L’artiste antifa Lauzie cible les abonnés de Vincent Lapierre
Après le rappeur Soli, qui mettait en scène l'exécution et le lynchage de Jordan Bardella, c'est au tour de l'artiste Lauzie de commettre ce qui pourrait s'apparenter à un appel au meurtre contre des militants de droite.
Dans un clip de l'artiste antifa Lauzie, un personnage aime un reel de Vincent Lapierre puis se fait tirer dessus. pic.twitter.com/OCPccnk7Ul
— Jean Bexon (@jean_bexon) September 14, 2026
Dans son clip qui accompagne son morceau Banc public, un personnage au look BCBG aime un reel de Vincent Lapierre. La seconde d'après, Lauzie tire dans la tête et par derrière sur l'internaute. Les paroles qui accompagnent ces images évoquent explicitement un meurtre contre les personnes se définissant comme apolitiques. « Toi, tu veux pas prendre partie, on sait d'quel camp tu es/En gros du camp des gros racelards, du camp de ceux qu'il faut tuer », déclame la rappeuse. Un drapeau de l'action antifasciste est agité durant le morceau.
Le réalisateur du clip, Adrien Marcel, a livré son approche artistique dans un communiqué.
« Nous ne tirons pas sur un homme mais sur une idéologie. C'est le fascisme que nous désignons : son racisme, sa misogynie - bien présente dans cette vague de haine - et tout ce qu'il véhicule », explique-t-il.
Celui-ci estime que l'esthétique « cartoonesque » récuse toute apologie de crime : « Le plan des paillettes et du papillon est évidemment une métaphore symbolique, et non un appel au meurtre. L'absence de réalisme dans cette séquence est précisément là pour le rappeler : le papillon n'est pas une balle, les paillettes ne sont pas du sang. Ce sont des signes. »
Une justification qui entre en contradiction avec les propos tenus par Lauzie elle-même dans une story éphémère. Celle-ci déclare que son équipe a eu initialement pour idée de représenter un « vrai shoot dans la tête » (sic), à savoir une exécution la plus réaliste possible dans le clip. Cette story a été très rapidement supprimée par Lauzie.
La rappeuse antifa Lauzie, dans une story depuis supprimée, avoue "qu'à la base, [s]on équipe voulait faire un vrai shoot dans la tête".pic.twitter.com/OXnB19GtSt
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) September 15, 2026
Le clip en question a choqué de nombreux internautes ainsi que la Ligue des libertés, qui a effectué un signalement auprès du procureur. L'association estime que « le montage (du clip) semble précisément établir un lien entre l'expression d'une approbation à l'égard d'un contenu journalistique (le reel de Vincent Lapierre) et la violence exercée immédiatement après contre celui qui l'a manifestée ».
« La pression s'accroît sur le terrain »
Guilhem Carayon, qui a rédigé la plainte au nom de la Ligue des libertés, commente, auprès de BV : « L'extrême gauche cultive depuis des années une conception du débat où l'adversaire devient un ennemi, puis une cible. Le vocabulaire de la "lutte", de la "résistance" et du "fascisme" fournit la justification morale de la violence. Désormais du meurtre. »
Avocat au barreau de Paris, le fondateur de la Ligue des libertés nous précise par ailleurs : « La liberté artistique est fondamentale. Elle n'est pas un blanc-seing. La loi française réprime notamment la provocation publique aux atteintes volontaires à la vie ainsi que l'apologie de tels crimes. »
Celui-ci conclut, pour BV : « Sous couvert de fiction et de création artistique, peut-on banaliser ainsi l'exécution de ceux qui pensent différemment ? La question n'a rien d'abstrait. Il y a un an, Charlie Kirk était assassiné par balle en pleine université alors qu'il participait à un débat politique. »
Vincent Lapierre, qui apparaît dans le clip de Lauzie, se réjouit de l'action menée par la Ligue des libertés.
Joint par BV, celui-ci déclare : « Je ne dis pas qu'un clip de fiction équivaut automatiquement à un appel au meurtre. Mais on peut quand même se demander ce que cela banalise, surtout dans le climat actuel. Là, on voit quelqu'un regarder une vidéo exprimant des opinions politiques considérées comme étant "d'extrême droite" par certains, et juste derrière, il est exécuté. »
Le reporter tout-terrain poursuit : « Je constate aussi que la pression s'accroît sur le terrain lorsque je vais faire des reportages. C'est aussi pour ça que je pense qu'on ne peut pas considérer ce type de mise en scène comme complètement anecdotique. »
Lauzie a, depuis, supprimé son clip vidéo de la plate-forme YouTube.
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