Editoriaux - Santé - Sciences - Société - 20 septembre 2018

Et hop, virage à gauche de l’Ordre des médecins !

L’Ordre des médecins, vous connaissez ? Souvenez-vous, c’est cette institution ontologiquement réactionnaire de vieux mâles blancs, née sous Vichy, dont Charles Vanel, dans Sept morts sur ordonnance, donna l’image la plus aboutie. Et régulièrement dénoncée par le camp du bien pour son opposition systématique aux progrès dits sociétaux : réticent sur la pilule dans les années 60, opposé à l’IVG la décennie suivante, et de toute éternité contre le « droit de mourir dans la dignité ».

Eh bien, figurez-vous que sous le présidence d’un généraliste (une première…) de Seine-Saint-Denis, cet organisme est en train d’effectuer un virage à gauche assez inédit puisque, dans le journal La Croix, un de ses caciques vient d’annoncer que l’Ordre n’est pas opposé à l’extension de la PMA (procréation médicalement assistée).
Président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’ordre des médecins, le docteur Faroudja explique savamment qu’il s’agit là d’une demande « essentiellement sociétale » (on l’avait compris) et que « sur ce sujet sensible, il n’est pas dans notre rôle de dire ce qui est bien ou ce qui est mal. L’Ordre des médecins n’est pas une instance moralisatrice. » Mais alors, ça sert à quoi, une section éthique et déontologie ?

Et à ceux qui estimeraient que l’extension de la PMA entérinerait le « droit à l’enfant » pour tous, il rétorque qu’il ne s’agit que d’un « droit d’accéder à une technique médicale spécialisée » (comme l’euthanasie, en somme), ravalant ainsi le médecin au rang de simple exécutant, prié de ne pas se soucier du type de société vers laquelle nous mènent ses actes techniques.

Mais le docteur Faroudja est un humaniste : « Le rôle des médecins est d’apaiser les souffrances, qu’elles soient physiques ou psychologiques. Or, le désir d’enfant est une souffrance, et le médecin est là pour l’entendre. » Et il lui semble évidemment « inacceptable de hiérarchiser les demandeurs : couples homosexuels, hétérosexuels et femmes seules doivent être traités sur un pied d’égalité ». En bonne logique, donc, seule la GPA (grossesse pour autrui) pourra ensuite assurer cette sainte égalité aux couples d’homosexuels mâles.

Faire des enfants sans père pour un couple de lesbiennes ou louer l’utérus d’une pauvresse pour satisfaire le caprice d’un couple de gays, et pourquoi pas l’échange standard de l’enfant qui fait pipi au lit, seront sans doute les prochaines « demandes sociétales » que l’ordre national s’empressera de satisfaire. Pour les droits de l’enfant, on repassera…

Il va sans dire qu’à aucun moment les ordres départementaux – où d’humbles tâcherons élus par leurs confrères de base s’efforcent de régler les vrais problèmes – n’ont été consultés. Pas plus, bien sûr, que l’Association française des femmes médecins.

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