Garde à vue prolongée pour l’auteur des insultes antisémites envers Alain Finkielkraut

Le gilet, ou plutôt le pseudo-gilet jaune, qui a proféré des injures antisémites à l’encontre du philosophe Alain Finkielkraut en marge d’une manifestation, samedi, à Paris, a été formellement identifié mardi soir et placé en garde à vue. Selon une source proche du dossier, que cite Le Figaro, l’homme s’est rendu à une convocation des enquêteurs à Mulhouse, où il réside, pour être entendu par les enquêteurs de la BRDP (brigade de répression de la délinquance à la personne) en vertu de l’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

On n’est pas vraiment surpris, dans l’agglomération mulhousienne, par l’arrestation de ce vendeur de téléphones portables de 36 ans, converti à l’islam et père de cinq enfants. Fils d’un Algérien et d’une Française, ce gilet jaune de la première heure, portant volontiers la barbe, avait été actif au sein de l’Association des Palestiniens de France basée à Mulhouse. Toujours selon une source proche du dossier, citée par le journal L’Alsace, il était « connu pour des faits de violences volontaires commises dans une seule affaire, recel de vol, défaut d’assurance en 2005 et violences ». Mais l’homme en question ne serait pas fiché S, connu néanmoins des services de renseignement pour avoir fait partie de la mouvance salafiste, comme le sont de nombreux musulmans vivant dans cette région mulhousienne proche de l’Allemagne où la plupart des cellules terroristes identifiées outre-Rhin venaient des milieux salafistes.

« Tu es un haineux et tu vas mourir, tu vas aller en enfer » : ce mercredi soir, l’Agence France-Presse a appris que la garde à vue de l’auteur de ces propos antisémites envers l’académicien avait été prolongée. Cette prolongation peut durer au maximum 24 heures. Les enquêteurs ont pu établir, également, qu’il fréquentait, selon l’étude des réseaux sociaux, la communauté turque alsacienne rassemblée au sein de Millî Görüş que, de l’autre côté du Rhin, on connaît bien. Millî Görüş, sous couvert d’actions sociales et culturelles, ne serait pas sans liens avec l’islam plus radical.

Surveillée de près en Allemagne, Millî Görüş – que le journal Die Zeit appelle « la pieuvre de l’islamisme allemand » – est même considérée par nos voisins comme une organisation extrémiste et contraire à la Constitution allemande. L’équivalent, outre-Rhin, de notre DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) note que « l’abolition de la laïcité et l’établissement d’un système social et d’un État islamique est, comme par le passé, toujours l’un de ses objectifs ». Le terme « Millî Görüş » désigne « la communauté rassemblée autour d’un Prophète, qui croit en lui et aux valeurs et aux traditions que le Prophète enseigne et transmet ». Tout un programme…

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