Grand Remplacement

Église, remplacisme et marchandisation

Ecrivain

Fondateur du NON

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Est-ce qu’il va falloir nous battre sans l’Église, nous les antiremplacistes ? Sans l’Église et sans les catholiques ? Sans l’Église et peut-être contre elle ?

Pour ma part, j’en serais profondément désolé, car je tiens le christianisme comme une des composantes essentielles de l’âme, de l’esprit et du génie européens, ainsi qu’en témoignent à l’envi tant de monuments magnifiques, tant d’art, tant de chefs-d’œuvre de la musique et de la littérature, en France et dans tous les autres pays du continent. Il est vrai que le clergé actuel paraît n’avoir pas toujours de très bonnes relations avec cet héritage sublime, si l’on en juge par la façon qu’il a, trop souvent, de gâcher les plus beaux espaces et les plus nobles volumes de l’art chrétien à grand renfort d’affiches, de panneaux de contreplaqué, de niaises et laides banderoles pleines de papas, de mamans et de vilains bonshommes, sertissant les préceptes bien plats d’une haute morale déchue en moraline. Va-t-il nous falloir être plus chrétiens que les chrétiens, et plus fidèles qu’eux à ce qu’ils ont été ?

Le pape, cette semaine encore, pour encourager l’Europe et l’Occident à toujours plus d’immigration, d’accueil et d’ouverture à l’autre, et pour fustiger plus sévèrement toute ébauche d’esquisse de résistance, pourtant bien faible, à la submersion ethnique et culturelle, parle de marchandisation des migrants, peut-être parce qu’ils font l’objet de marchandages, auxquels ils se livrent eux-mêmes avec un certain talent, pour ne pas parler de chantage. Dans le contexte actuel, si quelqu’un marchandifie, il me semble, ce sont surtout les passeurs. Mais Sa Sainteté expose à l’envers le tableau, à mon avis : car de toute évidence c’est le remplacisme qui fait des hommes et des femmes une marchandise, et qui chosifie le vivant à force de déculturer, dénaturer, désoriginer, désaffilier.

NN. SS. les évêques de France, à commencer par les plus éminents, et par l’archevêque de Paris, ont l’air de trouver tout à fait séduisante, dans la foulée, la charmante idée lancée par Jean-Pierre Raffarin, en pleine conformité avec la « politique de peuplement » de l’actuel Premier ministre, d’envoyer dans nos campagnes, puisqu’on nous dit qu’elles se dépeuplent, tout ce qu’on pourra trouver de « migrants », et ce ne devrait pas être trop difficile : s’ils sont chrétiens, ils rempliront les églises et s’ils sont musulmans, on leur donnera pour mosquées les églises vides – cette idée-là non plus ne paraissait pas du tout effaroucher nos prélats, la semaine dernière. Et le Saint-Père ? Après Sainte-Sophie, Saint-Pierre de Rome ?

J’ai toujours pensé qu’il ne saurait y avoir d’égalité que devant la loi et devant la mort, ou bien devant un Dieu terrible, indifférent, pour qui nos accomplissements et nos crimes ne sont rien, tant il est tout-puissant et lointain. Dès qu’il y a de l’homme, et qui s’affirme comme tel, il y a de l’inégalité. Dès qu’il y a de l’amour, il y a de la discrimination. Dès qu’il y a du vivant, il y a de l’irremplaçable. Pourquoi pense-t-on que, dans les usines à mille veaux, on fabrique de la viande avec de pauvres bêtes qui ne verront jamais l’herbe ni le ciel et sont d’emblée des êtres-pour-la-chose, c’est-à-dire pour l’échange généralisé ? Le remplacisme est un tout : qui n’a pas compris cela n’a rien compris du tout.

C’est pourquoi on n’apprend pas sans une terreur sacrée que pour la Fille aînée l’Église, et pour l’Église elle-même, et pour son suprême Berger, il importe assez peu, au fond, que les villages du Livradois, du Bassigny, du Tursan, du Marsan, du Léon ou de la Champagne berrichone soient peuplés de Berrichons, de Champenois, de Gascons, de Bretons, de Bourguignons, d’Auvergnats, de Français de France ou bien de Français de papiers, ou même pas : de Wolofs, d’Ashantis, de Mandingues, de Bantous, de Morabites ou de Beni Amer. N’est-ce pas toujours de l’homme, et de la France ? Oui mais qui seront à l’homme, ou à la France, ce que le cube de corned-beef, dans sa gelée industrielle, est au veau sous la mère. Était-ce bien la peine, Dieu des Armées, d’envoyer votre Fils pour le salut de cette créature en boîte, en caisse, en cercueil ou en poubelle de l’histoire, prête pour la palette, le chargeur et le porte-conteneur ?

Fondateur du NON

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