Ah, ces bonnes vieilles histoires belges, popularisées par dans les années 1980. On les croyait disparues depuis belle lurette. En voici une qui nous reviens toute fraîche ; mise au goût du jour et que nos ancêtres de Flandre ou d’ailleurs nous envieraient. Et de quoi s’agit-il, une fois ?

Après un choix évidemment démocratique d’internautes, la Région bruxelloise annonçait, ce , Journée internationale des droits des femmes, que le plus long tunnel de , à Bruxelles, serait rebaptisé du nom de la chanteuse laekenoise , décédée en septembre dernier à 92 ans. Ben oui, quoi, faut faire honneur. Et, surtout, il s’agissait d’un moyen commode de mettre fin à une polémique étouffante pour le royaume taxé d’avoir honoré, jadis et naguère, le pire des racistes : le tunnel portait jusqu’alors pour nom « Léopold-II », du nom de ce potentat indigène du plat pays qui aurait fait « suer le burnous » – passez-moi l’expression – aux peuples du Congo pour asseoir une hégémonie coloniale belge d’ivoire et de caoutchouc en équatoriale, vers 1885.

Patatras, une fois ! Tout était trop bien huilé. Pensez qu’avec 22 % des voix devant 14 concurrentes, Annie Cordy avait dépassé dans les suffrages en ligne des pointures d’escarpin de la valeur de la résistante Andrée de Jongh ou de la romancière Marguerite Yourcenar, née à Bruxelles. Mais, lors d’un débat télévisé organisé, le 14 mars, par RTL-TVI, Mireille-Tsheusi Robert, présidente du BAMKO, un « centre de réflexion et d’action sur le racisme anti-noir.e.s », a mis les pieds dans le plat en venant pointer, à son tour, les relents nauséabonds véhiculés par Annie Cordy lorsqu’elle chantait « Cho Ka Ka O » ! Reconnaissant qu’il s’agit d’une chanson « qu’on ne peut pas effacer du patrimoine belge » – quand même ! –, « ni Annie Cordy, d’ailleurs » – ouf ! –, elle s’est dite dérangée par « l’esprit de la chanson ».

Apolline Vranken, militante féministe, aurait souhaité, pour sa part, une personnalité moins clivante qu’Annie Cordy. Normal : « On est persuadés qu’il y a beaucoup de figures du matrimoine (sic) bruxellois et de féministes qui n’ont pas eu des actions ou des propos problématiques. Donc, effectivement, on remet un peu en question ce choix-là. » Ah, ces Belges !

Passons à l’exégèse du nœud de la strophe cordienne : « Cho Ka Ka O/Cho chocolat/Si tu me donnes des noix de coco/Moi je te donne mes ananas ». Oui, c’est chaud, en effet ; incitation à l’amour sans entraves sur une plage caraïbe ? Avec cette perfidie féminine qui renvoie le mâle à la réalité de ses faiblesses par quelque coup bas qui fait mal à l’ego : « Rikiki tes petits kiwis » ! Bref, un manifeste féministe de haut vol sous couvert de variété… Il fallait oser ! Une bravade des années Mitterrand, qui valut à son interprète d’écouler 300.000 exemplaires comme qui rigole, en 1985.

Mais voilà ; 36 ans après la sortie de son tube, on ne rigole plus avec ça ! Nous sommes en 2021, an II du Covid et du confinement mondial de la pensée. Comme aurait dit un autre Belge : « Faut vous dire, Monsieur/Que chez ces gens-là/On n’pense pas, Monsieur/On n’pense pas ». On ne pense pas ; mais, selon la nouvelle norme dans laquelle se reconstruit, entre autres, l’ex-candidate à Miss Belgique 1999, Mireille-Tsheusi Robert ; on se doit de « bien-penser » ! Pour inventer le monde merveilleux du néant cérébral. En faisant du passé un champ de ruines pour de nouveaux mythes totalitaires.

Sommes-nous près de voir le bout du sinistre tunnel ? Après les clowns au pilori, ces nécrophages de l’esprit iront-ils jusqu’à tuer aussi la poésie sacrée ? On peut le redouter, si nous n’entrons fermement en résistance. Redisons le cantique d’universel : « Je suis noire, mais belle, filles de … »

17 mars 2021

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