Accueil Editoriaux Do it yourself : fabrique toi-même ton agression policière raciste !

Do it yourself : fabrique toi-même ton agression policière raciste !

DIY. Do it yourself. Compte tenu, du contexte, l’acronyme anglo-saxon s’impose. Tricote toi-même ton agression policière raciste car, comme dit le dicton, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est le site actu17.fr qui le relate. La BAC a arrêté, dans le XVe arrondissement, trois hommes déguisés en faux policiers, le scénario était très élaboré et d’une grande complexité psychologique, digne d’une des meilleures séries télévisées françaises de l’été : intervenant pour un larcin commis par un Blanc dans un magasin, les policiers auraient laissé partir le voleur de type européen sans y prêter attention – sifflotant le nez en l’air ou se limant les ongles pour feindre de ne pas le voir – puis interpellé abruptement un homme noir parfaitement innocent quittant le magasin au même moment, l’idée étant évidemment de mettre cette fable flicophobe en ligne pour susciter le buzz que l’on imagine sur les réseaux sociaux. Que ce ne soit pas vrai n’est qu’un détail, puisque cela aurait pu l’être, n’est-ce pas ? All Cops Are Bastards, encore un acronyme venu d’outre-Atlantique. 

Si ce vrai-faux fait divers bricolé avait fonctionné, en délayant et en brodant un peu, France 2, quelques mois plus tard, aurait pu s’en inspirer pour une très belle histoire : on aurait introduit un personnage féminin – par exemple, une caissière, « racisée » de préférence et mère célibataire qui, faisant rempart de son corps, se serait interposée entre les policiers et leur victime. Elle-même, dans un épisode précédent, aurait fait l’objet d’un harcèlement éhonté de la part de son patron, petit bourgeois franchouillard, furieux d’être éconduit par ladite employée. Il aurait aussi refusé d’installer, parce que très radin et très méchant, une plaque en Plexiglas™ devant le tapis roulant – il faut bien faire rentrer au chausse-pied, actualité oblige, un peu de Covid-19 là-dedans -, provoquant par sa ladrerie sadique la contamination et le décès d’une collègue sexagénaire à deux mois de la retraite. Faisant irruption du rayon légumes, cet affreux bonhomme aurait intimé l’ordre à la courageuse jeune femme de reprendre son poste, tandis qu’il aurait enjoint les policiers à embarquer le brave Africain promis, dans la voiture, au même tragique sort qu’Adama Traoré.

Deux épisodes plus tard, un médecin – du genre grand bourgeois grisonnant à tropisme Manif pour tous – aurait signé un faux certificat médical concluant à l’innocence des affreux poulets – pour les remercier d’avoir fermé les yeux, par le passé, sur une turpitude sexuelle cachée -, avant de filer en week-end à l’île de Ré.

Et pour le rôle principal, on aurait (soyons fous) osé solliciter l’immense Omar Sy qui, pour une cause aussi noble et lui tenant tant à cœur, aurait sans doute consenti une ristourne sur son faramineux cachet.

On pourrait trouver cela comique si ce n’était pas si tragique. Cette tentative irresponsable d’utiliser cyniquement le meurtre de George Floyd pour susciter, en France, le même embrasement qu’aux États-Unis est criminelle. Mais, au moins, cette entreprise maladroite et voyante d’antifas pieds nickelés a-t-elle pu, par son amateurisme, être démontée et dénoncée… quand tant d’analogies, discrètes, sournoises, distillées par les people à l’instar d’Omar Sy ou par les politiques comme Jean-Luc Mélenchon, avancent dans les esprits, à pas feutrés.

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