opération serait équilibrée : d'un côté notre institut d'émission perd 600 milliards à l'actif ; mais d'un autre côté, l’État se désendette de 600 Mds. Donc, cette opération purement scripturale serait-elle financièrement neutre ? Évidemment non.

Car la Banque de France achète des obligations françaises dans le cadre du SEBC (Système européen des banques centrales) ; et ce, afin de financer les déficits des cancres budgétaires, dont la France en premier lieu. Mais, hormis ce financement par la BCE, l'article 123 du TFUE (Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne) interdit tout financement monétaire des États par la banque centrale. Or, abandonner une créance de 600 milliards d'euros équivaut à prêter une enveloppe identique à la France.

En clair, M. Mélenchon entend s'autoriser à faire marcher la planche à billets en euros, quitte à créer une inflation qui ruinerait les épargnants dans la monnaie commune, tel le charcutier allemand ou le dentiste belge. Nos partenaires de la zone euro nous excluraient ; ce qui ne serait d'ailleurs pas pour déplaire à LFI.

L'absence de réforme structurelle.

Mais le plus frappant dans le projet de M. Mélenchon, c'est qu'il ne résout rien. En effet, même si on allège la dette publique des 600 milliards, il en reste quand même la bagatelle de 2 900 milliards d'euros, soit 82 % : un Himalaya dont on n'aurait raboté que les plus hauts sommets.

Question subsidiaire : si nous nous fâchons avec nos partenaires européens, où allons-nous trouver les 300 nouveaux milliards que nous devons emprunter chaque année ? Qui va nous prêter sans la garantie implicite de Francfort ? En effet, la France doit trouver en 2027 la bagatelle de 150 milliards pour combler son déficit et autant pour rembourser les emprunts anciens. Or, M. Mélenchon n'a pas émis la moindre proposition en vue de la réduction de notre déficit public. Est-ce bien sérieux ?

Où sont ses économies ? Dans l'aide au tiers monde ? Dans la politique de la Ville ? Dans l'aide aux mineurs migrants ? Dans les pérégrinations touristiques de certains parlementaires en goguette ? Dans le comblement du déficit de la RATP ?

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Pr Jean-Richard Sulzer
Agrégé des Facultés de l'Université Paris Dauphine. Président du Cercle national des économistes

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