« Aucune ville n’est aidée comme Marseille », rappelle Emmanuel Macron

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Le Président est retourné pousser la chansonnette à Marseille. La deuxième ville de France est devenue le laboratoire d’idées macroniste, la vitrine de celui qui n’a jamais caché son amour de l’équipe de football de Marseille.

Deux ans après sa dernière visite, dans une cité phocéenne claquemurée et aux rues désertes, Emmanuel Macron est venu lancer la deuxième phase du plan « Marseille en grand ». Un investissement de 5 milliards d’euros est censé sortir la ville de l’eau. Contacté par BV, le sénateur (Reconquête) de Marseille Stéphane Ravier ne mâche pas ses mots : « Emmanuel Macron a toujours lié le succès de Marseille à celui de la France. Vu l’état de la première, je m’inquiète fortement pour la seconde. » Loin du raout autour du président de la République, c’est dans le XIIIe arrondissement marseillais que Stéphane Ravier s’est rendu. « Sur le terrain et auprès des oubliés de la politique de la ville », rappelle l’ancien candidat à l’élection municipale.

« Je suis sûr qu’il y a dix offres d’emploi »

Macron a fait du Macron. À une personne l’interpellant au sujet de la situation professionnelle de son fils au chômage, le Président a rétorqué : « Je fais le tour du Vieux-Port ce soir avec vous, je suis sûr qu’il y a dix offres d’emploi. » Comme un petit air de déjà-vu. De quoi, en tout cas, faire bondir les oppositions. Ainsi, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a réagi : « Ce que dit Macron n’est pas faux. La dernière fois, même sans faire le tour, il a nommé son ancien ministre de l’Intérieur président du grand port maritime de Marseille… », a tweeté le socialiste, en référence à la nomination par Emmanuel Macron de Christophe Castaner.

Immigration : le tabou marseillais 

De l’aveu même de Gérald Darmanin, 55 % des délinquants interpellés à Marseille sont étrangers. Le berceau de l’association SOS Méditerranée a d’ailleurs fait l’objet, samedi, d’une action des militants de Défendre Marseille.

La jeune association identitaire a déployé une gigantesque banderole du haut d’un immeuble surplombant un concert, dont les bénéfices seront reversés à l’association humanitaire pour les uns, passeurs de migrants pour les autres. Sur la banderole, un mot simple : « Qu’ils retournent en Afrique », en hommage à la saillie du député RN Grégoire de Fournas visant, justement, le bateau Ocean Viking de SOS Méditerranée. Cette opération a occasionné à ses auteurs les traditionnelles 24 heures de garde à vue… prolongées de 24 heures supplémentaires ! Une décision surprenante. Car la prolongation de 24 heures est généralement réservée aux cas graves, en tout cas lorsque subsistent de véritables risques de troubles immédiats. Une décision du parquet que dénonce Stéphane Ravier. Le sénateur Reconquête a usé de son droit de parlementaire pour aller visiter les militants au commissariat : « Ces cinq jeunes qui n’ont fait de mal à personne se retrouvent en Garde à vue prolongée comme s’il s’agissait de criminels », réagit le soutien d’Éric Zemmour, patron du parti Marseille d’abord, avant de conclure ironiquement : « La justice sait se montrer impliquée sur certains cas précis... »

La virée d’Emmanuel Macron devait se tenir dans le quartier de la Busserine, le président devait échanger avec des habitants. Rien de neuf dans une ville au bilan mitigé. « 25 % des Marseillais sous le seuil de pauvreté, augmentation de la taxe foncière et 23 règlements de comptes mortels dans l’année… Et on n’est qu’au mois de juin », rappelle Ravier. Pas de quoi pavoiser, en effet... D'autant que... « Aucune ville n'est aidée comme Marseille », a rappelé Emmanuel Macron sur place. Malgré un accompagnement privilégié, malgré les milliards investis, la criminalité gangrène les rues d’une ville qui ressemble de moins en moins à une fresque de Pagnol. C’est peut-être pour cela que Benoît Payan en veut à l’héritage de l’écrivain provençal. Si Marseille est notre avenir, pas de quoi danser l’Arlésienne.

Marc Eynaud
Marc Eynaud
Journaliste à BV

Vos commentaires

34 commentaires

  1. pourquoi Marseille profite t-elle plus que les autres de nos impôts ? encore une magouille électorale, planté à la présidentielle sur la ville par marine, il essaie en achetant des voix avec nos impôts, et il nous refait le grand débat, ou lui seul a raison, quand on lui pose une question qui le dérange lui qui est là depuis 11 ans (5 ans avec Hollande) il répond « c’est pas moi c’est les autres » un classique des cours d’écoles maternelles, là où il semble le plus à l’aise.

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