Chouette, le Salon de l’agriculture ouvre ses portes samedi ! On va pouvoir admirer les animaux de la ferme, humer les senteurs propres à la campagne, goûter et apprécier les produits du terroir, bref, on va avoir l’occasion de voyager en nous rendant… à , porte de Versailles.

Indubitablement, cette édition 2020, comme les éditions précédentes, sera un succès populaire.

Mais le Salon de l’agriculture est le lieu de la plus grande hypocrisie des politiques, c’est l’endroit où il faut passer aux veilles d’élections, car y tâter le popotin des vaches permet de démontrer au bon peuple sa proximité avec lui.

On va faire le kéké au salon et dire notre amour pour les terroirs alors qu’on sait que, chaque jour, un agriculteur se suicide, dans l’indifférence totale. « C’est la catégorie socioprofessionnelle la plus à risque : la surmortalité par suicide chez les agriculteurs est 20 à 30 % supérieure à la moyenne de la population », rappelle France Bleu. Or, ils n’ont droit à aucune reconnaissance et sont ignorés par ceux-là mêmes qui iront fanfaronner dans les allées du Salon.

Les écologistes militants sont devenus les meilleurs ennemis de l’agriculture traditionnelle, ils usent de leur pouvoir dans les lobbys pour restreindre les moyens des agriculteurs, au nom de la protection de l’environnement, comme si le dérèglement climatique était causé par l’éleveur en Charente…

Comme si, depuis des siècles, nos paysans avaient intérêt à ce que leur outil de travail se détériore. Ils n’ont pas attendu les pour protéger la terre, leur terre, souvent héritée depuis plusieurs générations.

L’agribashing est devenu le nouveau mantra du bobo parisien, installé dans un café, place des Abbesses, palpant son iPhone fabriqué en Chine avec des métaux rares importés d’Afrique, dans des conditions dont le hipster se fiche complètement. Car, pour lui, le plus important est de dénigrer le paysan, c’est tellement plus facile.

Cet agribashing est matérialisé par, d’un côté, certaines associations comme CIWF et L214, mais aussi les antispécistes manipulant l’opinion avec des vidéos à charge contre des pratiques marginales, de l’autre côté, les politiciens multipliant les arrêtés pour [soi-disant] défendre la Terre. Tout cela est devenu intenable pour un secteur qui, depuis le début des années 70, fait d’énormes efforts afin d’adapter ses pratiques aux enjeux de préservation de la Terre.

Il faut, ici, rappeler que la France est la première puissance agricole en Europe, avec une production estimée à 73 milliards d’euros en 2018, selon les données de l’INSEE-Agreste. Pourtant, le nombre d’agriculteurs est en chute, « moins de 1 % de la population », comme le rappelle Le Point.

C’est donc la preuve que, malgré les humiliations, les harcèlements, malgré les obligations de respect de normes souvent abracadabrantesques, malgré la hausse de leurs charges avec, pour conséquence, la baisse de leurs revenus, malgré toutes les pressions, les agriculteurs font le job.

Même si, en 2019, avec une projection à 5,9 % (selon l’INSEE), la contribution du secteur agricole dans le PIB de la France a baissé, on ne peut oublier qu’elle a connu, les années auparavant, une courbe exponentielle, atteignant 7 % en 2018.

La considération et le respect pour le monde agricole doit aller au-delà du Salon de l’agriculture, nous devons tous avoir la volonté de défendre ce secteur et crier à ces braves gens qui nous nourrissent :

Agriculteurs, les Français vous aiment !

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