McCartney et les Stones : qu’est-ce qui fait encore courir les vieux ?

Les papis du rock font comme s’ils avaient toujours vingt ans, malgré les 84 printemps de Paul McCartney (à fêter en juin prochain).
@Raph_PH/Wikimedia commons
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La retraite à soixante ans ? Connais pas. Les fins de mois difficiles ? Encore moins. Et pourtant, les papis du rock font comme s’ils avaient toujours vingt ans, malgré les 84 printemps de Paul McCartney (à fêter en juin prochain), à mettre en regard des 83 balais de Mick Jagger (prévus en juillet). C’est dire que s’ils continuent, malgré les petites misères de la vieillerie, c’est avant tout pour leur plaisir et, surtout, celui de leurs fans. Voilà qui ne peut que forcer le respect.

Ainsi les Rolling Stones viennent-ils de mettre en ligne un nouveau titre, Rough and Twisted, en prélude d’un nouvel album, Foreign Tongues, dont on dit qu’il sortirait en début d’été.

Qu’en dire ? À nos amis lecteurs de juger. Mais l’essentiel y est, Mick Jagger et Keith Richards, les deux derniers membres historiques, font le boulot. Quant à Ron Wood, le petit dernier (le gamin n’ayant que 79 ans), il contribue à vaguement tenir la boutique. Le titre n’a rien d’exceptionnel. Ça aurait pu être la face B d’un 45-tours du siècle dernier. Ça brinquebale, ça part en peu en sucette de tous côtés. Bref, ce sont les Stones. Aucune chance qu’ils soient, un jour, remplacés par l’IA, trop lisse, trop parfaite et, surtout, sans âme.

Quand Zemmour et Le Pen parlent des Rolling Stones…

Comme toujours, une tournée devrait bientôt suivre. La dernière ? Oui, comme toujours, une fois de plus, mais que leurs aficionados ne manqueraient pour rien au monde. Même Éric Zemmour est un amoureux transi du groupe ; c’est dire. Mieux : Jean-Marie Le Pen confia, jadis, à l’auteur de ces lignes qu’il tenait cette formation en haute estime : « À leurs âges, il faut voir le boulot qu’ils abattent sur scène. Ça force le respect. Ces gars-là ont du métier. » Une parole du Menhir à prendre au sérieux, lui qui fut un autre singulier batteur d’estrades, parlant sans notes tout en déambulant sur les planches, se contentant d’un micro épinglé à la cravate. Il ne lui en fallait pas plus pour galvaniser les foules. Mick Jagger n’aurait pas fait mieux.

Et les Beatles, dans tout ça…

Et puis, les traditionnels rivaux, les Beatles, dont seuls Paul McCartney et Ringo Starr maintiennent aujourd’hui, presque intact, le flambeau. Enfin, plus Paulo que Ringo, ce dernier se contentant de livrer régulièrement des albums de country (la musique de son enfance), dans une indifférence quasi générale, mais toujours salués avec sympathie par la presse spécialisée. Logique, tout le monde peut s’identifier à monsieur Starr, plus laid que beau, sans grand talent, quoique batteur largement sous-estimé. Car lui nous rappelle que même le moins capé d’entre nous peut devenir une star à sa façon. C’est l’Olympe du rock à visage humain, la gloire à la portée du premier clampin.

Paul McCartney, c’est évidemment un autre calibre, s’agissant de Zeus en personne, histoire de continuer à filer la métaphore du polythéisme grec.

Et le revoilà avec, lui aussi, un nouvel album à venir dont il a, tout comme ses meilleurs frères ennemis, livré un premier titre, Days We Left Behind, appartement témoin de son prochain album, The Boys of Dungeon Lane.

Que ceux qui s’attendent à un nouveau Yesterday ne se fassent pas trop d’illusions. Le temps des tubes immortels est passé ; mais il faut bien continuer, quitte à se retourner en direction du passé, sachant que nos deux Fab Two ont atteint l’âge où, pour conjurer la mort qui vient, on préfère évoquer une jeunesse s’éloignant chaque jour davantage. D’où cette nostalgie de leurs années liverpuldiennes, quand ils furent propulsés au sommet du monde. On peut certes estimer, avec le recul, que cette gloire était factice ; mais la Beatlemania, ce n’était pas rien. En seulement huit ans, ces quatre gaillards ont révolutionné le monde musical et leur empreinte hante encore la succession. Paul McCartney disait souvent : « Quand on compose, c’est dur de passer après Bach. » Fort bien. Mais passer derrière lui, ce n’est pas du cake aux oignons, non plus : des générations de rockers s’y sont cassé les dents depuis plus d’un demi-siècle.

Et en attendant, qui emplit encore les stades du monde entier ? Ce brave Paulo, qui ne devrait pas tarder à repartir en tournée et se tirer la bourre avec ses vieux complices de jadis - les pierres roulantes plus haut évoquées. Pas de retraite pour les braves, comme aurait pu dire ce cher Jean-Marie Le Pen.

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Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

24 commentaires

  1. Certe il y a la mélodie , mais la voix n’est plus Paul il y à toujours le moment où l’âge vous rattrape

  2. Les vieux courent en fauteuil roulant et même si c’est pas aussi rapide la qualité, les vrais musiques ça tient la route….

  3. pour les Stones, l’extrait est trop court; pour Macca, si c’est bien lui qui parle au début de la chanson, c’est un peu chevrotant et la voix chantée n’est pas convaincante (et pourtant Dieu sait si je l’aime) ; la bonne surprise , c’est la chanson de Ringo, ça s’écoute bien , le clip est bourré de clins d’oeil dès le début avec le poulpe d’octopus garden et le yellow submarine, il n’oublie pas les Beatles, bien..

    • Pour Ringo, c’est effectivement la réflexion que je suis faite, ça s’écoute bien et le clip est très joliment fait.

  4. Quelle « énergie » il faut à cet âge pour continuer, bravo messieurs-dames ! les résultats sont parfois un peu pathétiques mais bon si les fan y trouvent leur compte… Ces artistes ont fait la musique d’une époque, jamais égalée depuis. Merci.

  5. Mettre en parallèle , Jean Marie Lepen et les Rolling Stones , il fallait le faire ! Et vous l’avez fait , Chapeau monsieur Gauthier !
    En tout cas vos anecdotes me surprendront et m’intéresseront toujours, tellement elles vont à l’envers des schémas entendus et j’aime cela !

  6. Qu’est-ce qui fait courir les vieux? Le vide abyssale produit par les jeunes générations. Et comme la nature a horreur du vide, elle cherche à se remplir d’une autre façon. Les producteurs font appel aux anciens dont les produits sont bien plus riches.

    Il en est ainsi dans tous les domaines des arts. On va dénicher les films du passé, à revoir et revoir tant ils étaient de qualité. Scénario, mise en scène, formation et jeu des acteurs, prises de son, mixages , la plupart des films récents sont en -dessous de tout en matière de qualité. Dans la chanson, mêmes difficultés. Des « airs » sans saveur, des voix sans voix, etc. Chez nos contemporains, où sont les Brel, Piaf, Brassens, Sardou, Lavilliers, Aznavour, etc ?

    • Tu oublies Darmanet, Taylor Swift et jul… et les autres. Ces grandes voix qui resteront à jamais dans … l’oubli !

  7. Je vous tiens, cher Nicolas Gauthier en haute estime. Vos articles musicaux sont toujours sympathiques mais ils sont toujours entachés d’une énormité … Ici Ringo, « batteur sans grand talent ». Car Ringo, qui mériterait à lui seul un de vos articles, est un artiste complet: il chante (pas si mal), il compose (quelques succès du groupe sont de son fait) et surtout il était le métronome du groupe. Les fills de Ringo sont légendaires, des dizaines de vidéos sur YT sont consacrées à ce sujet pour ceux qui sont passés à coté de son talent. On a souvent tendance, avec les batteurs, à associer exubérance et génie. Ringo Starr est simplement ,avec discrétion, un batteur exceptionnel.

  8. Qu’est-ce qui fait encore courir les vieux ?

    L’ARGENT comme tout le monde, mais eux ça se voit beaucoup trop.
    Mais ils sont tous comme ça, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre !

    • Pensez-vous qu’ils aient encore besoin de gagner de l’argent avec tout ce qu’ils ont pu engranger depuis le début de leur carrière ? Je penserais plutôt, mais je suis sûrement naïve, que c’est l’addition du métier…

      • C’est un peu comme Trump en politique , ils font cela pour le plaisir et pour la cause ; Celui des usa pour Trump et du rock et du blues pour les Rolling Stones ! Pas pour l’argent Ils n’ont plus rien à prouver et je ne pense pas qu’ils aient même commencé leur carrière pour gagner plein de fric .
        Le succès les a rattrapé et ne les a plus lâché. Le succès appellant le succès.
        C’est cela aussi qui est beau dans cette période des années 60 70
        Aujourd’hui, ce serait plutôt le contraire , il faut bien le reconnaitre, sans faire dans le passéisme. Beaucoup d’artistes cherchent la recette ou le concept qui leur fera gagner de l’argent rapidement.
        Rendez vous compte que des jeunes gens férus de blues en 1962 sont devenus des stars planétaires encore aujourd’hui ! C’est cela qui est incroyable ,plutôt que le miracle de leur longévité et de la forme physique , du miraculé Keith Richard ,de Mick Jagger , ou Paul mc Cartney auxquels s’attachent trop les magazines  » people » !

  9. McCartney et les Stones : qu’est-ce qui fait encore courir les vieux ?
    #
    Cette idée : le pognon, what else?

    • Un peu d’accord avec Marie Martine le fric ils en ont tellement que même avec un double fond dans leur cercueil et des coupures de 500€ il y en aurait beaucoup plus dehors que dedans, non c’est pas le fric simplement leur ego , star un jour star toujours !!

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