[L’ÉTÉ BV] Ce désastre économique et écologique financé par vos impôts
Cet article a été publié le 12/05/2026.
Pendant que les agriculteurs comptent chaque goutte d'eau pour tenter de sauver leurs récoltes cet été, d'autres comptaient les millions d'euros publics pour financer les fermes du futur. Résultat : un fiasco aussi économique qu'écologique. Beaucoup de promesses et beaucoup d'argent gâché, pour un résultat qui reste à trouver !
Le fiasco Ynsect serait-il emblématique de la Macronie ? Cette start-up a été liquidée par voie judiciaire le 1er décembre 2025 et ses salariés ont intenté, depuis, des actions en justice, dont une aux prud’hommes dont la décision était attendue pour le 9 juin prochain.
Une start-up écolo de rêve
Cette société devait pourtant concrétiser le rêve de la « start-up nation », qui avait porté au pouvoir le candidat Macron en 2017, en mettant en pratique le triptyque « innovation, technologie, écologie ».
🇫🇷 French Tech : Ynsect, leader mondial de la production de protéines et d’engrais naturel d’insectes 🦗
“Aujourd’hui, on a une réponse crédible aux enjeux de nutrition, de santé et de souveraineté alimentaire”
💬 Antoine Hubert, DG d’@Ynsect
🎙️ @hchevrillon pic.twitter.com/qFe3VqlNO6
— BFM Business (@bfmbusiness) March 29, 2022
La société avait été créée le 4 octobre 2011 par quatre scientifiques français, militants écologistes revendiqués, avec pour promesse de « réinventer la chaîne alimentaire » grâce à un ingrédient miracle : l’insecte, au départ utilisé pour fabriquer de l’engrais et de l’alimentation pour le bétail. Plus tard, Ynsect avait diversifié son activité en proposant de l’alimentation pour les chiens, mais aussi les humains.
À ce sujet — Insectes : le ver est dans la farine
La nourriture de demain: On s'est rendu au salon de l'agriculture pour rencontrer Ynsect, la startup qui veut changer nos habitudes alimentaires 🦗
➡️A quantité de protéines égale, les insectes c'est 100 à 1000 fois moins d'espace que l'élevage de volaille
🎙️@jrmybrno pic.twitter.com/BKoYriWUFn
— BFM Business (@bfmbusiness) March 2, 2022
À l’époque ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili ne tarissait pas d’éloges pour cette start-up française alignée « avec le souhait de l’Union européenne de contrer la déforestation, notamment en trouvant des alternatives à la protéine de soja pour nourrir le bétail ». Pour le ministre écologiste, Ynsect était même « un exemple d’entreprise permettant la réindustrialisation et la création d’emploi, tout en opérant la transition vers une réglementation plus respectueuse de l’environnement ».

Capture d'écran https://www.ynsect.com/fr/
Ynsect était un projet idéologique et sa direction avait la foi, multipliant les investissements : une première ferme productrice près de Dôle (Jura), puis une usine de 45.000 m2 près d’Amiens (Somme), avant des acquisitions d’autres sites à l’étranger, aux Pays-Bas et aux États-Unis, notamment.
Un cauchemar très coûteux
Mais bientôt, plus rien ne s'est passé comme prévu. Dès 2022, l’activité n’arrivait plus à être rentable. La direction avait beau invoquer l’impact de la pandémie du Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il s’est avéré que sa production n’était pas rentable et ne trouvait le plus souvent pas, non plus, son public. Cette année-là, pourtant, la direction se vantait de pouvoir élever ses insectes sur un espace de cent à mille fois plus réduit que pour la production de volaille. Mais la réalité était moins reluisante. Les coûts de production étaient trop souvent sous-évalués, comme celui des aliments pour saumons et crevettes d’élevage, bien supérieur à celui des farines de poisson qu’Ynsect prétendait concurrencer. Quant à l’alimentation humaine, elle n’a jamais trouvé son public : les amateurs d’insectes ne se bousculaient pas au portillon.
Le manque total de clairvoyance et d’études approfondies préalables a conduit la société à une fuite en avant qui l’a menée à se perte. En voulant grandir vite, Ynsect s’est endettée tout aussi rapidement. Le 26 septembre 2024, l’entreprise, incapable d’enrayer sa spirale déficitaire, a été placée en procédure de sauvegarde et cherchait un repreneur. Mais le 17 février 2025, date de la limite des candidatures, aucun candidat potentiel ne s’est présenté, personne ne souhaitant investir dans un projet dont tout observateur sérieux a compris qu’il n’est qu’une lubie idéologique sans avenir. Le 3 mars 2025, Ynsect a alors été placée en redressement judiciaire, provoquant en juin le licenciement de plus des deux tiers de ses 200 employés. Mais rien n’y fait : début décembre dernier, sa mise en liquidation a sonné la fin de la récréation, envoyant le reste des employés chez France Travail.
Un scandale à 148 millions d’euros pour le contribuable
Quand l’arnaque Ynsect est devenue avérée, l’écologie politique et plus largement la gauche se sont retournées contre leur idole d’hier. Début janvier dernier, France 3 diffusait un reportage vidéo du média écologiste Vakita reprenant, notamment, des images tournées par un employé d’Ynsect dans l’usine de la Somme entre 2023 et 2025. Le résultat est sans appel. Depuis longtemps, déjà, en butte aux difficultés financières dues à des activités déficitaires, Ynsect n’entretenait plus son site industriel. « Des fuites partout. Asticots et poussières s'échappent des circuits. Dans leur chute constante, ils souillent les machines et le sol à chaque étage de la ferme verticale », explique le narrateur, images à l’appui. « Certaines installations sont rafistolées au ruban adhésif. Le désastre attire les araignées, les oiseaux, les mouches, les rats. »
Scandale écologique et sanitaire, Ynsect s’avère aussi un désastre économique et une arnaque financière. Dans son édition du 23 décembre, le Journal officiel avait déjà publié une question écrite de François Ruffin, député (Écologiste et social) de la Somme, qui interrogeait le ministre de l'Économie et des Finances « sur le rôle de l'État dans le fiasco industriel d'Ynsect ». Malgré « plus de 600 millions d'euros levés, 360 emplois viennent en effet d'être supprimés chez Ynsect », dénonçait-il, réclamant une enquête. Depuis, d’autres voix se sont élevées, comme celle du sénateur (socialiste) de la Somme, Rémi Cardon, pour demander des comptes à Bercy, Ynsect ayant pu financer en partie sa cavalerie financière en bénéficiant de 148 millions d’euros d’argent public, via BPI France (Banque publique d’investissement).
Une fois encore, l’écologie politique a montré que son inutilité manifeste n’avait d’égal que son coût, y compris pour les Français.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR



































88 commentaires
Encore un projet pour lequel on n’a pas consulté les Français. Je suis certaine qu’un Référendum aurait rendu, majoritairement, une réponse négative à la proposition de manger des vers ou tout autre insecte. C’est dégoûtant.
C’était quatre scientifiques français, militants écologistes revendiqués, ou quatre militants écologistes revendiqués qui se prétendaient être des scientifiques?
« Le désastre attire les araignées, les oiseaux, les mouches, les rats. » C’est là où madame Pompili a manqué de réactivité. Elle aurait dû sauter sur l’occasion : faire des rats et des mouches un pâté progressiste pour bobos et gens de goût.
L’écologie à la française est pensée par des ronds de cuir collés à leur siège, à mille lieues des préoccupations du monde rural et des attentes du grand public. Leur crédo « paraître » et dans cette voie, quelques ténors dont la Rouseau, l’éclatante rousseau.
Il semblerait qu’elle rate quelques trains de temps à autre. Nous faire tout un tapage autour du bovin mais négliger la vie de ces millions d’insectes ? Comme quoi la taille a son importance chez ces écolos. J’ironise. Ne me prenez pas au premier degré. Je pourrais insister en rappelant que les végétaux ont une vie. Qu’ils se parlent , échangent. A rapprocher de ces végans qui les décapitent à la faucille pour éviter la mort de l’animal. La taille, toujours la taille. Tout cela pour dire que nos écolos sont à coté de la plaque. Laissons la nature nous guider. Ses soubresauts nous alertent. A nous de nous adapter comme l’humain l’a toujours fait depuis des millénaires. Pas besoin des écolos.
Prenons l’eau, prenons le chauffage. Croyez-vous que nos distingués écolos pousseraient la réflexion vers la construction d’usines à dessaler l’eau de mer ? Non, ils attendront que l’on soit en pénurie totale. Croyez-vous que nos écolos pousseraient les industriels à développer l’énergie d’avenir qu’est la géothermie ? Non . Nos écolos restent bras croisés. Trop puissant pour leur petite réflexion déconstructive.
comme quoi,l’ENA n’est pas l’ecole ou on apprend a évaluer la faisabilité d’un projet d’entreprise et notre administration n’est pas competente en la matière
Evidemment ! Ils ne pouvaient que faire faillite. Comment pouvaient ils espérer le succès d’une nourriture non certifiée halal ?
Marine Tondelier est fière qu’en Alsace chaque future mère de famille perçoit un panier bio. J’espère que dans ce panier il y a bien un sachet de farine d’insecte; cela aurait permis à la société Ynsect d’écouler ses stocks et aux « nuisibles » de goûter cette farine qu’ils voulaient promouvoir pour les »autres ».
Il fut un période récente où « l’avenir » était dans la voiture utilisant l’eau comme carburant et à la même période on investissait dans les avions renifleurs pour trouver du pétrole . Nous sommes vraiment bêtes à manger de la paille et cette dernière va devenir une denrée de luxe si la sécheresse continue
Si on regarde bien, on se rend compte de tout le mal qu’ont fait les » ecolos » à la France .
Il ne faut plus donner le moindre centime à l’écologie .
Manager une boîte avec de l’idéologie, ça ne marche pas. Et ce qui est valable pour les insectes est valable pour Disney et autre créateurs de séries woke. Pour faire marcher une entreprise, il faut des clients.
Ce crash est révélateur du crash de la macronie et de celui, en préparation, de l’union européenne tout entière…
« Une fois encore, l’écologie politique a montré que son inutilité manifeste n’avait d’égal que son coût ». Et encore, ce n’est qu’un seul exemple significatif. Mais où sont les autres, qui continuent de percevoir des matelas d’argent public et d’entretenir à tout prix des hordes de copains inutiles ?
Pendant ce temps on laisse disparaître nos agriculteurs, ceux qui nous apportent encore l’essentiel de notre nourriture et qui garantissaient feu notre indépendance alimentaire. Les insectes sont à Macron ce qu’étaient les avions renifleurs à Giscard, des lubies coûteuses et sans lendemain.
La gabegie d.argent public devrait se compter désormais en Canadair: 148 millions d’aides publiques à cette entreprise insensée = 3 canadair
Bien compté