« Ta chicha et ta musique, on n’en veut pas » : la mairie RN d’Agde face à la meute « antiraciste »

Une affiche ayant pour but de lutter contre les incivilités à la plage fait polémique.
Capture d'écran policeetrealites.com
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Qui n’a jamais connu le voisin de plage insupportable qui écoute sur une enceinte sa musique, de mauvais goût, comme s’il était seul au monde ? Ce qui vaut en bord de mer existe tout autant sur une piste de ski ou dans le métro. Lutter contre ce type d’incivilités, voilà la volonté de la mairie RN d’Agde. Dans sa nouvelle campagne d’affichage pour tenter de faire revenir un peu de bon sens et réapprendre le savoir-vivre à ses administrés, la commune héraultaise, a décidé de prendre le taureau par les cornes. "Ta chicha et ta musique, on n'en veut pas, nos vacances tu les respectes" : voilà un des slogans que les habitants pouvaient lire sur les panneaux d’affichage de la ville en ce mois de juillet. Pouvaient car, face à la meute, la municipalité a été contrainte de reculer : la gauche et son lot d’associations ont jugé ces recommandations insultantes. Le député mélenchoniste, Raphaël Arnault, s’est, par exemple, empressé de d’assimiler cette campagne aux « politiques liberticides et racistes ». Dans le Midi Libre, le directeur général de SOS Racisme, Valentin Stèle, s’est insurgé : « Fidèlement à la communication du RN, l’affiche est très agressive et enfonce des portes ouvertes en insistant sur des délits qui sont déjà réprimés ».

Le « tu » qui tue

Mais c’est aussi l’emploi du pronom « tu » qui indispose ce parangon de mauvaise foi. « Utiliser le tutoiement envers des adultes est une forme d’agressivité. Ce n’est pas à la hauteur d’une institution publique qui doit de la dignité aux personnes à qui elle s’adresse.» Et de nous expliquer : « Avec ce type de communication, mentionnant un “tu” et un “nous”, le RN distingue des groupes alors que tous viennent dépenser le fruit de leurs économies ici pour les vacances. Le maire réussit la prouesse de mettre la société en tension à même la plage.»

Le visuel représentait trois hommes fumant le narguilé, avachis sur le sable, une grosse enceinte trônant au milieu des compères, et rappelait le coût du délit décidé par un arrêté municipal pris le 2 juillet : « amende jusqu’à 150 euros ». « Un attirail de clichés, selon Libération, ciblant des personnes jeunes et d’origine étrangère en apparence, soit une population déjà habituellement visée par les discriminations. ».

Le RN solidaire

« Les chiens aboient, la caravane passe ». Pour Manon Bouquin, députée mariniste de l’Hérault, « le racisme est dans les yeux de ceux qui assimilent des individus à ce type de comportement ». Auprès de BV, la parlementaire n’y voit qu’une polémique futile, dont « les professionnels de l’indignation font leur business », s’amusant quelque part de la « publicité » faite à l’action du maire RN Aurélien Lopez-Liguori. Ce dernier, désireux semble-t-il, d’apaiser la meute et de s’éviter un charivari « stérile », selon un mot, choisi pour BV, du député RN de la circonscription d'Agde, Bernard Chaumeil, a donc décidé de retirer l’affiche honnie par la gauche morale.

Dans un communiqué, la mairie a justifié son action par «une nouvelle dérive des comportements» constatée « au fil du temps » par les agents municipaux, qui a conduit à « réactualiser le fondement réglementaire par un nouvel arrêté ». Rien de nouveau sous le soleil puisqu’en 2014, le précédent maire UMP avait déjà pris un arrêté interdisant « sur ces plages les pipes à eau, narguilés et chichas » afin de « permettre aux CRS de mettre fin à des troubles à la tranquillité publique ». Bernard Chaumeil insiste : « la gauche voit du racisme partout ».

L’eurodéputée France Jamet s’amuse quant à elle, auprès de BV, des réactions des bienpensants, spécialistes des « politiques laxistes » en tous genres, jamais avare d’une contradiction.

Alors qu’on interdit les cigarettes sur les plages, il ne faudrait pas interdire la chicha ? Fichue fumée, même toi tu discrimines.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

Un commentaire

  1. La chicha doit être interdit, vu qu’il est interdit de fumer sur les plages, quand à la musique, le bienvivreensemble (mots collés pour éviter une éventuelle censure) doit être la norme, ceux qui s’y refusent doivent être expulsés. Tout cela démontre que la gauche est pour la bordelisation de la société…

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