À la veille d’un Conseil européen sous haute tension, alors que l’Ukraine attend un signal favorable de l’Union européenne, Viktor Orbán a accordé un entretien au Point. Sa position quant à l'entrée de l'Ukraine dans l’Union européenne est claire : il est contre « pour deux raisons : premièrement parce qu’ils ne sont pas prêts à négocier. Deuxièmement parce que nous, Européens, ne sommes pas prêts à les accepter comme membres à part entière. »

Il précise son propos : « Je suis pour élever le niveau de notre coopération, mais cela ne signifie pas l’adhésion. » Une adhésion qui mettrait à bas, selon lui, la politique agricole commune. « L'Ukraine est un grand pays, avec une agriculture importante. Si vous laissez cette agriculture entrer dans le système agricole européen, elle le détruira le lendemain. Sans transformer notre système de subventions agricoles, nous ne pouvons pas les laisser entrer. Les conséquences seront terribles. »

Il justifie ses positions par une analyse de l'économie de l’Ukraine : « La Hongrie est un pays voisin de l’Ukraine. Quoi que pensent les gens à Paris, à Bruxelles et à La Haye, nous savons exactement ce qui se passe en Ukraine. Le rapport de la Commission européenne attestant que, sur sept conditions préalables, quatre seraient déjà remplies, est tout simplement faux. » Il poursuit : « L’Ukraine est connue pour être l’un des pays les plus corrompus du monde. Nous ne pouvons pas prendre la décision d’entamer un processus de négociations d’adhésion. »

Le Premier ministre hongrois annonce par ailleurs une future alliance politique avec Giorgia Meloni au Parlement européen. Et se dit confiant pour les prochaines élections européennes : « Je pense qu’il est raisonnable d’espérer qu’il y aura un changement après les élections pour les nouveaux arrivants. »

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08 décembre 2023 à 12:13

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