Le délégué général de Renaissance catholique, Jean-Pierre Maugendre, vient d’être mis en examen à la suite d’une plainte avec de partie civile déposée par l’association STOP homophobie. Cette dernière lui reproche d’avoir publié sur son site un texte signé par deux cardinaux et trois évêques rappelant les grands principes de la morale catholique face aux « avancées » et aux revendications du sociétal. Appuyé sur les encycliques et la longue tradition de l’Église, il s’agit d’un rappel qui s’adresse aux catholiques pour éviter le flou qui règne parfois dans des déclarations impromptues jusqu’au sommet de la hiérarchie vaticane. Rien de nouveau, donc, sous le soleil de Dieu.

On pourrait considérer que dans une « République » qui proclame, dans le préambule de sa Constitution, que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », cette inculpation est clairement anticonstitutionnelle puisqu’elle vise une opinion religieuse qui n’a entraîné aucun trouble. En fait, elle traduit une évolution constante et sournoise qui, pas à pas, a inversé les normes jusqu’à renverser le fondement même de notre société, voire de notre civilisation.

Dans notre pays, la discrimination ou tout propos encourageant celle-ci ou appelant à la haine envers l’orientation sexuelle sont susceptibles de poursuites pénales. On a porté une atteinte extrêmement grave à l’un des fondements essentiels de notre société : la d’expression !

Là encore, le processus est fourbe. Son enveloppe idéologique est en phase avec l’air du temps : le dominé, la victime a raison contre le dominant, et en levant une discrimination, on fait du bien au discriminé sans nuire au discriminant. Donc, le discriminant qui résiste est un méchant ! Quant à l’intérêt de l’enfant ? Baliverne ! Désormais, c’est l’opposant qui est coupable au point de se voir interdire d’exprimer ses arguments sous prétexte d’appel à la haine ou à la discrimination, au point d’être poursuivi et condamné s’il persévère.

Il est évident que l’opposition à une loi existante doit pouvoir s’exprimer et même aboutir éventuellement à sa révision, sinon nous aurions changé de régime sans nous en apercevoir. J’ai moi-même, en tant que parlementaire, affronté cette incohérence face à des magistrats bizarrement obtus, et n’ai obtenu qu’en cassation. Enfin, si le groupe de pression LGBT et ses associations subventionnées grâce à nos impôts peuvent largement diffuser leur idéologie, il serait interdit à une association catholique de publier les textes de l’Église ?

Même sans tenir compte de la place du catholicisme dans l’histoire de notre pays et en ramenant le conflit au choc entre deux « communautés » dont on éliminerait les proportions, on se rend bien compte qu’il y a dans cette affaire, comme le disait Orwell, des groupes « plus égaux que les autres » : ils ont le droit de communiquer jusqu’au prosélytisme que les autres ont perdu.

Concrètement, ces procédures mobilisent des magistrats alors que la France en manque pour répondre à d’autres priorités. À l’époque du service militaire obligatoire, il y avait l’objection de conscience. N’est-elle pas de droit pour le médecin qui refuse l’ ou l’euthanasie, pour l’élu qui refuse, à titre personnel, de marier deux personnes de même ? Elles sont cependant contestées.

Alors que le passeur d’immigrés clandestins est relaxé et célébré, le ministre dissout une association qui milite contre l’immigration illégale. Le premier a enfreint la loi, les militants de la seconde ont simplement exprimé une opinion. Certes, la loi civile l’emporte sur la loi morale, mais pas au point de gommer l’autonomie de la conscience, d’une manière toujours univoque. Lorsque tel est le cas, la société devient un système totalitaire et nous y sommes !

17 mars 2021

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