Les députés votent la loi d’urgence agricole, malgré la « bordélisation » de la gauche
Article mis à jour le 21 juillet à 20H30.
L’Assemblée nationale a adopté, lundi 20 juillet, le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, sur la base du texte qui lui a été transmis par la commission mixte paritaire. À l’issue de longs et houleux débats, les députés ont adopté dans la nuit un texte amendé et enrichi, par 296 voix contre 224 et 41 abstentions.
Polémiques sur les pesticides
Plusieurs points ont suscité de vives polémiques, donnant lieu à une opposition droite-gauche nettement marquée qui a pris le pas sur toute possibilité de consensus transpartisan. Sans trop schématiser, on constate que les droites LR, UDR et RN ont voté massivement en faveur du texte, alors que les gauches socialiste, écologiste, communiste et insoumise ont fait bloc pour s’y opposer. Seuls les centres ont voté en ordre dispersé, se partageant entre pour, contre et abstention.
Soucieux de faire oublier la faiblesse et l’absence d’unité au sein du bloc central et du gouvernement, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a argué que le « gouvernement a fait le choix de laisser les parlementaires trouver un compromis, ils l'ont trouvé. On a vu hier que l'Assemblée nationale a voté très largement ce texte. »
🔴 Loi d'urgence agricole : "Le gouvernement a fait le choix de laisser les parlementaires trouver un compromis, ils l'ont trouvé. On a vu hier que l'Assemblée nationale a voté très largement ce texte."
🗣 Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement… pic.twitter.com/Ptz6LEcqcd— franceinfo (@franceinfo) July 21, 2026
La réintroduction, dans la liste des produits licites pour certains usages, de l’acétamipride et du flupyradifurone (deux pesticides de la famille de néonicotinoïdes), interdits jusqu’à présent en France alors qu’ils sont autorisés ailleurs, et notamment au sein de l’UE, a déclenché les plus fortes polémiques. Ces produits sont devenus les symboles d’une opposition frontale entre un monde agricole partisan d’une agriculture raisonnée dans ses intentions mais réaliste quant à la nécessité de produire, et de façon rentable, et une écologie politique, très urbaine dans sa vision du monde, bien décidée à mettre la paysannerie en coupe réglée. On se souvient, d’ailleurs, que l’acétamipride avait déjà provoqué de furieuses joutes lors des débats sur la loi Duplomb. La gauche avait pétitionné et le Conseil constitutionnel était venu à son secours, au nom du respect de la « Charte de l’environnement ».
Remaniée pour éviter tout prétexte à une censure, la formulation du nouveau texte s’est appuyée sur l’état des recherches scientifiques, qui ne signale aucune dangerosité de ces deux produits, s’en remettant à l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). La gauche, de son côté, a fait valoir l’avis de l’Ordre des médecins basé, lui, non sur une argumentation scientifique mais sur un simple principe de précaution. « Nous sommes les seuls à interdire des molécules en Europe depuis plus de dix ans. On tue à petit feu notre production française de fruits pour finir par importer en masse ces mêmes fruits, produits avec ces mêmes molécules », avait, de son côté, argumenté le sénateur Laurent Duplomb (LR), auteur de l’ancien texte éponyme.
La gauche en croisade
En face, l’opposition aux pesticides est de nature « religieuse », à l’image de la réaction de l’insoumise Aurélie Trouvé, qui qualifie le texte de « loi poison » et pour qui les droites ont « voté une loi agricole criminelle pour les enfants » - pas moins.
296 députés de Le Pen, Attal, Philippe et Retailleau ont voté une loi agricole criminelle pour les enfants.
Des pesticides toxiques pour leur cerveau pourront être épandus sur une surface équivalente à un département français.
Ils ont écouté le lobby de l'agrobusiness plutôt… pic.twitter.com/51AaXS88nc
— Aurélie Trouvé (@TrouveAurelie) July 21, 2026
« Honte à toutes les droites et au RN qui préfèrent le profit pour quelques-uns à la santé publique ! », a ajouté, de son côté, Clémentine Autain (groupe Écologiste et Social), qui dénonce « un scandale d'État ». À peine moins virulent et « bordélisant », le Parti socialiste a annoncé saisir le Conseil constitutionnel.
Au centre, le texte n’a pas fait l’unanimité, mais les réactions ont été plus nuancées et, surtout, moins violemment incantatoires. L’ancien ministre Agnès Pannier-Runacher a annoncé s’être abstenu, regrettant « le passage en force du gouvernement sur les néonicotinoïdes », mais se montrant compréhensive face à la situation très difficile des agriculteurs.
Je me suis abstenue sur le vote de la loi d'urgence agricole.
Ce texte contient 77 articles sur 78 qui sont utiles aux agriculteurs et sont largement soutenus au parlement. Aujourd'hui, les agriculteurs sont confrontés à une crise majeure, largement liée au dérèglement… pic.twitter.com/Oizxe0VvYL
— Agnès Pannier-Runacher 🇫🇷🇪🇺 (@AgnesRunacher) July 21, 2026
La question de l’eau a déclenché elle aussi de violents échanges, l’ultra-violence des militants de Sainte-Soline étant encore dans tous les esprits. Le texte retenu, contrairement à ce qu’a prétendu une partie des députés de gauche, n’a en rien privilégié les intérêts de quelques gros agriculteurs. Constatant, pour Le Point, « un torrent de fausses informations », Géraldine Woessner rappelle que « les collectivités conserveront au moins 50 % des sièges dans les commissions locales de l’eau et leur présidence ». Quant aux agriculteurs, ils « resteront sous-représentés [avec] environ 11,5 % des sièges ». Dans ces conditions, « oser prétendre [que ce texte] « donne le pouvoir aux agriculteurs... c'est simplement faux ».
Les agriculteurs en partie soulagés, mais prudents
Du côté des syndicats agricoles, la très minoritaire Confédération paysanne, fidèle à une grille de lecture basée sur la lutte des classes, a vu dans le vote la « victoire des lobbies au détriment de la santé, de l’environnement et du revenu des paysan∙nes ». En face, la FNSEA s’est contentée de saluer « une étape majeure et une première victoire pour les agriculteurs français », ayant sans doute craint des manœuvres de la gauche sur les questions des pesticides et de l’eau.
La Coordination rurale a elle aussi applaudi au vote des députés sur ces deux points, ainsi que sur « la protection des troupeaux face à la prédation » - en l’occurrence, celle des loups. La CR estime que certaines « dispositions apportent également des premières réponses sur la concurrence déloyale et la simplification de certaines normes », mais encore insuffisantes, notamment pour garantir aux agriculteurs « une juste rémunération de leur travail et une véritable politique en faveur de la souveraineté alimentaire ».
À l’heure où nous écrivons, deux points restent en suspens. Pour une adoption définitive, le texte doit encore passer par le Sénat. Sans être une formalité, un vote positif est attendu. Par ailleurs, opposé au texte, le ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a demandé audience au Premier ministre pour discuter d’une démission. Son entourage a annoncé, dans la soirée de mardi, que le ministre allait remettre sa démission au président de la République, ce mercredi 22 juillet.
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58 commentaires
Bref , quelle misere in tellectuelle et morale .Installé à l’étranger je militerai activement pour boycotter toutes les cultures françaises non bio .La réintroduction de ces deux poisons est un crime contre l’humanité équivalent à l’usage des OGM …Ils vont non seuelement empoisonner les zgriculteurs qui les manipuleront mais zussi les consommzteurs pauvres qui auront de moins en moins les moyens de se payer des produits bio .!
Voilà ce qu’on gagne à ne pas vouloir sortir de cette UE .Et le pire c’est que toutes ces mesures ne suffiront pas à sauver nos agriculteurs .Décidément les députés du RN apres avoir voté l’interdiction d’accès des réseaux sociaux aux moins de 15 ans sont devenus les idiots utiles de la marche en avant de l’europe vers la dictature bureaucratique . Même au second tour , des gens qui ont fait élire franck Ferrand et voté la constitutionnalisation de l’avortement n’auront pas ma voix …!Un tel pays doté d’une speudo élite zussi creuse qu’inconséquente ne mérite pzs de s’en sortir ..Dont acte .!
Avec la gauche c’est chaos et encore chaos, alors qu’ils ont ni les muscles, ni les cerveaux pour un véritable chaos!!! C’est toujours drôle les gens comme ça, après ils pleurent…
Le « dérèglement » climatique n’existe pas . Pour ceux qui veulent se donner la peine , s.v.p lisez les travaux du savant Milutin Milankovic ; Astronome , et géophysicien , dont l’un des plus important savant dans le domaine des sciences de la terre et spécialiste de la climatologie et de la météorologie .La NASA a d’ailleurs proclamé Milankovic comme une référence et se sert de ses travaux ! Pour info: La terre est agée de plus de 4,5 milliards d’années environ , cette datation repose sur des preuves .La climatologie étudie des phénomènes météorologiques sur des zones étendues du globe sur une longue durée . Lorsqu’on étudie le temps qu’il fait a court terme sur une zone limitée c’est de la météorologie . La terre a connue depuis des milliards d’années des périodes de glaciation et des périodes de réchauffement , on ne peut pas attribuer ce réchauffement « actuel » à la pollution , son impact n’est pas significatif . Ces périodes sont dues à la circonvolutions des planètes ………
Les opposants ont tous loisirs d’acheter le bio français, ça existe et si la demande augmente ce n’en sera que mieux pour l’installation de nouveaux producteurs et la conversion aux bio de certains qui sont en raisonné. Les points cruciaux sont : 1 – augmenter la production et faciliter les installations 2- arrêter d’asphyxier les producteurs, bio ou pas, par des règlementations absurdes qui font perdre du temps de travail au champ, supprimer les taxes qui engraissent les administratifs, qui ne servent à rien mais qui ruinent la trésorerie des exploitations. On y verra déjà plus clair et si de plus on arrête d’importer tout ce qui ne répond pas à la réglementation bio française l’avenir devient plus radieux.
« Bordélisation » en effet! C’est le vocable de combat des LFI’stes et c’est aussi la posture de la sous-ministre écolo choisie par macron. La dite écolo a donné sa démission, parce qu’elle refuse que nos agriculteurs aient les mêmes doits que leurs concurrents européens. Refus de l’intégriste verte d’autoriser l’usage de désherbants utilisés partout sauf en France.
La concurrence libre et non faussée de la giscardo-macronie en prend un furieux coup, ce qui n’a pas empêché macron d’exiger que sa ministre collabo reste à son poste.
Elle ou une autre, écolo ou LR comme genevard, qu’est-ce que ça change puisque macron décide de tout.
Et puis, quel LR ou PS oserait s’afficher ministre de macron , si près des élections? La gamelle d’abord!
Concernant l’usage des pesticides, pour moi c’est ultra simple : leur usage doit être autorisé ou interdit partout ou nulle part, de la même manière à tout le monde, pas de façon sélective à certaines catégories ou certains pays. Pareil à tout le monde ou personne.
Pour ma part, les pesticides sont des produits non naturels, agressifs et dangereux à manipuler avec la plus grande prudence et parcimonie. Dois-je rappeler que le Zyklon B de triste mémoire était un « insecticide agricole à base d’acide cyanhydrique » ?
Il n’y a pas de « dérèglement » climatique, il y a un « changement » climatique. C’est l’homme qui a inventé ces règles mais notre planète n’en a rien à faire, elle suit son cycle de glaciations et réchauffements. Il faudrait commencer par cesser le gaspillage alimentaire, les poubelles sont pleines ainsi que les « invendus » surtout des grandes surfaces. Produire moins mais de qualité et réapprendre à se nourrir plus simplement sans excès…Je m’arrête là! Bon appétit!
Complètement d’accord avec vous ; et s’il n’avait que le gaspillage alimentaire, il y en a beaucoup d’autres notamment le textile, il suffit de voir le contenu des poubelles !!!
Tout à fait d’accord !
La capacité et l’affinité de la gauche pour l’auto-destruction est phénoménale.
« le ministre de la Transition écologique, Monique Barbut » D’où sort-elle, celle-là ?
Journaliste de metier .Autrement dit elle y connaît strictement rien en écologie
On ne s’intéresse qu’ à l’ANSES, pourtant d’autres scientifiques ont un autre regard sur les produits phytosanitaires…. Il aurait été bien qu’on mettre sur la table toutes les cartes concernant les néonicotinoïdes.
Car ce sont les agriculteurs en premier qui en pâtissent…. entre autre….
Il faut remettre tout le système agricole à plat…. Mais ça, ce n’est pas pour demain….
Contrairement aux affirmations pastèques, les agriculteurs ont moins de cancers que la moyenne des Français (enquête Agrican, institut de veille sanitaire) et leur espérance de vie est plus élevée de près de deux ans (Insee). Certaines études montrent cependant une incidence légèrement plus forte pour certains types particuliers de cancers (prostate, lèvres, peau, cerveau). Rien ne permet de les imputer aux pesticides. Les agriculteurs sont plus exposés à certains facteurs de risque tels que le soleil (principale cause des cancers de la peau et des lèvres), les hydrocarbures, les mycotoxines ou les virus transmis par les animaux. Des études sont en cours pour mieux comprendre ces particularités.
Stop à la propagande, je ne suis pas de gauche et je suis contre tous les pesticides, mais les députés ne sont pas exposés…
Merci de ne pas ignorer les agriculteurs bio qui existent contre vents et marées des lobbyistes électoraux.
Très déçu par le RN sur ce coup là, côté pesticides!
Et ça ne vous dérange pas qu’on importe des produits traités avec les pesticides qu’on interdit en France et que notre production agricole en crève ? Stop à l’incohérence.
Les députés élus seraient devenus clairvoyants ??? Merci pour cette séance de prise de cloncience, enfin. Nos agriculteurs voient la vie d’un meileur jour. et pour le bien des français, qui pourront consommer FRANCAIS alléluia