Editoriaux - International - Société - 16 octobre 2019

Air Canada interdit le « Mesdames et Messieurs » à son personnel

Au mépris de la réglementation qui permet au citoyen canadien d’opter pour le genre « X », le personnel de bord de la compagnie Air Canada continuait, comme si de rien n’était, à s’adresser aux passagers en utilisant la formule « Mesdames, Messieurs ». Pour les « X » présents dans l’avion, le coup était rude. « Je ne suis pas celle que vous croyez », rétorquait l’un, « Qu’est ce qui vous permet de dire que je suis une passagère ? » disait une autre. Bref, la confusion régnait dans la carlingue. Les nerfs à vif, l’improbable non-genré présent dans l’un des fauteuils avalait comprimé sur comprimé. Il fallait tenir jusqu’à destination. Ne pas craquer. « Monsieur prendra bien une coupe de champagne ? » Le coup de grâce était parfois assené à 9.000 mètres d’altitude alors que la pauvre victime était prise au piège de réflexes archaïques.

Consciente de la souffrance engendrée par ces annonces intempestives, la direction de la compagnie a dit « stop ». Il suffit. Assez de plaintes et d’évanouissements, il n’y a plus de mesdames et plus de messieurs qui tiennent, le personnel devra faire preuve d’imagination et utiliser, par exemple, l’expression « tout le monde ». « Bonjour, tout l’monde ! » ou autre chose. Allez, on innove ! « Bonjour les colis ! » Sur un autre vol : « Bienvenue à tous ! » Oups. La boulette. Excuses du commandant. Allez, on recommence : « Bienvenue à tout ! »

La mesure est justifiée par la compagnie au travers d’un communiqué rédigé dans un novlangue impeccable : « …dans le cadre de notre engagement de respecter l’identité sexuelle, la diversité et l’inclusion ». Le tiercé dans l’ordre.

L’avenir d’Air Canada consistera en une offre de charters par genre. Des vols réservés aux femmes, d’autres aux hommes et, de temps en temps, si la météo le permet, un voyage à bord d’un jet trois places pour les quelques hurluberlus classés « X » susceptibles d’être heurtés par le « Messieurs Dames ». Il n’y a aucune raison de négliger 0,001 % de la population. De la même manière, il a été remarqué qu’Air Canada n’hésitait pas à vendre des billets à des personnes hostiles à l’emplumé Justin Trudeau. Informé de cette incongruité, le passager classé « bobo » sombre alors dans une crise d’épilepsie qui engendre des retards considérables.

Dans la série soumission aux diktats de la bien-pensance, « tout est possible, tout est réalisable ». Il ne manque plus que Chevallier et Laspalès aux commandes de l’Airbus A320 pour donner aux vols d’Air Canada une ambiance en adéquation avec ses impératifs.

Une question demeure, toutefois : s’agit-il d’une soumission ou d’une hystérie collective ? « Les deux, mon commandant », répond l’hôtesse qui ne se sait même plus à quel genre elle appartient. « Je ne sais plus comment me parler à moi-même, capitaine », dit-elle avant de s’effondrer en larmes. Et puis, au comble de la colère : « Les « X », sortez de cet appareil ! Vous nous les brisez ! »

Après tout, il n’y a pas que les avions qui ont le droit d’être « à réaction ».

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