Quand une entreprise change de nom, c’est soit qu’elle s’oriente vers des activités radicalement différentes, soit qu’elle tente de faire oublier… un « petit problème ». Les centres de transfusion sanguine sont, ainsi, devenus « Établissement français du sang », et la Germanwings remaquillée en « Eurowings ».

Alors aujourd’hui, ne dites plus AstraZeneca™, dites « Vaxzevria™ ». Ça se prononce tout simplement comme ça s’éternue, et ce changement pourrait inspirer les scénaristes de Netflix.

Épisode 1, tremble, tout le monde attend le vaccin. Épisode 2, il est là, mais certains chipotent, font la fine bouche : « Hum… est-il bien sûr ? Non, décidément, moi je ne me ferai pas vacciner. » Épisode 3, « Ça tombe bien, y en aura pas pour tout le monde. » Épisode 4, « Comment ça, pas pour tout le monde ? Mais j’en veux, moi, j’y ai droit ! »

Nous voici donc dans la saison 2, où les petits problèmes commencent. On s’aperçoit que l’AstraZeneca™ est peu actif chez les « boomers ». Qu’à cela ne tienne, on les réservera aux « moins vieux ». Mais chez ceux-ci, pas de chance, voici qu’apparaît un effet secondaire fâcheux, la thrombose, deux fois seulement sur un million mais largement médiatisé. Réservons-le donc aux « moyens vieux », catégorie qu’il reste à définir en correction des variations saisonnières, mais qui ne fait plus grand monde. Si tu avances quand je recule, comment veux-tu que je t’inocule…

Mais le mal est fait : les Français se détournent, aujourd’hui, en masse du Vaxzevria™. Logique : à quelques jours près, un sexagénaire peut, dans un « vaccinodrome », bénéficier d’un Pfizer™ plus sûr et à la deuxième dose plus rapprochée… pourquoi hésiterait-il ? Conséquence : les généralistes voient une bonne partie de leurs rendez-vous de vaccinations annulés et jettent des doses qu’ils avaient eu le plus grand mal à se procurer !

Alors qu’il suffisait de dire au bon peuple que l’AstraZeneca™ ne contenait ni gluten ni bisphénol et n’avait d’effet néfaste ni sur la banquise ni sur la forêt amazonienne, et ça passait comme une lettre à la poste…

11 avril 2021

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