Budget : Marine le Pen met la pression sur Lecornu et le prend au mot
Cette année, le Rassemblement national avait choisi Le Touquet, pour la rentrée de ses parlementaires. Tout un symbole ! Lieu de villégiature d'Emmanuel Macron mais aussi commune du Pas-de-Calais, département d'élection historique de Marine Le Pen. Hénin-Beaumont n'est pas si loin, même s'il y a un monde entre les villas cossues et les corons. La distance entre ces deux mondes, c'est justement l'itinéraire de la conquête du pouvoir. Une pierre dans le jardin de Macron - Monsieur 1.500 milliards de dette - et un discours adressé à l'électorat soucieux d'économie (et d'économies) et anxieux de la situation budgétaire : tel était le sens de la prise de parole très calibrée de Marine Le Pen, ce samedi.
Marine Le Pen prend Lecornu au mot sur le budget
Une pierre dans le jardin du Touquet, donc, mais un menhir dans celui de Matignon, car tout le propos de Marine Le Pen était une réponse à la lettre du Premier ministre du 22 août dernier, exigeant l'adoption d'un budget pour 2027 sous peine de « désordre ». La candidate à l'Élysée a, d'emblée, flairé le piège de l'irresponsabilité tendu par Lecornu si jamais son budget n'était pas adopté. « Le Premier ministre va rapidement se rendre compte que le procès en irresponsabilité qu’il veut intenter aux oppositions, et en particulier au Rassemblement National, ne fonctionnera pas », assène-t-elle, calmement.
🗣 @MLP_officiel « Le Premier ministre va rapidement se rendre compte que le procès en irresponsabilité qu’il veut intenter aux oppositions, et en particulier au Rassemblement National, ne fonctionnera pas.
Au contraire, il doit aller au bout de son raisonnement : c’est au… pic.twitter.com/v8GtUxyBrP
— Groupe Rassemblement National (@groupeRN_off) September 12, 2026
Et elle le prend au mot : dans sa lettre, le Premier ministre proposait l'idée d'un budget « réversible » par le vainqueur de la prochaine présidentielle. Autrement dit, que le futur Président n'aurait pas les mains liées par le dernier budget macroniste. Elle lui a répondu : chiche ! Et ce faisant, elle gagne sur trois tableaux. D'abord, elle se pose en leader d'une opposition responsable (par contraste avec LFI), marquant sa préférence pour l'adoption d'un budget, même « imparfait », mais « opérationnel ». Ensuite, elle assume ce choix car, par opposition avec la loi spéciale, pénalisante pour le pays, cette option serait justement la plus facilement et rapidement « réversible » par le nouveau Président. Une façon d'ancrer, dans les esprits, qu'elle se projette bel et bien dans cette perspective : le prochain Président, ce sera elle, et ce sera elle qui aura à reprendre, avec son Premier ministre et sa nouvelle majorité, le budget Lecornu. Via un collectif budgétaire.
« Nous exigerons des économies, des économies et encore des économies! »
Troisième atout gagnant abattu, ce samedi, par Marine Le Pen face à Lecornu : non seulement elle s'est dite prête à voter un budget car il lui serait ensuite plus facile, une fois à l'Élysée, de le corriger, mais elle a refusé tout « blanc-seing » au Premier ministre en rappelant l'ampleur de la débâcle des finances publiques que lui léguerait le macronisme, en excluant toute hausse d'impôts et en exigeant « des économies, des économies et encore des économies ! », réitérant son souhait de« nettoyer les écuries d'Augias » de la dépense.
🗣 @MLP_officiel « Nous n’accepterons aucune mesure qui aggraverait la situation pendant les mois où les macronistes resteront au pouvoir.
Nous n’accepterons aucune hausse d’impôts, ni aucune injustice sociale contre la France du travail.
Nous exigerons des économies, des… pic.twitter.com/0s4q46H5PF
— Groupe Rassemblement National (@groupeRN_off) September 12, 2026
Prenant, encore, au mot le Premier ministre dans son intention affichée de ne pas lier les choix des Français et du prochain Président par ce dernier budget du quinquennat, elle lui a demandé d'agir, justement, sur trois gros dossiers où l'UE et les macronistes tentent justement d'ôter toute marge de manœuvre à leurs successeurs. D'abord le CFP 2028-2034 : le cadre financier pluriannuel 2028-2034. Le budget, à long terme, de l'Union européenne. Un budget qui se traduit par une forte augmentation pour la France. Elle a dénoncé les manœuvres tendant à accélérer les discussions pour les conclure avant la présidentielle. Tout comme le montant de la nouvelle contribution française, qui atteindrait « 45 milliards d'euros, contre 33 en 2027, mais seulement 18 en 2017, quand Emmanuel Macron est arrivé ». Après le CFP, même tir de barrage sur la PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie. Une PPE3 qu'elle entend annuler, car engageant des centaines de milliards d'investissements au prix de hausses de taxes et de prix dont les Français font déjà les frais. De quoi rendre palpable la technicité de ces dossiers pour tous les Français confrontés à la hausse des factures. Enfin, Marine Le Pen a mis Lecornu au pied d'un troisième mur : celui de sa politique migratoire « aussi irresponsable » et dont elle lui demande solennellement de cesser la « fuite en avant ».
En somme, c'est une Marine Le Pen qui se veut précise et technique, mais aussi politique et combative, qui a fait sa rentrée de leader de l'opposition. Avec, en perspective, l'exercice des responsabilités, dès le printemps 2027. Lecornu et son budget ont du souci à se faire. Tout comme les candidats macronistes à la présidentielle.
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46 commentaires
Voilà qui commence a devenir interessant car ceux qui prétendaient qu’au RN la conception économique était inexistante ,
ceux là vont devoir ajuster leurs copies
Ils ont tous peur du R.N , parce qu’ils savent que le R.N ne pourra que faire mieux . Tous ces charlots de la « politique » qui sont près a tout , ont été aux manettes et n’ont fait qu’empirer la déliquescence de la FRANCE et maintenant ils veulent donner des leçons !!!! Quelle outrecuidance .
Dieu vous entende!!
Bien sûr : dans l’hypothèse réaliste où elle serait élue présidente, il vaut mieux avoir un budget voté, quitte à l’amender, que pas de budget.
C’est faux..il vaut mieux une loi qui fige celle de 2025, puisque le gouvernement veut 17 milliards de plus d’impôts sur les classes moyennes et les retraites,et aucune economie,que si elle est elue( possible mais loin d’etre certain) au mois de mai,avec les » autres urgences du pays » et les vacances parlementaires, si elle veut vraiment changer quelque chose ,elle qui veut aussi augmenter les impots ce ne sera qu’à partir d’octobre 2027..soit l’élaboration du budget 2028..s’il n’y a pas censure maintenant c’est l’application du budget tel que le veut le cornu..avec les 17milliards d’impôts de plus..
Mlp le sait et cette communication est une honteuse manipulation de plus…
Ceux qui nous ruinent depuis des années veulent toujours donner des leçons d’économie .
Il y a eu « Madame Déficit » et maintenant nous avons macron : « Monsieur Déficit »…
Vivement 2027…!!!
espérons que le RN ne ratera pas le coche ! de dégager ce gouvernement
des élections plus tôt, ça fera des économies….pour l’argent qu’on ne dépensera pas par le macronisme et la gauche…
C’est aux français de faire le bon choix mais bon on sait que ce sont des veaux, moi je dirais plutôt des moutons de panurge ! La plupart ne cherchent même pas a connaître les programmes, seulement a savoir s’ils vont continuer a être assistés…
Que Marine Le Pen continue dans cette voie, c’est la bonne !
Alors qu’un concours Lépine est lancé pour inventer encore et toujours de nouveaux impôts, taxes, voilà que MARINE lance son projet de :
« Nous exigerons des économies, des économies et encore des économies! »
OUI ! il faut nettoyer les écuries d’Augias !
Ils cherchent tous des économies, mais apparemment aucun n’a lu le livre de Sarah Knafo qui regorge de solutions.