Peut-on encore aimer le football, Robert Redeker ?

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La question que pose Robert Redeker est d’une actualité brûlante, comme on dit, à l’heure où la Coupe du monde vient de commencer en Russie. Robert Redeker aime le foot, mais constate avec une acuité toute philosophique qu’il n’a plus guère de raisons d’être aimé. Son postulat tient en peu de mots : le football est devenu la fable du monde.

Pour Redeker, qui pose comme origine de ce livre le dialogue, au cours de l’un de ses rêves, de Marx et Spinoza à propos du football, le ballon rond est devenu la représentation de ce que notre société (que l’on ne peut plus guère appeler strictement « occidentale », dans ce cas précis) propose de pire. Capitalisme triomphant, rémunérations obscènes, obligation de divertissement stérile, primat de l’ego du joueur sur la victoire collective… Il n’est pas jusqu’à l’« amour du maillot », qui mourut avec le football à l’ancienne, qui ne soit parasité, sali par les marques des sponsors, qui transforment des millionnaires en hommes-sandwichs.

La démonstration de Robert Redeker est lumineuse. La violence des rapports humains, l’ensauvagement collectif, le déracinement mis en scène par le mercato, la festivité kitsch de la Coupe du monde sont autant d’éclairages sur la modernité. C’est bien ainsi que le football est une fable : au sens de La Fontaine, au sens d’apologue caricatural et cruel. Et c’est ainsi que Redeker, castigat dribblando mores, livre une réflexion très réussie sur le sport comme miroir grossissant du monde, convoquant au passage Watteau, Heidegger, Mozart, Camus… et Neymar.

La période se prête donc bien à cette réflexion : ce livre drôle, érudit, brillant, est à lire pendant le déploiement, sous nos yeux, de la médiocrité plaquée or de cette religion sans dieu à la télévision. Vous y verrez que le football, devenu totalitaire, a dévoré la cohésion sociale, le folklore des peuples, qu’il a déformé et rabaissé le langage (la notion de « prodige », d’« art », de « génie », entre autres) et que, comme bien souvent, Robert Redeker a raison. Et c’est bien pour cela que la survie des penseurs est dangereuse pour la survie d’un monde stupide et violent. Ce qui vaut pour l’islamisme vaut pour le football. On attend la fatwa de la FIFA.

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