Voitures brûlées : c’est plus de 10 millions d’euros qui partent en fumée par an !

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

Vous êtes persuadé que les spécialités de l’Alsace sont la choucroute et le gewurztraminer, vous croyez que l’originalité du Nord, ce sont ses beffrois ?

Eh bien, vous vous trompez, et même, en allant plus loin, nous pouvons reprendre toutes les vieilles coutumes régionales pour, aujourd’hui, les écarter car le particularisme hexagonal de ces dernières années, c’est l’incendie volontaire de véhicules.

Chaque année, notamment le 31 décembre et le 14 juillet, dans toute la France, les voitures flambent. Ainsi, pour cette dernière fête nationale le soir des 13 et 14 juillet, le traditionnel feu d’artifice a été doublé par un autre feu : celui des automobiles. Le ministère de l’Intérieur a comptabilisé pas moins de 897 véhicules brûlés lors de ces deux nuits. Derrière ce chiffre, ce sont 368 personnes qui ont été placées en garde à vue.

Ce nombre est en très légère hausse par rapport à l’année 2016. L’an passé, 855 véhicules avaient pris feu mais, par contre, 577 personnes étaient mises en garde à vue. Le ministre devrait avoir honte d’un tel chiffre, honte de faire pire en ce domaine que l’année dernière, et surtout honte de ne pouvoir éradiquer un tel phénomène. Pourtant ce n’est pas le cas : « Le ministère estime, dans son communiqué, que l’importante mobilisation des forces de l’ordre a permis de limiter le nombre d’incidents. » Fermez le ban et circulez (c’est le cas de le dire), il n’y a rien à voir.

Seul bémol, dans cet aveuglement général, le porte-parole du ministre nous indique : « Au cours de plusieurs épisodes de violences urbaines, nos forces de sécurité ont été la cible d’agressions intolérables, dont les auteurs auront à répondre devant la Justice. Tout comme seront poursuivis les auteurs d’incendies de véhicules, évidemment toujours trop nombreux ». Résultat de ces « jeux interdits » : 13 fonctionnaires et militaires blessés, notamment à Sevran.

Le ministre n’est pas tout seul. Le Monde, vrai média du système, collectionne les œillères. Ainsi, début janvier 2017, écrivait-il : « Voitures brûlées à la Saint-Sylvestre : beaucoup de bruit pour rien » avec, comme extrapolation : « Pour les chercheurs spécialistes de la sécurité, le chiffre des voitures brûlées n’a aucun sens et ne témoigne ni du niveau d’insécurité ni de l’état des quartiers populaires. »

Le quotidien du soir est à bonne école car, d’après les dires de la Place Beauvau, la nuit du Nouvel An 2017 avait été « plutôt calme dans toute la France ». Plutôt calme voulant dire « sans incident majeur ». Car malgré ces termes lénifiants, 454 personnes avaient été interpellées au cours de la soirée, dont 301 placées en garde à vue. Quant au nombre de voitures brûlées, il avait augmenté par rapport à la soirée du Nouvel An 2016, passant de 602 à 650. Un chiffre que Le Roux, le fugace ministre de l’Intérieur, s’arrangea pour tempérer en parlant d’une « baisse de 20 % par rapport à 2011 ».

Mais la réalité est bien là, matérialisée en cendres. Pour ces trois nuits de l’année, ce sont plus de 1.550 voitures qui sont parties en fumée. Soit, si l’on prend le prix bas par véhicule de 5 000 € : 7.750.000 €. Sachant qu’à ce chiffre, il faut aussi ajouter les autres joyeusetés incendiaires quotidiennes, c’est à plus de 10 millions d’euros que s’élève cette nouvelle spécificité française concoctée par les racailles des quartiers.

Vous me direz : comment mettre fin à ce genre de sport « molotovien » ?

La réponse est simple : l’instauration de la tolérance zéro. Or, pour en arriver à cette solution, encore faut-il que les forces de l’ordre puissent pénétrer dans ces ghettos, où la loi de la République n’a plus court, et que les habitants les soutiennent.

Mais cela, c’est une autre paire de manches !

Diplômé de criminologie et de criminalistique

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