Editoriaux - Politique - 29 mai 2019

Union des droites aux prochaines municipales ? La grande trouille des macronistes et des Républicains…

« La droite n’a pas d’idées, que des intérêts », affirmait François Mitterrand qui, en matière de droite et de ses marges, était plus que spécialiste. Il rigolerait bien, aujourd’hui, devant le spectacle donné par cette droite qui, toujours en panne d’idées, a désormais perdu la main quand s’agissant de défendre, plus que ses intérêts, sa propre survie.

Ainsi, les champions d’Agir, machin destiné à promouvoir une « droite constructive », fondé, entre autres visionnaires, par Franck Riester et Frédéric Lefebvre, affirment-ils, dans un courrier daté du 26 mai : « Aujourd’hui, il est de notre responsabilité de ne pas laisser la droite se recroqueviller sur sa frange la plus conservatrice et identitaire et ainsi faire le jeu du Rassemblement national. »

Là où il est, le défunt Mitterrand doit effectivement s’en claquer la panse. Même post-mortem, son piège à zozos fonctionne encore. D’un côté, favoriser l’émergence de la droite de la droite tout en interdisant toute forme d’alliance avec la droite tout court. Avec le courage historique qu’on lui connaît, la droite dite de « gouvernement » a toujours obéi à ce diktat pour les raisons qu’on sait : valeurs républicaines, pacte du même nom et autres calembredaines auxquelles la gauche ne croyait déjà pas à l’époque, auxquelles les enfants ne croient plus aujourd’hui, mais auxquelles les zozos en question persistent à croire.

À l’époque, le RPR pouvait encore se permettre de faire la fine bouche : le FN d’alors n’était que possible force d’appoint. Désormais, le rapport de force a changé. Tel que récemment rappelé par Éric Zemmour sur les ondes de RTL, Charles Pasqua l’avait dit à Jacques Chirac : « On s’allie maintenant en position de force, ou ce sera demain en position de faiblesse. » » La prophétie s’est accomplie.

D’où ce salmigondis pondu par Agir, qui se voudrait nouvel appel du 18 juin, mais dont les éléments de langage relèvent plus de l’Eurovision façon Bilal Hassani que d’autre chose : « Ensemble, relevons dans un esprit constructif les défis auxquels font face nos territoires, valorisons leurs opportunités et offrons des perspectives de gouvernance crédibles et stables pour nos exécutifs locaux et les majorités sur lesquels ils pourront s’appuyer. » Ce, au nom, il va sans dire, d’une « droite pro-européenne, libérale, humaniste et écologiste ». Que d’audace dans la transgression ! Pas de doute, la droite de conviction est de retour.

Plus sérieusement, ce qui inquiète à la fois la Macronie et ses dépendances républicaines, ce sont effectivement les prochaines élections municipales. En effet, une alliance entre droite et droite de la droite, logique dans les urnes, devra affronter une sévère tempête médiatique. Personne, en ce réduit assiégé, et surtout pas un François-Xavier Bellamy assurant se sentir « plus proche d’Emmanuel Macron que de Marine Le Pen » », n’y est prêt. Et dire que c’était le mouton le plus transgressif du troupeau…

Mais dans les bourgs et les villages, la chiourme humaniste est déjà plus à la peine. La preuve par un Jacques Bompard à Orange ou un Robert Ménard à Béziers.

Car dans cette France d’en bas, cette France d’ailleurs, les alliances peuvent s’y conclure loin du brouhaha des mégapoles. Tout le monde s’y connaît peu ou prou, enfants du cru, de gauche comme de droite. Le maire y est simplement le dernier ayant encore le peu de pouvoir permettant d’embellir la vie de ses concitoyens. Le dernier garant du vivre ensemble, pour reprendre la phraséologie qu’on sait ? Oui.

L’émergence du Front national a démarré à Dreux, en 1983, avec Jean-Pierre Stirbois, lepéniste ayant conclu une assez belle alliance à revers avec le chiraquien Jean Hieaux. Ce qui a commencé là peut s’accomplir ailleurs, fût-ce à quelques décennies de distance. L’Histoire sait prendre le temps qu’il faut.

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