11 mai 1708 : mort de Jules Hardouin-Mansart, le grand architecte du Roi-Soleil
Le 11 mai 1708 disparaît le remarquable Jules Hardouin-Mansart, véritable incarnation du génie architectural du Grand Siècle. Arrière-petit-neveu de François Mansart, dont il adopte le nom pour asseoir sa légitimité, il s’impose progressivement comme l’un des plus brillants serviteurs de Louis XIV. À une époque où l’art devient un instrument du pouvoir, il participe pleinement à la mise en scène de la monarchie absolue à travers des œuvres monumentales qui marquent encore aujourd’hui notre paysage français.
Une ascension fulgurante au service du roi
Né le 16 avril 1646 à Paris, Jules Hardouin-Mansart débute modestement sa carrière à la fin des années 1660 avant de connaître un tournant décisif vers 1674, lorsqu’il est remarqué par Louis XIV grâce à ses talents et à son sens de la mise en scène architecturale, notamment lors de la construction du château de Clagny, destiné à Madame de Montespan, maîtresse du roi, qui devient l’une de ses grandes protectrices.
Rapidement, des projets d’envergure lui sont confiés et ses succès lui valent les faveurs royales, ouvrant la voie à une ascension exceptionnelle. En 1681, il devient ainsi Premier architecte du roi. Il est ensuite nommé intendant général des Bâtiments du roi en 1685, puis inspecteur général en 1691 avant d’être élevé, en 1699, à la dignité de surintendant des Bâtiments du roi, véritable ministre des Arts à la cour de Louis XIV.
Parallèlement, il est anobli en 1682, reçoit le collier de l’ordre de Saint-Michel en 1693 puis, enfin, est fait comte de Sagonne en 1699. Il incarne ainsi une réussite exceptionnelle fondée sur le mérite, dans une société encore dominée par le sang et la naissance.
Une œuvre riche
Hardouin-Mansart est, bien sûr, indissociable du château de Versailles, dont il dirige plusieurs des plus grands chantiers. Il supervise ainsi, notamment, la construction de la galerie des Glaces entre 1678 et 1684, mais contribue également à l’agrandissement du château et de la ville en réalisant les ailes du Nord et du Midi, la chapelle royale, le Grand Commun, les Grandes et les Petites Écuries, l’Orangerie, le Grand Trianon, l’église Notre-Dame de Versailles ou encore le couvent des Récollets. Il participe aussi à l’aménagement des jardins, notamment avec les bosquets des Dômes et de la Colonnade, en collaboration avec l’incroyable André Le Nôtre.
Au-delà de Versailles, Hardouin-Mansart laisse une empreinte considérable dans tout le royaume. À Paris, il conçoit dès 1676 la future cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, avec son impressionnant dôme et son lanternon s’élevant à plus de 100 mètres de hauteur. On lui confie plus tard l’aménagement de la place des Victoires en 1685 puis de la place Vendôme en 1699. Dans un même temps, il réalise la Maison royale de Saint-Louis de Saint-Cyr en 1686, destinée à l’éducation des jeunes filles nobles sans fortune, à la demande de l’épouse morganatique de Louis XIV, Madame de Maintenon, qui y passera ses derniers jours en 1719. Pour le Grand Dauphin, il aménage aussi le château de Meudon à partir de 1695, afin d’en faire une résidence somptueuse digne de l’héritier du trône. En province, son influence et son talent s’exercent également avec des réalisations comme l’hôtel de ville d’Arles ou le palais des États de Bourgogne à Dijon, témoignant de la diffusion du modèle versaillais à l’échelle du royaume.
Héritage et postérité
Jules Hardouin-Mansart meurt le 11 mai 1708 et est inhumé dans l’ancienne église Saint-Paul-des-Champs à Paris, aujourd’hui disparue. Sur son épitaphe, on peut encore lire : « Ici repose Jules Hardouin-Mansart, comte de Sagonne, chevalier de l’ordre royal, surintendant des Bâtiments du roi ; élevé à ces titres par Louis le Grand, combien il en fut digne. Les monuments illustres d’architecture, tant publics que privés, répandus dans tout le royaume, instruiront la postérité. »
Le destin précis de sa dépouille demeure incertain mais son œuvre, elle, demeure. En effet, par son talent et son ambition, il a contribué à faire de l’architecture et de la pierre un reflet durable du règne glorieux de Louis XIV, tout en inscrivant ainsi son propre nom dans l’histoire.
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7 commentaires
Ce personnage était exceptionnelle comme architecte,le chateau de Versaille une merveille et tout ce qu’il à construit que du beau et il à très bien représenter la France dans le monde.
Il est vrai qu’à l’époque on choisissait des architectes français en France, ça a bien changé.
Autre personnage que nos jean Nouvel et autres et la maison du fada de Le Corbuzier ….
Ah ah ah …..!
Il ni y a pas qu’en surface que Mansart a œuvré ; au moment de la construction de l’hôpital du val de Grace et de sa chapelle , il s’est aperçu que le sous sol n’est pas assez solide du fait d’anciennes carrières , il a donc fait construire des consolidations qui existe toujours situer dans un secteur interdit a toutes visites dans ce que l’on appel les catacombes , cette endroit est magnifique a voir , au nord et au sud ce trouve un escalier en colimaçons. J’ai pus y allez avec des cataphiles en faisant attention aux patrouilles de police qui descendent régulièrement pour faire respecter l’interdiction de présence.
« Né en 1746, il commence modestement sa carrière à la fin des années 1660 ». donc vers 14 ans quand de nos jours , ils sont encore à l ecole.
Remarque par le roi en 1674 ( 28 ans) quand de nos jours les architetes viennent à peine de sortir de leur formation..
Servir bien un maître éclairé. Nous, pas de bol, Jupiter n’a pas la lumière alors qu’il se voudrait héritier des « Lumières »