Le feu-follet trumpien semble avoir compris que faire alliance avec le lobby de la guerre contre celui des frontières ouvertes était une illusion : ce ne sont que les deux faces d’une même pièce, celle du gouvernement mondial, interchangeables ad libitum en vue d’ahurir la population en de faux débats entre « gauche » et « droite ».

Trump contre-attaque donc, diffusant une longue lettre, officiellement destinée aux leaders démocrates de la Chambre des représentants, mais en fait ciblant l’establishment du ainsi que les électeurs indépendants, dont une frange commençait à le lâcher, impressionnée par les critiques constantes à son encontre des dinosaures républicains, furieux de son refus de bombarder l’Iran, et du renvoi par ses soins de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, le père de la dernière guerre en Irak.

Après l’éclatement de la bulle russe, qui a paralysé le gouvernement pendant deux ans et demi, voici donc que les collaborateurs de la Maison-Blanche plantés par le « Deep State », certains éléments de la CIA, les bureaucrates, les néoconservateurs bipartisans, tous paniqués par le spectre d’une réélection de Trump en 2020, ont passé un mois d’août studieux à bâtir une nouvelle trahison trumpienne. Car Trump, confirmant ses doutes sur le bien-fondé des aides militaires à l’ et son exigence d’en partager le coût avec les Européens, avait temporairement gelé le transfert des fonds récemment votés par le Congrès. Impardonnable.

Or, au cours d’une discussion avec le nouveau président – anticorruption – ukrainien Zelensky, Trump a instamment rappelé à ce dernier son désir de faire la lumière sur les ingérences du gouvernement précédent (celui de Porochenko) dans le coup monté contre sa propre élection, en 2016, pour le compte du gouvernement Obama et de sa candidate, Hillary Clinton. Ce qui donne des chances de succès à l’actuelle enquête lancée par le ministre de la sur le « Spygate », autrement dit le détournement de l’appareil d’État par la CIA, le FBI, afin de sortir Trump du jeu. Comment ose-t-il ?

Un discours, subversif, émerge en août : Trump a détourné l’appareil d’État pour le compte de sa campagne électorale (en mentionnant Biden dans la conversation). Quoi de mieux, alors, que de détourner la loi sur les lanceurs d’alerte de son but (la dénonciation des exactions des services de renseignement) en faisant comme si Trump était membre de la hiérarchie de ces services, puis en utilisant les services d’un prête-nom absent lors de la téléconférence avec l’Ukraine… dont on découvre qu’il est un analyste de la CIA, impliqué dans les activités d’un candidat démocrate actuellement en lice pour la présidentielle, et qu’il a été coaché en secret par l’équipe parlementaire d’Adam Schiff, président du House Intelligence Committee. Vive la neutralité !

Notre précédente chronique a vu trois raisons à ces manœuvres. Dans sa lettre à la Chambre, cinglante et très documentée, Trump dit tout simplement qu’il ne se pliera pas, lui et ses agents, à un processus non constitutionnel, secret, qui ne respecte pas les droits du parti minoritaire, ni de l’accusé, bref, à une tentative illégale d’éviction fictivement habillée du terme d’« enquête-impeachment ». Car il n’y a pas eu de vote de la Chambre avant de lancer les enquêtes. Trump défie ses tombeurs… au moment où le ministre de la resserre l’étau sur les anciens de la CIA et du FBI. Qui tombera le premier ?

9 octobre 2019

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