[SANTÉ] Coup de rabot sur les allocations pour ados
S’il fallait une nouvelle illustration du fameux « en même temps » macronien, la politique familiale vient d’en faire les frais et particulièrement les parents d’adolescents. Ainsi, depuis le 1er mars dernier, la majoration des allocations familiales qui s’appliquait aux 14 ans de l’enfant vient d’être reportée à ses 18 ans. Pourquoi ? « Pour faire des économies sur le dos des familles une fois de plus, dénonce Pascale Morinière, présidente des Associations familiales catholiques (AFC) sur RCF, on donne d'une main aux familles ce que l'on retire allègrement de l'autre main. » Cette majoration s’élève entre 18,88 et 75,53 euros par mois, selon les revenus des ménages. C’est donc un manque à gagner de 900 euros par an pour les foyers les plus modestes qui vient de tomber. « L'opportunité de cette mesure interroge » réagit Hélène Laporte, député RN du Lot-et-Garonne. Dans une question écrite à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, celle qui est aussi vice-présidente de l'Assemblée nationale souhaiterait savoir « sur quelles études le Gouvernement a pu s'appuyer pour évaluer l'impact de la mesure sur le niveau de vie des ménages et la natalité ».
✍🏻 Alors que la #France a perdu 192 000 naissances annuelles depuis 2010, le Gouvernement vient de prendre un décret affaiblissant les allocations familiales en repoussant de 14 à 18 ans l’âge de la majoration.
L’impact d’une telle mesure sur le niveau de vie des ménages et la… pic.twitter.com/7hdNwD7INc
— Hélène Laporte (@HeleneLaporteRN) March 5, 2026
À ce sujet — 37 mesures (insuffisantes) pour relancer la natalité
Un sévère coup de rabot pour les parents d’ados qui devra permettre de financer le futur congé de naissance, qui entre en vigueur le 1er juillet 2026. D’une durée de deux mois pour chaque parent, ce congé sera indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net durant le premier mois, puis 60 % le second. Selon le gouvernement, ce report de majoration des allocations familiales permettra d’économiser jusqu’à 1,2 milliard d’euros sur quatre ans.
Pénaliser les familles au moment où les charges augmentent
Pourtant, rappelez-vous, c’était le mois dernier. Pour encourager la natalité et sortir de l’hiver démographique, une commission parlementaire suggérait 37 mesures visant à soutenir les familles, souvent traitées de pollueuses par ceux qui oublient qu’elles sont surtout pourvoyeuses de futurs cotisants du système de retraites. Un rapport qui, lors de sa publication, était salué par les AFC comme « un ensemble de propositions qui témoigne d’un souci de redonner lisibilité, visibilité et pérennité à une politique familiale ambitieuse et universelle ».
Quelques jours plus tard, le gouvernement, sous couvert d’offrir aux familles un nouveau congé de naissance, ne fait en réalité qu’opérer un transfert entre familles. Les parents de nourrissons vont ainsi bientôt bénéficier d’un nouveau dispositif… financé en partie par les parents d’adolescents. Les besoins des uns doivent-ils être compensés par les sacrifices des autres ? Nos gouvernants ne savent peut-être pas que les dépenses liées aux enfants ne disparaissent pas à l’entrée dans l’adolescence. Bien au contraire : vêtements, alimentation, sorties, argent de poche, cette période de la vie est souvent l’une des plus coûteuses pour les parents. Reporter la majoration des allocations revient donc à pénaliser précisément les familles au moment où les charges - comme l'appétit ou la pointure de son petit - augmentent.
Déjà en 2015, François Hollande avait cherché à faire des économies sur les allocations familiales en les modulant selon les revenus. Bilan des courses : « Nous sommes passés de 818.000 naissances annuelles en 2014 à 753.000 naissances annuelles en 2019, soit une baisse de 65.000 naissances annuelles en 5 ans ! » alertait le Sénat. Pour sortir donc de cet hiver démographique, plutôt que de reprendre d’une main ce qu’il accorde de l’autre, l'on ne saurait que trop suggérer à l’État une vraie manne dans laquelle piocher, et pour cause ! La fraude aux prestations sociales s’élèverait, elle, si l'on en croit le magistrat Charles Prats, à plus de 50 milliards d'euros...
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Un commentaire
mes parents ont élevé dignement 3 garçons jusqu’à 21ans sans un rond de l’état ! Ils ont fait des enfants par amour pas pour l’argent et heureusement !