Ayoub El Khazzani, le « tueur » du Thalys était armé d’un fusil d’assaut AKM, d’un pistolet Lugger M80 9 millimètres parabellum et d’une petite bouteille d’essence. Ce ne sont pas des joujoux dont on apprend à se servir dans une pouponnière. Il avait certainement suivi un entraînement. Où ? On nous dit qu’il est passé en Syrie au cours des derniers mois. Sûrement pas du côté gouvernemental. Il ne pouvait être que du côté des djihadistes où il y a sans doute suivi un entraînement au maniement des armes.

Qui l’a entraîné ? Comte tenu de sa qualité de francophone, il est tout à fait possible que ce soit des conseillers militaires envoyés par notre gouvernement.

Depuis que le conflit syrien a éclaté, en 2011, la France envoie du côté des rebelles des armes et du matériel mais aussi des conseillers miliaires, voire des combattants. 28 d’entre eux avaient été faits prisonniers par l’armée syrienne dans la bataille de Homs.
La France a formé des combattants rebelles en Jordanie.
Combien de soldats français sont intervenus ? Des dizaines sûrement. Des centaines, peut-être.
Quelle était, quel est encore, car cela continue, leur statut ? Soldats de l’armée régulière ? Probablement pas. Militaires sous le couvert des services spéciaux, sans doute. Anciens soldats français recrutés comme mercenaires, c’est aussi possible. Mais cela ne change rien. S’ils étaient là, quel que soit leur statut, c’était sur décision du gouvernement français.
Celui de Sarkozy avait commencé. L’ancien président avait négocié et signé une trêve avec le gouvernement d’Assad, promettant de ne plus intervenir, en janvier 2012, ce qui lui avait permis de récupérer les prisonniers. Hollande, aussitôt élu, a repris l’aide aux rebelles, avec encore plus de détermination.

Laurent Fabius prétendra que notre appui va à des islamistes modérés ou des démocrates. C’est une absurdité. La fameuse Armée syrienne libre, prétendue démocratique, n’existe pas. La seule opposition militaire organisée au régime de Bachar el Assad est celle des djihadistes : Daesh ou Al Nosra. Il semble que ce soit plutôt ce dernier groupe que nous appuyons. Notre gouvernement prétendra qu’il s ‘agit du plus modéré: il y a quelques mois il portait le nom d’Al Qaida. Ce sont , si l’on peut dire, des « terroristes modérés » !

Quand le même ministre des affaires étrangères prétend que le régime d’Assad et les islamistes sont les deux faces d’une même médaille, imaginons pour mesurer l’absurdité du propos, qu’en 1936, on ait dit le même chose des franquistes et des républicains. Il y a certainement une majorité de Syriens qui ne veulent ni de la dictature, ni des djihadistes, mais ils sont absents du champ de bataille. La dictature d’Assad, très classique au demeurant, ni meilleure ni pire par exemple que celle de Sissi en Egypte, ne semble être devenue abominable qu’à partir du moment où on a trouvé d’énormes gisements de gaz en Syrie.

Comment ne pas voir l’imposture que représentent les déclarations de nos dirigeants – et d’une partie de l’opposition -, quand ils déclarent à faire une guerre totale au terrorisme, et que, en parallèle, ils apportent un soutien militaire important aux djihadistes de Syrie ?

C’est un jeune Français, volontairement resté dans l’anonymat, qui a donné l’alerte. Quatre militaires, américains et anglais, sont venus à la rescousse, ce qui a permis de maitriser le terroriste. On les a décorés, c’est très bien. Mais cette aide courageuse ne doit pas occulter le rôle particulièrement équivoque joué par les Etats-Unis dans les guerres de Syrie et d’Irak. Si Daesh n’est pas entièrement leur créature, comme certains l’affirment, ce mouvement, soutenu par l’Arabie saoudite et la , deux amis de Washington (comme le front Al Nosra est soutenu par le Qatar ) , n’aurait pas prospéré comme il l’a fait, sans la complicité , voire l’appui du gouvernement américain.
Il se peut qu’on n’ait jamais vu dans l’histoire récente une supercherie comme celle de gouvernements occidentaux menant une lutte bruyante contre les terroristes à domicile et soutenant en sous-main les mêmes terroristes au Proche-Orient.

4 septembre 2015

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