[VIVE LA FRANCE] Les ingénieurs français en pincent pour les cargos à voile
À Noirétable, un bourg de la Loire, dans la petite épicerie Super Miam, la clientèle apprécie la gamme de café et de chocolat « Grain de Sail », une marque qui fleure bon les embruns. Une découverte inattendue au cœur du Forez si éloignée de la mer et qui illustre le succès de la renaissance du fret à la voile. Certes, ce type de transport maritime est encore balbutiant, mais la société bretonne Grain de Sail qui propose ces produits travaille actuellement au design de son troisième cargo à voile. « Cette future étape nous permettra de changer d’échelle », explique Stéfan Gallard, le directeur général adjoint de l’entreprise de Morlaix.
À l’origine, il y a dix ans, François Lison et les deux frères Jacques et Olivier Barreau, ingénieurs passionnés par l’exploitation du vent, ont travaillé sur le concept d’un voilier-cargo pour transiter entre Saint-Malo et New York des articles non périssables. Pour financer leur projet, ils créent leur marque de chocolat et de café fabriqués à base de fèves de cacao et de café rapportés dans les cales de leur voilier. À l’époque, Grain de Sail I, mis à l’eau en 2020, mesure 22 mètres et transporte 50 tonnes de fret sur palettes. Quatre ans plus tard, GS II, long de 52 mètres, est mis à l’eau. Il accueille 350 tonnes propulsées par ses 1.500 m2 de toile. Avec cinq allers-retours en 18 à 20 jours vers New York, par an, et trois vers Pointe-à-Pitre, l’entreprise génère 16 millions de chiffre d'affaires. « Nous avançons lentement, sans nous mettre en risque », souligne notre interlocuteur, qui insiste sur « la nécessité de se projeter sur le long terme ». Avec, en ligne de mire, le coût carbone du transport maritime qui devra être réduit de 50 % en 2050.
Forte de cette approche prudente, la compagnie, qui compte aujourd’hui une centaine de salariés, annoncera, en juin, le lancement de sa troisième unité. « Elle dépassera les 110 m de long et accueillera des containers de 20 pieds et non plus des palettes », précise Stéfan Gallard. Cela permettra de rivaliser avec les cargos classiques en termes de coût à la tonne et aussi de délai.
À ce sujet — [VIVE LA FRANCE] 400 ans qu’elle sillonne les mers : soyons fiers de notre Marine nationale !

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Une marine marchande performante
La guerre au Moyen-Orient apporte de l’eau au moulin de ces entrepreneurs écolo et conforte à point nommé cette filière de fret vélique qui se développe. Dans ce domaine, les Français tirent leur épingle du jeu avec de belles initiatives et innovations. Après tout, n'avons-nous pas le deuxième espace maritime dans le monde, une marine marchande performante qui sait évoluer et un vivier de marins entreprenants et imaginatifs abondant, dont beaucoup sont passés par la course au large, école de rigueur, d’inventivité, de détermination, qui les pousse à mettre au service de cette nouvelle industrie leurs compétences et leur audace ?
Ainsi François Gabart qui, après avoir brillé sur les plans d’eau de la course au large (vainqueur du Vendée Globe 2016), s’est lancé, à 43 ans, avec quatre associés dans le transport maritime de demain. Leur société Vela, qui a levé 40 millions d'euros l’an dernier, a commandé la construction d’un trimaran géant en aluminium (67 mètres) à un chantier aux Philippines. « La taille nous a contraints d’exporter la construction de la coque, mais voiles, mâts et autres équipements sont français », précise Pierre-Arnaud Vallon, un des associés. Livraison attendue pour 2027. « Le choix d’un trimaran répond aux besoins de rapidité, tant pour l’exécution des livraisons que pour gérer les aléas climatiques », poursuit le dirigeant.
De son côté, Michelin s’est aussi lancé dans la course à la décarbonation du fret maritime avec son aile gonflable inspirée à la fois des ailes de kite et d’avion, valorisée par son savoir-faire dans les pneus. Sa voile-aile Wisamo - contraction de « wind sail mobility » (regrettons que Michelin n’ait pas trouvé un acronyme français) -, montée sur un mât télescopique, est plutôt adaptée aux petits bâtiments de 15 à 20 mètres et intervient comme une assistance à la propulsion. Sa première commande a été effectuée par les affaires maritimes pour un patrouilleur en construction au chantier SOCARENAM [Société calaisienne de réparation navale et mécanique, NDLR] et devrait contribuer à une décarbonation de 20 %.
Les produits qui traversent l’Atlantique sous l’effet du vent dans des cales thermorégulées sont issus de l’industrie du luxe, de la pharmacie, des cosmétiques ou de grands crus. C’est aussi le roulier Canopée à assistance vélique qui a transporté Ariane 6 en Guyane… La France est un des leaders mondiaux sur ce marché, certes de niche, mais très actif, que le législateur devrait prochainement encadrer via une loi, réclamée par les opérateurs 100 % voile. TOWT [TransOceanic Wind Transport, NDLR] du Havre en était très demandeur. Mais il vient de faire faillite. Il n’honorera pas une commande de quatre bateaux au chantier breton Piriou, sauf s’il trouve un repreneur. Victime de la conjoncture internationale, il se pourrait, en outre, qu’il n’ait pas suivi les préceptes de prudence prônés par son concurrent « Grain de Sail »...
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24 commentaires
Les chinois livrent des centaines de milliers de containers et de voitures sur leurs navires … nous parions sur le transport à voiles … « il y à vraiment quelque chose de pourri au royaume … »
de pourri , ……. dans Quel Royaume ? ? ? ? ? ? ? ! ! ! ! ! !
Concept à développer. Avec le brassage d’air que produisent nos dirigeants, nous ne risquons pas d’être en pénurie de matières premières.
Où sont passés les commentateurs qui expliquent qu’on a besoin de carbone, que la décarbonation est une hérésie ? Ils ont mis les voiles ?
Voila une excellente initiative dont on ne parle pas beaucoup ailleurs ! ! ! dommage. Car, si l’on fait le calcul, avec ces bateaux en navettes entre les deux ports, on aurait une quantité impressionnante de produits transportés avec 0 carbone. Alors qu’attendent nos gouvernants pour favoriser ces projets d’avenir ? que d’autres pays s’y lancent ! ! ! comme pour les éoliennes ! ! ! De Gaule aurait vite compris l’intérêt de ces bateaux ! ! !
comparer cette entreprise originale ++++ , ou , seulement la rapprocher , du concept « éolien » , n’est pas , du tout , flatteur à son égard ! ! !
Macron, lui ne veut pas mettre les voiles
L’Histoire se répète… L’époque des trois mâts ressurgit. Le temps de transit, si le chiffre de 18 jours est bien celui de l’Aller/retour est bien plus faible que celui des cargos classiques qui, eux, desservent plusieurs ports avant d’arriver à la destination finale. Toutefois, n’utiliser ces bâteaux que seulement 100 jours par an et avec un tonnag jourse faible doit faire augmenter les coût de transit de manière considérable. Enfin, les trois mâts du 19eme siècle, qui navigaient à plus de 15 noeuds, avaient les mêmes performances que ces bâteaux modernes et mettaient moins de 10 j pour atteindre New York. Mais il est vrai qu’ils avaient plus de voiles, mais transportaient aussi plus de tonnage.
Je voudrai bien savoir comment fonction leurs navires avec le vent comme il y 200 ans si c’est le cas bravo le progrès; il est vrai que les écolos du dimanche si on l’ai écouté on reviendrai non pas à l’âge de pierre mes pas loin
Avec tout ce qu’il y a de « voile et vapeur » dans les ministères, pas étonnant que ce moyen de navigation soit mit en exergue !!
vous me l’enlevez de la plume
Ce ne sont pas « LES » ingénieurs qui en pincent pour les cargos à voile mais « certains » ingénieurs voileux et abrutis par la propagande verte…
On va pas tarder à taxer la voile.
C’est surtout le vent qu’il faut taxer, l’Elysée et les ministères rapporteraient un pognon de dingue à la France !!
Avant toute chose: je suis profondément écologiste et j’ aime la Nature. Toutefois, il m’ apparait utile de nuancer certains engouements. Il ne suffit pas d’ opposer motorisation thermique à motricité éolienne pour faire de nous , de vertueux écolos. Le conflit actuel prouve aussi que les matériaux n’ échappent pas à l’ inflation. ( aluminium) Celui-ci est énormément énergivore en terme d’ extraction ( rares sites en France), de production et de coût. Certes, une coque ainsi conçue sera bien plus légère et donc favorable à la navigation mais pour quel prix? Résistante aussi à la corrosion ou aux ‘champignons » ( cf la coque en bois de l’Hermione). Enfin, pour ce qui est des voiles, quel matériau est utilisé? Synthétique d’ origine pétrochimique ? Exit chanvre des cordages, jute et coton ou lin des anciennes voiles? Cargaison thermorégulée, sans aucun complément de moteur frigo ? Uniquement sur batterie ? L’ écologie journalistique me questionne toujours….Une voiture ne se résume pas qu’ à son trou de….Pot d’ échappement ! Les voitures électriques ont besoin de plastique, caoutchouc etc. (Pneu, tableau de bord, volant, buse de conduit de chauffage, ) Quant aux différentes courses à la voile, même synonyme de courage, liberté, évasion ( en filigrane de tout ceci = écologie tacite) La majeure partie des coques sont en fibres de carbone… Recyclable en quoi ? Le mot « recyclage » est en soi une hérésie écologique tant il est ( souvent ) lié à une utilisation d’ énergie pour re -transformer à « chaud ». Suis-je un vieil ours mal léché prompt à retourner au fond d’une caverne? Non, mais je pense qu’ il faut profondément repenser notre rapport aux matières premières. Au siècle dernier, coton, lin étaient majoritaires dans les armoires de nos Anciens…Se changeant pas 4 fois dans la semaine, sans pour autant être pouilleux…il est vrai que les ventes ( ou reventes) en ligne n’ existaient pas. Les T6shirt à 2 € non plus. Ne pas renoncer à notre confort, sans pour autant se vautrer dans une débauche de facilité de consommation effrénée peut aussi » être écolo » Je peux me tromper, bien sûr.
Le retour des cabestans pour haler le voilier au port? Evidemment non, ils ont quand même des moteurs, fonctionnant au méchant diesel, puisque les règlements des ports qui imposent de circuler au moteur…
Le système actuel qui consiste, dans les pays riches, à profiter des coûts de main d’oeuvre inférieurs des pays du tiers-monde pour disposer de produits que l’on paye très en dessous de leur coût réel, repose essentiellement sur le transport maritime avec des moteurs fonctionnant aux énergies fossiles. L’arrêt de ce type de transport remplacé par la marine à voile, infiniment moins efficace, mettra un terme à ce système économique. En toute logique cela devrait nous amener à recentrer chez nous la production industrielle (voir les conférences de Jancovici). Ou, n’en déplaise aux écolos, à développer des cargos fonctionnant à l’énergie nucléaire, ce qu’on sait déjà parfaitement faire pour des navires militaires.
Je suis heureux de constater notre créativité bretonne et française mais pour quelle rentabilité à long terme ? Bâteaux à voile avec cale thermorégulées, soit mais à quel prix pour le consommateur final ? Nous allons faire comme le bio des agriculteurs qui dans ma région, arrêtent leurs cultures si peu rentables (malgé de gros investissement et travaux) et dont la concurrence mondiale a eu la peau… Vous l’avez précisé : une niche. Tout est dit !
Bravo à ces courageux entrepreneurs et chercheurs mais la folie décroissante doit être partagée à l’internationale, ce qui est loin d’être le cas
Bravo les bretons, du bel ouvrage! Cocorico!
Le problème c est le temps et ce n est pas dans dix ans qu on aura des navires à voiles en grande majorité
Le temps c est de l argent et s edt ainsi
Bravo les bretons quand même