Culture - Editoriaux - Livres - 30 avril 2019

Livres : Châteaubriant, de Thierry Bouclier

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Avocat-fiscaliste à la cour de Bordeaux, né à Saint-Martin de Fontenay (Calvados), auteur d’une thèse sur L’impossible réforme de la fiscalité locale au XXe siècle soutenue en 1998 devant la faculté de Paris-Assas sous la direction du professeur Jean-Claude Martinez – dans laquelle l’auteur démontrait avec pertinence qu’il ne peut valablement exister de fiscalité locale autonome de la fiscalité de l’Etat puisque la grande majorité des collectivités locales ne dispose pas d’assiette économique suffisante pour asseoir ses impôts, ce qui rend leur réforme proprement artificielle et marginale –, Thierry Bouclier est un écrivain éclectique se montrant curieux de tout.

En attestent ses ouvrages courant d’une biographie de référence sur Tixier-Vignancour (Rémi Perrin, 2003) à l’essai historique (Les années Poujade : Une histoire du poujadisme (1953-1958), La République amnésique, tous deux chez Rémi Perrin en 2006 et 2008), voire, récemment, jusqu’au roman policier (Le Dernier des occupants, Auda Isarn, 2018, expressément inspiré du Dernier des Mohicans de Fenimore Cooper). Mais convenons que c’est le genre biographique qui lui sied le mieux. Ainsi, après avoir consacré un passionnant opus à A.D.G (Pardès, 2017), revient-il, pour le même éditeur, augmentant le fonds déjà amplement fourni de sa prestigieuse collection « Qui Suis-Je ? », avec un Châteaubriant aussi inattendu que bienvenu.

Notre essayiste, conscient du déficit de notoriété du sujet de son étude éclipsé par une surplombante et écrasante homonymie interroge : « à la question ‘‘Connaissez-vous Châteaubriant ?’’, la réponse est pratiquement toujours la même : ‘‘Naturellement, l’auteur des Mémoires d’outre-tombe’’. Réponse instantanée, mais néanmoins inexacte. Le patronyme du premier se termine par un ‘‘t’’, celui du second, par un ‘‘d’’. Châteaubriant a pour prénom Alphonse et Châteaubriand, François-René. Ils n’ont aucun lien de parenté. (…) Un siècle les sépare. L’écrivain du XIXe siècle est effectivement connu pour ses Mémoires d’outre-tombe, celui du XXe pour Monsieur des Lourdines et La Brière. Autre différence notable, ajoute encore Bouclier, tout le monde, ou presque, connaît Châteaubriand, tout le monde, ou presque, a oublié Châteaubriant ».

C’est dire que son portrait aussi dense que richement illustré – grâce au fonds iconographique mis gracieusement à disposition de l’auteur par le petit-fils de Châteaubriant –, une coruscante première – après celle de Maugendre parue en 1977 chez André Bonne – sur ce réprouvé de la république des lettres, est amenée à faire date. Chevalier de la légion d’honneur en 1925, ami indéfectible – nonobstant leurs antagonismes idéologiques – du communiste Romain Rolland, mais surtout, récipiendaire du Goncourt en 1911 pour Monsieur des Lourdines, de celui de l’Académie française pour sa charnelle et tragique La Brière, ce hobereau celte de lointaine ascendance batave né près de Rennes le 25 mars 1877, socialiste et dreyfusard, païen enraciné autant que chrétien mystique, médiéval antimoderne, poète des forêts, des sentes, des garennes, et des bocages, cet écrivain sylvestre et tellurique – qui n’est pas sans évoquer La Varende, Péguy, Deltheil ou Vincenot – s’immolera dévotement aux feux ensorcelants et dévorants de la longue et éprouvante Walpurgisnacht hitlérienne.

La Gerbe des forces publiée en 1937 consacrera, en effet, l’avènement du second Châteaubriant tout entier acquis à la cause du national-socialisme dépeint, pour l’occasion, comme « un jaillissement religieux, (…) l’apparition humaine d’un recommencement de l’œuvre de Dieu ». La voie était ouverte à la Collaboration à laquelle il se donnera corps et âme. De l’hebdomadaire collaborationniste La Gerbe qu’il fondera dès 1940, au Groupe Collaboration dont il prendra la direction en 1941, en passant par le Comité d’honneur de la LVF, Châteaubriant accédera au rang d’écrivain maudit et se condamnera à la fuite, à l’exil et à l’ostracisme jusqu’à sa condamnation par contumace en 1948. Le 2 mai 1951, il meurt dans le Tyrol autrichien . Avant de sombrer dans l’oubli.

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