Ce vendredi 8 décembre, les deux juges d’instruction en charge de l’« affaire » des assistants parlementaires du Front national ont décidé de renvoyer en correctionnelle le Rassemblement national en tant que personne morale ainsi que les 27 personnes mises en examen. Parmi ces 27 personnes, Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen et Wallerand de Saint-Just, l’ancien trésorier du parti, selon les informations de France Info, confirmées par le parquet de Paris. Le procès se déroulera entre le 30 septembre et le 27 novembre 2024.

Vingt-sept membres du RN sont soupçonnés d’avoir détourné des fonds de l’Union européenne entre 2004 et 2016 dans le but de verser un salaire aux assistants d’eurodéputés qui travaillaient en réalité pour le parti. Le Parlement a signalé à la Justice française les irrégularités probables dans le versement des salaires des assistants parlementaires. Une enquête a donc été ouverte en 2015. Après plusieurs refus de comparaître devant le juge, Marine Le Pen a été mise en examen en 2017 pour « abus de confiance » et « complicité » ». Ces poursuites ont été par la suite réévaluées en « détournement de fonds publics ». Constitué partie civile, le Parlement européen estime le montant des préjudices à 6,8 millions d’euros, entre 2009 et 2017.

Fin septembre, le parquet de Paris a donné suite à cette enquête en requérant le procès. Le Rassemblement national a fermement contesté sa culpabilité et celle de sa présidente lors des réquisitions. « Nous contestons formellement les accusations formulées contre nos députés européens et assistants parlementaires. […] Marine Le Pen n’a commis aucune infraction ni irrégularité dans l’emploi de ses assistants parlementaires, tant au regard du règlement du Parlement européen que de la loi française et des principes constitutionnels. »

Rappelons que deux autres partis sont concernés par des enquêtes analogues: le MoDem et LFI.

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08 décembre 2023 à 12:13

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