Audio - Editoriaux - Entretiens - Manifestations - Société - 24 juillet 2019

Albéric Dumont : « Alors que prime le désir des adultes, notre cause, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant »

Dimanche 6 octobre, à Paris, manifestation nationale unitaire contre le projet de loi bioéthique

La Manif pour tous et d’autres associations organisent une manifestation nationale unitaire contre le projet de loi bioéthique, le dimanche 6 octobre 2019, à Paris, et lance un appel : « Marchons enfants ! »

Tous les Français sont appelés à se mobiliser « contre la révolution de la filiation et de la reproduction » qui va priver délibérément des enfants de père.

Albéric Dumont, le vice-président de la Manif pour tous, en explique les enjeux au micro de Boulevard Voltaire.


La Manif Pour Tous va manifester le 6 octobre à Paris pour protester contre la légalisation de la PMA sans père et de la GPA.
Pourquoi avoir choisi cette date et redescendre dans la rue ?

La Manif Pour Tous et d’autres associations se sont coordonnées pour donner rendez-vous le 6 octobre prochain à Paris. Cette grande manifestation sera placée sous une bannière commune et unitaire « Marchons Enfants ».
Cette manifestation est un enjeu clé de cette période politique. A ce moment-là, une loi autorisant de priver délibérément un enfant de son père sera discutée à l’Assemblée nationale et au Sénat. Cela s’inscrit dans le cadre de l’élargissement de la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de femmes.

Les Manif Pour Tous avaient rassemblé environ un million de personnes.
Cela n’avait néanmoins pas suffi puisque le mariage pour tous avait été légalisé.
Craignez-vous une nouvelle défaite ?

Il peut y avoir un effet déceptif. Les manifestations de l’année 2013 ont été les plus grands rassemblements de l’Histoire de la Ve République. Ils n’ont pas obtenu l’effet escompté puisque le texte du mariage pour tous a été voté. En revanche, il ne faut pas oublier que dès le lendemain des manifestations, nous avons obtenu le retrait de la loi famille, la PMA sans père devait être votée et a été repoussée ainsi que la gestation pour autrui dont il était déjà question à l’époque, se révèle qu’à partir de maintenant. Il y a quand même eu des victoires.
N’oublions pas qu’à l’époque, le collectif partait de nulle part. C’était des citoyens qui avaient décidé de s’engager sans moyens, sans structure et sans réseaux.
Aujourd’hui, la donne est complètement différente. Les Français sont informés de ce sujet depuis plusieurs années. Le réseau existe. Toutes les associations présentes ont décidé d’être co-organisatrices. On peut vraiment compter sur un nouvel élan qui va étonner les observateurs de la vie politique en termes d’effet de masse.

L’UMP vous avait le plus soutenu à l’époque des Manif Pour Tous. Ce parti a aujourd’hui décrété qu’il ne voulait surtout pas faire le match retour de la Manif Pour Tous.
Ne craignez-vous pas une diversion politique ?

Heureusement qu’on n’a pas attendu nos hommes politiques pour manifester et exprimer notre point de vue.
Contrairement à 2013, il y a une reconfiguration totale de l’espace politique partisan.
Il n’y a plus un parti qui est vent debout contre un texte, mais des divisions au sein de tous les partis sont visibles. Ces divisions internes sont visibles aussi bien à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche en passant par les Républicains et la République En Marche.
C’est justement l’occasion pour l’ensemble des partis de faire acte de leur conviction en clarifiant la façon dont ils se positionnent sur ce texte ».
C’est une manière d’impliquer la classe politique et d’informer nos sympathisants et leurs électeurs des choix que feront les uns et les autres.

Pourquoi avoir choisi cette dénomination ?

Nous avons choisi « Marchons Enfants » pour la simple et bonne raison que notre cause est l’intérêt supérieur de l’enfant. Aujourd’hui, le désir des adultes prime de manière absolue : « J’ai le désir d’avoir un enfant, donc j’ai le droit à un enfant ». Nous luttons contre cela.
Nous voulons nous mettre à la place de cet enfant à qui on va, de manière choisie, le priver de père pour toute sa vie. C’était logique de mettre l’enfant au coeur de notre revendication. On notera bien sûr le clin d’oeil. La grande mode est d’être en marche, alors nous marcherons pour les enfants sur le pavé parisien.

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