Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - Politique - 8 juillet 2019

Anne-Sophie Rigault : « La municipalité d’Avignon refuse de me dire si les soirées karaoké au crématorium ont cessé »

Anne-Sophie Rigault, élue d’opposition à Avignon (Vaucluse), a demandé, la semaine dernière, en conseil municipal, si la municipalité avait fait cesser l’organisation de soirées karaoké dans la salle omniculte du crématorium. Elle revient sur cette affaire au micro de Boulevard Voltaire.



Vous avez brandi des photos au conseil municipal d’Avignon en demandant si la municipalité avait laissé certaines soirées karaoké avoir lieu au crématorium.
Comment ces soirées ont-elles pu se tenir ?

C’est une bonne question. J’ai essayé de savoir à plusieurs reprises, mais pas de réponses. Cela fait plusieurs années que j’interroge la majorité avignonnaise pour savoir de manière précise où va le fruit de la vente des métaux précieux, que ce soit l’or ou le titane issu de la crémation. À chaque fois, on me répond qu’ils sont intégrés dans le budget du crématorium sans que l’on puisse vérifier. En septembre dernier, j’avais réitéré ma question. J’en avais profité pour demander si les soirées karaoké qui se tenaient dans la salle omniculte du crématorium avaient cessé. L’élu qui présidait la commission avait interdit au responsable du pôle funéraire de m’apporter des éléments de réponse. J’ai donc profité de la présentation du budget annexe du crématorium, lors du conseil municipal, pour les interroger de nouveau. Ni le maire ni le premier adjoint en charge des activités funéraires n’ont souhaité me répondre. L’élu qui présidait m’a confirmé l’existence de ces soirées karaoké. Il a justifié ces soirées par le fait que les agents municipaux sont confrontés à un travail douloureux et difficile et qu’ils avaient parfaitement le droit d’organiser des moments de convivialité sur leur lieu de travail pour leur permettre de décompresser.
On est tous d’accord sur le fait que les employés de mairie peuvent se détendre étant donné qu’ils sont confrontés du matin au soir à des familles en deuil.
En revanche, organiser des soirées annuelles de remerciement aux pompes funèbres locales est tout simplement choquant et immoral. De plus, ces soirées sont organisées dans la salle ominiculte réservée au recueillement des familles. Ils utilisent donc les moyens de la collectivité, la clim, la sono et la lumière, financés avec l’argent de nos impôts. Leurs verres sont déposés sur le catafalque qui est habituellement destiné à recevoir les cercueils.


À quoi attribuez-vous ce refus de la municipalité de vous répondre ?

Un des adjoints du maire d’Avignon avait confirmé les propos qu’il a tenu lors du conseil municipal.
Lorsque je demande si ces soirées karaoké ont toujours lieu ou si c’est une pratique qui était seulement en cours sous le mandat précédent, ils ne me répondent pas. Ils laissent supposer que ces soirées ont toujours lieu.


Est-ce l’absence de respect vis-à-vis du deuil qui vous choque ?

C’est qu’il y ait des soirées de remerciement aux entreprises qui travaillent avec un service public municipal. Ils ont à assurer une notion de rentabilité. Que des agents municipaux aient besoin, entre eux, de se changer les idées est tout à fait compréhensible. Il y a des lieux pour cela. Ils peuvent se faire prêter une maison, louer un restaurant ou demander le prêt d’une salle municipale neutre. Mais pas dans la salle omniculte du crématorium!

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