2 juin 455, les Vandales pillent Rome. Du vandalisme d’hier à celui d’aujourd’hui…
Lorsque Marion Maréchal a dénoncé, dans un message X, les violences survenues à Paris, à la suite de la victoire du Paris Saint-Germain lors de ce week-end de mai, elle a établi un parallèle historique : « Paris a connu les Vikings, les Huns, les Anglais, les Prussiens et les Allemands. Au XXIe siècle, ce sont désormais des hordes venues de ses banlieues qui déferlent au moindre prétexte pour piller, casser, incendier, violenter les Parisiens et affronter les forces de l’ordre. »
Elle aurait pu citer les Vandales. Voilà plus de quinze siècles, le 2 juin 455, une horde venue des confins de la Germanie orientale pénétrait à son tour dans l'une des plus grandes cités du monde antique pour la livrer au pillage et aux flammes. Ce peuple, connu sous le nom de Vandales, marqua si profondément les mémoires par ses destructions que son nom traversa les siècles pour donner naissance au mot « vandalisme », illustration presque parfaite des événements ayant fait, le temps d'une nuit, de notre pays mais surtout de notre Ville Lumière, une cité en proie à des scènes que l'on croyait appartenir à un autre âge.Paris a connu les Vikings, les Huns, les Anglais, les Prussiens et les Allemands.
Au XXIème siècle, ce sont désormais des hordes venues de ses banlieues qui déferlent au moindre prétexte pour piller, casser, incendier, violenter les Parisiens et affronter les forces de l’ordre.…— Marion Maréchal (@MarionMarechal) May 31, 2026
Les origines du sac de Rome
Au milieu du Ve siècle, l'Empire romain d'Occident traverse une crise politique et militaire profonde. Les invasions barbares, les luttes de pouvoir et l'affaiblissement progressif de l'autorité impériale fragilisent un empire héritier d'une civilisation qui dominait encore le monde méditerranéen, quelques générations auparavant. L'événement qui conduit au pillage de Rome survient en mars 455, lorsque l'empereur Valentinien III, celui-là même qui envoya ses armées repousser Attila aux champs Catalauniques, est assassiné. Quelques jours plus tard, l’instigateur de ce crime, le sénateur Pétrone Maxime, s'empare du pouvoir et se fait proclamer empereur. Pour légitimer son autorité, il contraint l'impératrice Licinia Eudoxia à l'épouser, mais impose également à son fils Palladius de s'unir à Eudocia, la fille de l'ancien empereur.
Ces manœuvres matrimoniales provoquent l’ire du roi des Vandales. En effet, depuis plusieurs années, un accord liait Rome au royaume vandale d'Afrique du Nord. Cet équilibre reposait notamment sur les traités conclus entre Valentinien III et Genséric, ainsi que sur le mariage promis entre la princesse Eudocia et Hunéric, fils du souverain vandale. Pour Genséric, l'arrivée au pouvoir de Pétrone Maxime et la remise en cause de cette alliance constituent une rupture des engagements passés. La paix est donc caduque. Maître d'un puissant royaume centré sur Carthage et disposant de l'une des flottes les plus redoutées de la Méditerranée, Genséric ordonne alors à ses hommes de se préparer à traverser la mer. Leur destination est toute trouvée : Rome, ses habitants et ses trésors.
Quatorze jours de pillage
À l'annonce de l'approche des Vandales, la panique s'empare de Rome. Tous les Romains se rappellent le premier sac de la cité par les Vandales en 410. Pétrone Maxime tente de fuir la Ville éternelle le 31 mai 455. Cependant, la population, furieuse de voir son empereur abandonner la cité à son sort, l'arrête, l’insulte, le moleste, le frappe et finit même par le lapider. Sa mort met ainsi un terme à un règne qui n'aura duré qu'un peu plus de deux mois. Il ne reste alors à Rome qu'une seule figure d'autorité capable de négocier avec l'envahisseur : le pape Léon Ier. Conscient que sa parole, même la plus convaincante, n’empêchera pas les armées vandales d’entrer dans la ville, le successeur de saint Pierre réussit néanmoins à rencontrer Genséric et obtient de lui plusieurs garanties : les habitants ne devront pas être massacrés et les incendies devront être limités.
Ainsi, le 2 juin 455, les Vandales de Genséric entrent dans Rome. Pendant quatorze jours, ils procèdent à un pillage méthodique de la capitale impériale. Les palais, les demeures aristocratiques, les temples et les bâtiments publics sont dépouillés de leurs richesses. Or, argent, bijoux, œuvres d'art et objets précieux sont chargés sur les navires vandales à destination de Carthage. Des milliers de Romains sont également emmenés en captivité pour être réduits en esclavage ou libérés en échange de belles rançons. L'impératrice Licinia Eudoxia ainsi que ses filles Eudocia et Placidia figurent parmi les prisonniers les plus précieux des Vandales. Le trésor du Temple de Jérusalem, ramené à Rome après la victoire de Titus en l'an 70, est également saisi et transporté en Afrique du Nord.
Un coup fatal porté à l'Empire romain d'Occident
Le sac de 455 n'entraîne pas immédiatement la disparition de l'Empire romain d'Occident, mais il accélère considérablement un déclin déjà bien engagé. Rome perd une nouvelle fois une part importante de ses richesses, de son prestige et de son autorité. L'autorité impériale apparaît plus fragile que jamais et les empereurs éphémères continueront de se succéder, incapables d’assurer la longévité de leur pouvoir et de protéger leur peuple. Vingt et un ans, seulement, après le sac vandale, en 476, le chef germain Odoacre dépose le jeune empereur Romulus Augustule, marquant alors la chute de l'Empire romain d'Occident.
Le souvenir du sac de Rome par les Vandales survivra bien au-delà de la disparition de l'Empire. À la fin du XVIIIe siècle, l'abbé Henri Grégoire popularisera le terme « vandalisme » pour dénoncer les destructions commises pendant la Révolution française. Une révolution que nombre de personnalités d’extrême gauche continuent pourtant de célébrer, malgré les violences et les dévastations qui l'ont accompagnée. Dès lors, voir certains d'entre eux relativiser, minimiser les dégradations survenues ce week-end à Paris, voire renverser la situation en accusant les forces de l’ordre, pourra en faire sourire plus d'un. Après tout, lorsque l'on se montre indulgent envers les vandales d'hier, pourquoi serait-on plus sévère envers ceux d'aujourd'hui ?
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12 commentaires
« le premier sac de la cité par les Vandales en 410. » le premier sac de la cité par les Wisigoths en 410.
La république détournée depuis 181 arrive enfin à la fin de son règne.
Toutes les fins de règne ou civilisations rendent tristes les finissants et sans doute joyeux les conquérants vainqueurs, mais la fin de la Rome d’Occident ,plus que la fin de Byzance, particulièrement, surtout pour tous ceux qui, comme moi, on suivi le parcours lycéen des années cinquante avec Latin, et Grec pour certains. Cette fin de l’Europe romaine dont les fondements culturels encore conservés de nos jours sont en voie de disparaître à jamais. Nostalgie et double tristesse!
On parle souvent de la chute de l’empire romain, on parlera plus tard de la chute de l’empire occidental qui en prend le chemin à la vitesse d’un Marathon. La France a déjà ses vandales qu’elle protège, nourrit et leur assure l’impunité.
Comme la Rome impériale, l’occident moderne périra comme les poissons, par la tête, grâce à la complicité active de ses empereurs.
Visiblement les Vandales venus d’Afrique n’étaient pas des sauvages. L’empereur avait trahi les accords avec leur chef, et le Pape avait pu négocier avec lui .
N’oublions pas que les Légions romaines étaient constituées de mercenaires venus du pourtour de la Méditerranée mais aussi de toute l’Europe. Pour les remercier de leurs bons et loyaux services, Rome leur donnait la nationalité, assortie bien sûr du droit au regroupement familiale. La chute de la Cité n’en est que la funeste conséquence…
La citoyenneté romaine ne pouvait s’obtenir que de trois façons : la naissance, l’achat, ou 25 ans dans les légions. En 212, l’empereur Caracalla : « J’accorde la citoyenneté romaine à tous les étrangers domiciliés sur le territoire de l’Empire.» Résultat : plus aucun Romain n’a voulu devenir militaire, à la grande joie des Germains, notamment des Francs, qui ont pris la place des généraux. Ils y ont fait fortune et importé leurs coutumes, notamment celle d’élire chacun son propre empereur. On connaît la suite.
Curieux comme l’Histoire se renouvelle !
La France et d’autres pays occidentaux sont en train de prendre le même chemin que l’empire romain.
Après le néo moyen âge, ce sera bientôt la néo-renaissance ?
C’est ce qui risque d’arriver si pas de patriote à la tête de l’État en 2027 !