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Editoriaux - Société - 22 avril 2020

Ah ! Le bureau à l’ancienne…

Se pourrait-il que cette épidémie nous ramène à un certain confort de vie, que beaucoup ont connu dans « l’ancien monde » ? L’époque où, quand on allait au bureau, on allait à son bureau ? Une pièce que l’on partageait parfois avec un ou deux collègues, mais avec un meuble personnel où on mettait ses petites affaires, un philodendron et la photo des ses enfants. Parfois même (horresco referens !), on pouvait y entrouvrir la fenêtre pour se fumer une petite cigarette…

Heureusement, dans les grandes entreprises, ces abominables pratiques individualistes furent balayées par les open space à l’anglo-saxonne : de vastes plateaux décloisonnés où les salariés, comme des vaches en stabulation, pouvaient en levant la tête voir ruminer tous leurs égaux. Belle économie de place pour l’employeur.

Pour les coups de téléphone personnels et les tripotages nasaux, c’était un peu gênant, mais enfin… on avait encore son écran et son mètre carré personnels.

Puis on fit mieux encore avec le flex office, où l’on n’a même plus de place attribuée. Au fur et à mesure de son arrivée sur le plateau totalement nu, on branche à n’importe quelle place son ordinateur sur une prise informatique, on tape son code personnel et c’est parti…

Avec la fin du confinement, il va falloir repenser tout ça pour les 18 % de salariés français qui travaillent sur des plateaux sans cloisons, le plus souvent avec une climatisation par ailleurs assez suspecte de favoriser la diffusion des micro-gouttelettes contaminantes. D’abord les espacer, puis les séparer à nouveau par des cloisons ; limiter le nombre de personnes dans les ascenseurs ; allonger les plages horaires dans les restaurants d’entreprise pour éviter qu’il y ait trop de monde en même temps, etc.

À côté des classiques DRH, le nouveau métier de CHO (« chief happiness officer ») a donc du pain sur la planche pour entamer les discussions avec les syndicats…

Allez… encore un effort et les écologistes redécouvriront que plutôt que de s’entasser dans les transports en commun, l’automobile était le meilleur moyen de transport à confinement individuel et à « distanciation sociale ».

Si la santé des Français passe avant tout, ne serait-ce pas l’heure de rouvrir les voies sur berges et de doubler le périphérique ?

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