Editoriaux - Médias - Politique - Radio - 29 mai 2019

Yannick Jadot : la victoire de Monsieur Écolo et Madame RTL

Dimanche soir, face aux caméras, Yannick Jadot est ému comme s’il venait de remporter la Coupe du monde. 13,47 %. Le score est inattendu. Après le pilonnage médiatique sur ce satané climat complètement déréglé, les catastrophes qui nous attendent, drelin drelin la fin du monde est proche, le leader écolo est néanmoins surpris par l’importance de son résultat. La campagne alarmiste menée jusqu’au sommet de l’État a donné des résultats au-delà de ses espérances.

Pour conclure sa déclaration, le héros de la soirée révèle les véritables clés de sa victoire, la recette imparable qui le voit élevé au rang de sauveur de l’humanité : « À chaque étape de cette campagne, dans tous les choix difficiles […] rien n’aurait été possible sans ma compagne. » Séquence « Plus belle la vie ». Ambiance soirée des César. Rien n’aurait été possible. Les militants sont bien gentils, mais rien ne vaut une compagne qui vous attend le soir avec un grand bol d’infusion au gingembre cueilli le jour même sur les bords de « Paris Plages ».

Accompagné de sa bienfaitrice, Yannick Jadot sort ensuite dans la rue poser pour Paris Match, à qui il a réservé l’exclusivité. Un service d’ordre improvisé éloigne les photographes indésirables. Du balai ! Les rebelles de la Terre entrent au Panthéon people, ils vont peut-être danser une valse de Vienne, faire des claquettes, chanter « Singing in the Rain »… Le climat se dérègle, on vous l’avait bien dit.

L’identité de la mystérieuse coach pour campagne électorale est révélée. Il s’agit d’Isabelle Saporta, que les auditeurs de RTL retrouvent chaque matin aux côtés d’Yves Calvi dans une chronique dont le thème récurrent est l’écologie. Un vrai binôme !

Si l’écoute des interventions de la chroniqueuse écarte tout soupçon d’appui subliminal de la campagne de son aimé, en revanche, le ton employé produit un effet aussi naturel qu’une plante verte en plastique disposée dans le hall d’une succursale de Monsanto. « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » : Victor Hugo n’aurait pas voté écolo.

À son arrivée au QG de campagne, la Mata Hari des Verts est interrogée par un journaliste de « C à vous » : « C’est pas une surprise pour moi, j’ai toujours pensé qu’ON ferait ce score. J’ai toujours pensée qu’ON ferait 12 % minimum. » La connivence politico-médiatique bat son plein. Continue d’apparaître au grand jour. Pour éviter toute polémique, Yves Calvi pourrait se voir contraint de partir en week-end avec Marine Le Pen. Soirée romantique, clair de lune et photographes de Gala en embuscade. Parties de pétanque avec Dupont-Aignan. Jean-Jacques Bourdin à Venise sur une gondole avec Philippot ! L’éthique est à ce prix. Le tout sous l’œil implacable du CSA. Recommandations à l’appui. Pas assez de députées RN dans le lit de Gilles Bouleau. Trop de Debout la France sur les genoux d’Anne-Claire Coudray. Sur un site de rencontres, Laurent Delahousse tenterait sa chance : « Jeune homme blond, tête de prince charmant, cherche femme politique centriste pour pique-nique aux chandelles devant le siège de Paris Match. » La conscience professionnelle avant tout ! Le souci du détail. En raccompagnant Marine Le Pen à son domicile, Yves Calvi lui promettra de n’en rien dire à Isabelle Saporta. Ça pourrait jaser dans les couloirs.

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