Editoriaux - Histoire - Politique - Religion - Table - 17 mai 2018

Il était une fois un maire qui ne supportait pas la vue d’un drapeau français…

Les 1.871 habitants de Sainte-Terre, commune de Gironde, sont-ils tous contre la vue d’un drapeau tricolore accroché à la façade d’une maison du bourg ? Le maire, Guy Marty, socialiste et retraité de l’enseignement, a protesté avec véhémence contre la présence permanente de notre drapeau national sur le territoire de sa commune.

D’abord par une lettre adressée au mauvais citoyen qui a, ainsi, osé dresser les couleurs sur sa demeure, puis, voyant le récalcitrant poursuivre cet odieux affront, par une demande au sous-préfet pour faire enlever de force ce signe ostentatoire. Ostentatoire de quoi ? Car il ne s’agit pas d’un simple drapeau tricolore, mais d’un drapeau frappé non pas du cœur sacré de Jésus mais d’une croix de Lorraine. Trop criante, trop violente, sans doute. « Vous comprenez », m’a expliqué le maire au téléphone, « que je ne peux pas tolérer qu’un tel emblème flotte en permanence sur ma commune. Ça « dénote ». Nous sommes dans une commune paisible. »

Et, effectivement, le courrier qu’il avait adressé à son administré lui demandait de faire le nécessaire car « tout signe ostentatoire devient gênant pour la quiétude recherchée ». Son courrier commençait par cette constatation : « Plusieurs personnes de la commune et des communes environnantes sont surprises et interpellées de voir à longueur d’année le drapeau que vous avez mis sur la façade de votre maison. »

 « Vous comprenez », m’a dit (une nouvelle fois) M. le maire, que j’imaginais drapé dans sa belle écharpe tricolore, « que je ne peux pas admettre que notre bourg soit couvert de drapeaux de toutes origines et de n’importe quelle religion. Que ce monsieur hisse son drapeau le 18 juin, parfait. »

Voilà. Le drapeau de la France libre est donc vexillum non grata. Ah, si ce maire était américain, s’offusquerait-il de ces centaines de milliers de drapeaux qui flottent sur le territoire des États-Unis, devant la plupart des maisons ? Et souvent, dans le Sud, le drapeau des confédérés, sans que nul ne s’en plaigne. Nous aimerions, d’ailleurs, savoir qui sont les plaignants de Sainte-Terre, commune plutôt sans histoire, avant cette guéguerre provoquée par le maire et qui pourrait bien se retourner contre lui.

Devant le buzz suscité par la révélation de sa lettre sur le site Le Politique, le maire a réagi ce jeudi matin en diffusant urbi et orbi la photo du drapeau violeur de liberté individuelle.

Avis aux maires de France : surveillez les façades de vos maisons. Mais lorsque l’on voit que s’essuyer le derrière avec notre drapeau tricolore a valu un classement sans suite, lorsque l’on se souvient des photos de tous les drapeaux de pays arabes agités dans nos rues le soir des deux dernières élections présidentielles, on déplore qu’un maire puisse ainsi se ridiculiser.

Et que penser de Marlène Schiappa, ministre de la République, qui, sur son compte Twitter, vient de choisir comme avatar le célèbre tableau de Delacroix représentant la Liberté guidant le peuple avec… le drapeau LGBT ?

« Il n’y a que deux choses à faire avec un drapeau : ou le brandir à bout de bras ou le serrer avec passion contre son cœur » (Paul Claudel).

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