HLM : Marine Le Pen veut refonder un système à bout de souffle
Le logement social est devenu l’un des nouveaux thèmes de la campagne présidentielle grâce à Marine Le Pen. À Hénin-Beaumont, ce 13 septembre, la candidate a ainsi placé cette question parmi les grands chantiers de son éventuel quinquennat. La députée du Rassemblement national veut notamment abroger la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain, dite loi SRU, pour la « réinventer » et, notamment, appliquer la « priorité nationale » à l’accès au logement social, une proposition qui entend alors répondre à une crise bien réelle.
Une réforme qui vise d’abord la loi SRU
Adoptée le 13 décembre 2000, la loi SRU a profondément modifié la politique française du logement. Son article 55 impose notamment à certaines communes des grandes agglomérations de disposer d’une proportion minimale de logements sociaux. L’objectif, fixé selon les territoires à 20 ou 25 % des résidences principales, doit alors favoriser une répartition plus équilibrée du parc social. Les communes ne respectant pas leurs obligations peuvent être soumises à des prélèvements financiers. Marine Le Pen considère que ce mécanisme réduit excessivement la liberté des maires et produit une politique du logement trop administrative. À Hénin-Beaumont, elle a annoncé vouloir abroger « purement et simplement » la loi SRU, dénonçant notamment les pénalités infligées aux communes qui n’atteignent pas les objectifs fixés, mais aussi le clientélisme dans l’attribution des logements sociaux. Ce dernier désigne le fait qu’un élu puisse influencer l’attribution des logements sociaux pour favoriser des individus qui deviendraient ainsi un soutien politique.
Comme nous croyons à la liberté des maires et que la loi dite SRU n’a manifestement pas fait ses preuves, cette loi sera purement et simplement abrogée.
Il ne s’agit pas d’arrêter une politique sociale du logement, mais au contraire, grâce à la priorité nationale, de lui donner… pic.twitter.com/8GOiJvTWNU
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) September 13, 2026
Néanmoins, la disparition de la loi SRU ne signifierait pas la disparition des HLM et de la politique du logement. Marine Le Pen affirme, au contraire, vouloir « réinventer le logement social », estimant que « tout notre système est devenu un gigantesque gâchis, un grand empilement administratif qui a pour résultat d’empiler des humains, un parc immobilier qui aboutit au parcage, une machine à ghettoïser, un tonneau des Danaïdes où l’irresponsabilité règne au détriment des locataires eux-mêmes ». Selon elle, le système est devenu « coûteux, clientéliste, injuste et rigide ». Elle estime surtout que le logement social ne remplit plus suffisamment sa fonction première, celle d’aider les familles françaises confrontées à des difficultés de logement, et défend donc une « priorité » accordée aux Français.
D’une œuvre philanthropique aux HLM
Le logement social n’est pourtant pas né avec la loi SRU. Ses racines remontent au XIXe siècle, lorsque l’industrialisation et l’urbanisation font apparaître la question sociale : comment loger dignement les ouvriers dans des villes ? Dès la première moitié du XIXe, des industriels et des organisations philanthropiques commencent à construire des logements destinés aux travailleurs. La loi du 13 avril 1850 donne ensuite à la puissance publique de premiers moyens afin d’agir notamment contre l’insalubrité des logements. Mais c’est surtout la loi du 30 novembre 1894, dite loi Siegfried, qui donne un véritable cadre aux habitations à bon marché (HBM), avant que le mouvement ne prenne progressivement de l’ampleur. Après la Première Guerre mondiale, les textes se multiplieront encore et encore, permettant ainsi à l’État de devenir un acteur toujours plus important d’une politique qui était auparavant largement portée par le privé.
La véritable transformation intervient après la Seconde Guerre mondiale. La France doit reconstruire des villes détruites, répondre à l’exode rural et accompagner une croissance démographique rapide. La loi du 1er septembre 1948 réorganise ainsi le marché du logement et crée notamment l’allocation de logement. Deux ans plus tard, la loi du 21 juillet 1950 transforme officiellement les HBM en HLM. L’État engage alors une politique de construction massive. Le plan Courant de 1953 fixe l’objectif de 240.000 logements construits chaque année pendant cinq ans. Les grands ensembles apparaissent et se multiplient dans les années 1950 et 1960. Plus d’un tiers des logements sociaux encore en service aujourd’hui ont d’ailleurs été construits entre 1960 et 1975. Ce modèle permet de loger rapidement des millions de Français, mais certaines de ces cités concentreront progressivement pauvreté et communautarisme.
Un système arrivé à saturation
Aujourd’hui, le parc social français n’a jamais été aussi important, avec 5,4 millions de logements locatifs sociaux au 1er janvier 2025. Pourtant, la demande n’a jamais été aussi forte : 2,87 millions de ménages étaient en attente d’un logement social, au 30 juin 2025. Dans le même temps, la construction ne progresse pas au rythme nécessaire et les organismes HLM font face à des contraintes financières croissantes. Dans ces conditions, la question de la priorité devient inévitable. Ce qui est rare est précieux, telle est la loi du marché, et la citoyenneté française, l’exemplarité semblent être le prix à payer, pour Marine Le Pen. Le droit français prévoit déjà des catégories prioritaires. La candidate du RN entend ainsi juste y ajouter la nationalité, au nom de la priorité nationale. Dans une période marquée à la fois par la pénurie de logements, l’explosion de la demande et les contraintes budgétaires de l’État, le RN estime ainsi légitime que la solidarité financée par la collectivité bénéficie en priorité à ses propres citoyens. Cependant, bien des obstacles juridiques et politiques devront toutefois être affrontés pour mener cet objectif à son terme.
L’histoire des HBM et des HLM rappelle finalement que le logement social est né pour répondre à une pénurie et protéger les populations les plus modestes. S’il est devenu aujourd’hui coûteux et clientéliste, il y a urgence à le repenser.
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2 commentaires
Si vous étiez petite souris en commission d’attribution des dits logements vous comprendriez pourquoi on en arrivé là ou on en est aujourd’hui. Et maintenant je ne vois pas bien comment envoyer un français dans une cité hlm musulmane
Faire comme les pays asiatiques ou du golfe .
Les employeurs doivent loger leurs employés étranger par des subventions ou leurs fournissant un logis.
Quand aux étrangers qui ne travaillent pas .
Qu’ils se logent a leurs frais.