Comme toute polémique, celle qui s'étire depuis vendredi agit comme un puissant révélateur. D'abord révélateur des méthodes de la gauche LFI : mensonge, dramatisation, victimisation, généralisation, diabolisation de l'adversaire politique. Or, dans le cas des propos de , il n'y avait pas photo, depuis le début : il n'avait pas proféré d'insulte raciste à l'égard de son collègue. Ce qu'a reconnu le bureau de l'Assemblée, tout en le condamnant très illogiquement à la sanction la plus forte. Pour du tumulte ou du désordre créé par le groupe LFI. Les suiveurs de LFI n'ont donc aucune excuse : la vérité était sur la table dès le début.

Révélateur, aussi, du pouvoir d'attraction de cette gauche pour la majorité macroniste, quand ça l'arrange. Et ne parlons pas des suiveurs LR. En voulant redessiner le camp du bien avec des ciseaux mélenchonistes et se refaire ainsi la cerise, la gauche, la majorité et l'essentiel des LR ont en fait tracé une frontière autrement intéressante que l'on croyait définitivement disparue des radars de la vie politique française : celle de la vérité et du mensonge. Rien que ça. Et aussi du courage : celui de reconnaître cette vérité et de ne pas hurler avec la meute mélenchonniste.

Il est donc particulièrement éclairant de voir quelles sont les voix qui se sont élevées pour dénoncer la « fake news » sur laquelle LFI a construit sa manipulation ou, tout ou moins, pour émettre des doutes sur cet emballement et ses conséquences. Chez les LR, le compte a été assez vite fait par Gabrielle Cluzel : pas besoin d'un long tweet pour égrener les quelques noms.

À gauche, c'est qui s'est livré à une explication de texte basique pour ses amis en montrant qu'il s'agissait d'une opinion politique et non d'une insulte raciste. Il a clairement trouvé la sanction du bureau de l'Assemblée injustifiée. Même s'il a, par la suite, déploré la reprise de son fil par « la fachosphère », il n'est pas revenu sur son analyse.

Mais est bien seul dans son décodage et si l'unanimité du camp politique qui a condamné à tort est en train de se lézarder, on soulignera que la presse, surtout celle qui se piquait de décodage et de chasse aux « fake news », du Monde à Libération, ignore délibérément le fait - la « fake » injure raciste - pour continuer à dérouler le tapis rouge au récit LFI. Le poste de décodeur est visiblement devenu un métier en tension dans la presse française.

Mais en Macronie non plus, qui a suivi ses chefs, et d'abord le premier, le chef de l'État, qui s'était immédiatement dit « heurté » et la présidente de l'Assemblée elle-même, aucune once d'esprit critique ? De décodage ? De rétropédalage ? Aucune conscience que la manipulation est grossière et que suivre les Insoumis dans leurs outrances et leurs mensonges risquait de leur nuire ? Non, pas de Bellamy ni de Viktorovitch dans le camp présidentiel.

Seulement des fuites sur Twitter. Des indiscrétions du célèbre Nils Wilcke, qui n'a par ailleurs guère goûté l'honnêteté intellectuelle de Viktorovitch. Et il paraîtrait donc que la Macronie se demanderait comment sortir de ce coup raté, redoutant qu'il ne s'avère contre-productif.

Si cherchait un incident à l'Assemblée pour dissoudre, puisque c'est son obsession selon le JDD, il lui faudra chercher autre chose que cette manipulation qui fait pschitt. Et qui lui revient en boomerang : le même JDD publie, ce dimanche, un sondage montrant qu'en cas d'élections législatives anticipées maintenant, seul le RN progresserait, de 19 à 21 %.

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6 novembre 2022

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31 commentaires

  1. Le Chef de l’Etat n’a pas le droit d’entrer à l’Assemblée nationale et donc pas le droit de faire des commentaires sur ce qui s’y dit, qui plus est, avant toute enquête !
    Si le Président dissout, nous revoterons pour des législatives. Qui nous dit que Jordan Bardella n’acceptera pas l’union des droites avec Zemmour, lequel y a toujours été favorable ? Ce serait un coup génial.

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