Marine Le Pen : candidate de la protection animale

Journaliste et essayiste
 

72 % des Français souhaitaient que les candidats à l’élection présidentielle de 2017 s’engagent sur des mesures concrètes en matière de protection animale. Malheureusement, il n’en a presque rien été.

Hormis Jean-Luc Mélenchon, qui en a parlé avant le premier tour, seule Marine Le Pen s’en est expliquée en affirmant très personnellement à Télé Star : « La cause animale et le sort des animaux sont très importants à mes yeux. J’ai en horreur les atteintes au bien-être animal et j’ai voulu faire de la protection animale une priorité de mon quinquennat »
(« Présidentielles 2017 : le programme de Marine Le Pen pour défendre la cause animale », entretien réalisé avec Béatrice Majewski, le 10 avril 2017).

En effet, parmi les 144 engagements présidentiels, Marine Le Pen place celui de « faire de la protection animale, une priorité nationale ». Elle propose également de « défendre le bien-être des animaux en interdisant l’abattage sans étourdissement préalable et en remplaçant le plus possible les expérimentations animales. Refuser le modèle des fermes-usines, du type ferme des 1.000 vaches. »

Dans le même entretien précité, Marine Le Pen réitère salutairement : « […] Il faut avancer sur la voie de l’élevage raisonné. Le bœuf aux hormones, la ferme des 1.000 vaches, les scandales sanitaires à répétition… tous ces cas de souffrance animale empoisonnent directement la santé des Français et nous devons veiller à ce que ces scandales cessent rapidement. C’est le rôle de l’État que d’accompagner les agriculteurs afin qu’ils puissent assurer cette transition et pour que le bien-être animal devienne enfin un critère du développement économique. Je transformerai la Politique Agricole Commune en Politique Agricole Française : le montant des subventions pour les agriculteurs français sera pérennisé (9,5 milliards d’euros) mais les critères seront définis selon nos propres intérêts et non plus par des technocrates bruxellois déconnectés : le bien-être animal sera un de ces critères. »

Dénonçant les collisions/collusions de l’utilitarisme libéral et de la science expérimentale au nom d’une « écologie patriote » dans un monde globalisé, Marine Le Pen préconise une vision associative et harmonieuse des rapports entre l’homme et l’animal dans la biosphère. Elle s’élève alors contre les pratiques barbares qui ont cours de nos jours : « J’encouragerai les alternatives à l’expérimentation animale. Autrefois minutieusement camouflés, les expériences scientifiques et les tests de produits utilisant des animaux sont désormais bien connus. Qui peut rester insensible en voyant ces jeunes chiots meurtris pour tester un nouveau fond de teint ou ces chimpanzés sacrifiés sur l’autel d’un nouveau médicament ? Au-delà de l’émoi naturel que ces images suscitent, l’expérimentation animale peut être très souvent évitée. Les méthodes substitutives (telles que la peau artificielle, expériences in vitro plutôt qu’in vivo) et la réduction d’emploi d’animaux vivants doivent donc être encouragées. »

Enfin, Marine Le Pen conclut sur la nécessaire création d’un organisme chargé par son gouvernement de veiller à la protection animale : « Je suis donc favorable à la création d’un organe autonome et indépendant spécialement chargé de cette question, qui associera les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, les acteurs privés, publics et associatifs de la protection animale. Cet organisme pourra ainsi saisir le gouvernement de tous les sujets relatifs à la protection animale. » La fondation Brigitte-Bardot pourrait s’en occuper tant la madone des animaux soutient fidèlement Marine Le Pen depuis toujours.

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