L’hebdomadaire russe Novaïa Gazeta (Новая газета) a déclaré, le 1er avril 2017, qu’une centaine d’homosexuels seraient torturés en Tchétchénie dans des « prisons secrètes ». Le 16 mai, trois associations LGBT françaises ont déposé une « plainte pour génocide » contre Ramzan Kadyrov à la Cour pénale internationale. Signataire de la convention de Rome portant statut de la CPI, la Russie a demandé son retrait, mais celui-ci ne sera effectif qu’à partir de novembre 2017. Ainsi, le Parlement européen a déclaré que « c’est à la Russie et à son qu’incombe la responsabilité ultime d’enquêter sur ces actes ». Lors du débat, l’élue Ulrike Lunacek a renchéri en demandant aux deux pays de rappeler « haut et fort qu’être lesbienne, gay, bi, trans ou intersexe, ce n’est pas contre quelque tradition religieuse que ce soit ».

En revanche, qui oserait donner de tels conseils au Bangladesh ? Membre de l’ONU, il figure parmi les 172 signataires de la Déclaration universelle élaborée en 1948. Dans la note verbale relative à sa candidature au Conseil des droits de l’homme (2015-2017), les membres de la mission permanente déclarent que « le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales est profondément enraciné dans l’histoire et la société du Bangladesh ». Cependant, lorsque le Conseil s’est réuni en mars à Genève, le ministre de la bangladais a maintenu son refus de dépénaliser l’homosexualité, en affirmant : « Ces droits nous sont sûrement étrangers. Notre société n’est pas encore prête pour une telle libéralisation. »

En effet, les homosexuels et militants LGBT y sont persécutés depuis de nombreuses années. Le 20 mai, la police a arrêté 27 personnes qui risquent des poursuites à cause de leur orientation sexuelle.

Mais d’après le site Diplomatie.gouv.fr, le pays serait un « régime de démocratie parlementaire ». Plusieurs accords ont d’ailleurs été passés avec la République française. Le pénultième, en vigueur depuis 1989, entend « développer les échanges franco-bangladais dans les domaines de la culture, de l’éducation et de la communication ».

Or, de violentes crises politiques se succèdent, tandis que deux partis alternent au pouvoir, la Ligue Awami (বাংলাদেশ আওয়ামী লীগ) et le Bangladesh Nationalist Party (বাংলাদেশ জাতীয়তাবাদী দল). Malgré plusieurs attentats sanglants, Abdul Hamid (মোঃ আবদুল হামিদ) nie la présence de l’organisation État islamique sur son territoire et accuse le BNP de s’allier avec le premier parti islamiste du pays, Jamaat-e-Islami (جماعتِ اسلامی). En outre, les meurtres de militants LGBT revendiqués par Al-Qaïda (القاعدة‎‎) ne font pas grand bruit dans la presse. Sans doute sont-ils couverts par les hurlements poussés lors des sempiternelles « Deux Minutes de la Haine » envers le Goldstein du XXIe siècle, Vladimir Poutine (Влади́мир Пу́тин).

22 mai 2017

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