« S’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal. » Voici la réponse d’ quand on lui parle de scandale d’État à propos de l’affaire . Une façon de botter en touche et de jeter un écran de fumée sur les millions d’euros perçus par les cabinets de conseil, notamment McKinsey, durant son quinquennat. Invité de « Dimanche en politique », sur France 3, le Président-candidat était visiblement énervé lorsqu’il a été interrogé sur cette affaire.

Pour se défendre, le Président-candidat n’a pas hésité à enfoncer les portes ouvertes : « Aucun contrat n’est passé dans la République sans qu’il respecte la règle des marchés publics. » Heureusement, est-on tenté de dire, il ne manquerait plus que ça ! Et d’ajouter : « Mise en concurrence, transparence, responsabilités de celles et ceux qui signent. » Comme ce n’est pas lui qui signe et qu’il est constitutionnellement irresponsable, traduire : « Ce n’est pas la peine de venir me chercher. » Tiens, d’ailleurs, sa phrase « Que ça aille au pénal », du ton provocateur qu’on lui connaît, n’est pas sans nous en rappeler une autre, au temps de l’affaire Benalla, reléguée aujourd’hui au rang d’histoire ancienne qui n’intéresse plus personne. C’est légal, donc, il n’y a rien à dire. Argument qui nous rappelle une autre affaire touchant aussi la Macronie : celle des Mutuelles de Bretagne avec Richard Ferrand – là aussi, une histoire qui remonte à l’Antiquité, le monde tournant tellement vite, vous savez. Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, avait déclaré, en mai 2017 (la période bleue du règne) : « Une chose est sûre : il n’y a rien d’illégal, il n’y a rien qui ne serait pas moral. » En déroutant le problème sur le plan strictement juridique, jette son premier fumigène sur cette affaire McKinsey.

Le deuxième fumigène (rappelons qu’un fumigène a pour fonction d’enfumer) lancé par le candidat-Président est d’affirmer que cet appel à des cabinets de conseil n’a rien de nouveau et qu’on ferait bien d’aller voir ce qui s’est fait avant. « Je ne suis pas persuadé que, sous ce quinquennat, il y a eu moins [ a voulu dire « plus ». Lapsus révélateur ?] de contrats que sous certains autres, y compris de ceux qui nous attaquent aujourd’hui. » Suivez mon regard… Notons que le chef de l’État dit « Je ne suis pas persuadé que » et non « J’ai la certitude… » Manque de chance, le rapport du Sénat, rendu le 17 mars, affirme que les contrats avec ces cabinets avaient plus que doublé entre 2018 et 2021. 2021 serait une année record : un milliard d’euros ! Soit, pour donner quelques éléments de comparaison, en gros, le quart du budget du ministère de la Culture ou encore l’équivalent (à cent millions d’euros près…) des économies attendues de la réforme des APL, comme l’avait claironné Emmanuelle Wargon devant le Sénat, en novembre 2021. Tiens, d’ailleurs, il paraît que cette réforme avait été concoctée par McKinsey. Rien ne se perd, tout se transforme ! Mais soyons honnêtes, ce cabinet n’a empoché « que » 3,88 millions d’euros pour concocter cette réforme. Une paille au regard des économies escomptées en faisant les poches de ceux qui bénéficient de cette allocation.

Troisième fumigène d’ : c’était la guerre (du Covid). Désormais un grand classique. « Quand tout le monde est sur le pont », que ça dormait sur des lits de camp dans les bureaux des ministères, il a fallu faire appel à du renfort, à toutes les compétences, à toutes les bonnes volontés, aussi. Et d’évoquer l’appel aux réservistes, aux bénévoles, histoire de faire pleurer dans les chaumières. Mettre dans le même élan solidaire les cabinets de conseil, les réservistes et les bénévoles dont le coût de prestation devait être un tantinet plus bas, il fallait oser. Il a osé !

Quatrième et dernier fumigène : n’a pas payé l’impôt sur les sociétés ? « Je me bats depuis le début de mon mandat pour que toutes les entreprises qui travaillent en France, qui font des bénéfices en France, payent l’impôt. » « Mais ce n’est pas le cas visiblement », ose avancer le journaliste qui frôle le crime de lèse-majesté. Réponse à tout : « Mais non, parce que les règles n’étaient pas celles-ci... » Je me suis battu à l’international, avec Trump, ça n’a pas pu se faire (évidemment !), avec Biden, on a pu (re-évidemment !). Et, brochant sur le tout : « L’Europe est en train de le transcrire » [ce changement de règles]. Chapeau l’artiste !

7432 vues

28 mars 2022

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • Les liens sont interdits.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement !

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

67 commentaires

  1. encore quelques jours … et ce guignol sera sans doute renvoyé dans les poubelles de l’histoire

  2. Et oui, il a raison, il faut aller au pénal, on aimerai bien connaître les agissements de Macron dans de nombreuses affaires louches depuis 2012, nous avons affaire à un ancien banquier dans le regroupement d’entreprises, un milieu qui n’est pas celui d’enfants de coeur et qui doit surtout rapporter à la banque. Dans tous les cas, élu ou non (je ne souhaite que ça) il faudra qu’un jour il rende des comptes et le plus tôt sera la mieux.

  3. Aurait-il enfin compris que les ressorts placés sous son siège sont en train de se renforcer et qu’ils ne vont pas tarder à se détendre.
    Il ne va pas tarder à se retrouver coller au plafond .

  4. Le portrait de l’individu est conforme à son statut de psychopathe : ce qu’il est vraiment : méprisant, insultant, imbu de lui-même, une caricature d’inhumanité, aucune empathie n’émane de ce personnage qui surjoue les élans du coeur dont on se demande s’il n’a pas une prothèse à la place.

  5. L’art de détourner le propos. Il ne s’agit pas de malversation, mais d’incompétence. Comme il n’aime pas la France et les français, il n’aime pas non plus les fonctionnaires qui servent la France. De juteuses théories de conseils privés sont pour Macron plus crédibles, plus modernes, plus fiables. Cet individu est à vomir…

  6. Ce mythomane serait à 30% d’intentions de vote dans les sondages au 1er tour ?
    Allons….avec le logiciel Dominion, peut-être. Mais en toute transparence et en parfaite légalité, je n’y crois pas. J’espère que l’opposition va dépêcher du personnel dans chaque circonscription pour contrôler la sincérité du scrutin.

Les commentaires sont fermés.

  Commenter via mon compte Facebook

  Commenter via mon compte Twitter